Les citoyens chinois poursuivent les responsables de Wuhan pour avoir dissimulé le virus, qualifiant le maire de « meurtrier »

Par Eva Fu
26 octobre 2020
Mis à jour: 26 octobre 2020

Deux citoyens chinois veulent demander des comptes aux responsables de l’épicentre initial du virus du pays sur la façon dont ils ont géré l’épidémie du virus du PCC.

Le 22 octobre, Yao Qing, une citoyenne de la ville de Wuhan, durement touchée, a intenté des poursuites contre la municipalité, en affirmant que certaines des règles relatives aux virus avaient porté atteinte à ses droits.

Le 23 janvier, la ville est entrée dans une phase de confinement total sans préavis et a bloqué tous les moyens de transport à l’entrée et à la sortie de Wuhan, provoquant la panique des habitants qui se sont empressés de faire des stocks. Le 10 février, les autorités ont émis de nouvelles restrictions visant à effectivement enfermer les résidents dans leurs domiciles.

Ces mesures ont violé la liberté individuelle de ces citoyens et n’auraient jamais dû être prises, a déclaré Mme Yao dans une interview le 22 octobre.

Yao Qing est devenue militante l’année dernière lorsque le projet de construction d’une voie ferrée géré par les autorités locales a provoqué des fissures et des déformations dans sa maison. Elle a ensuite perdu son emploi (dont le salaire annuel s’élevait à 200 000 yuans, soit environ 25 272 €) après s’être blessée à la main lors d’une bagarre avec les responsables du comité du quartier sur cette question. Pendant les mois de confinement, Mme Yao a eu du mal à obtenir les soins médicaux nécessaires pour soigner ses blessures.

Les policiers, qui étaient chargés d’acheter et d’apporter des provisions aux résidents, n’ont fourni ces services que deux fois sur une période de deux mois. Ils ont également refusé de lui fournir les médicaments qu’elle demandait, l’accusant de « faire un grand tapage pour rien », a-t-elle déclaré au journal Epoch Times.

Au mois de juin, Mme Yao a tenu une banderole rouge devant la municipalité pour réclamer une compensation pour sa maison. Un policier en civil vêtu de noir lui a donné des coups de pied au ventre et lui a giflé le visage jusqu’à ce qu’elle perde connaissance ; un autre a menacé de l’arrêter, a-t-elle raconté.

Zhang Hai, originaire de Shenzhen, fils d’une victime du Covid-19 décédée à Wuhan, a également déposé une requête. Il a envoyé une requête le 19 octobre à la municipalité et à la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale, pour que les autorités rendent publiques les coordonnées des fonctionnaires qui ont été chargés de dissimuler les informations sur les cas de virus.

Cette requête est sa cinquième tentative visant à amener les responsables chinois à répondre de leurs actes au sujet de l’épidémie depuis le mois de juin. Les documents précédents n’ont suscité que peu de réactions, si ce n’est des représailles de la part des services de police chinois, a-t-il déclaré.

Le père de Zhang Hai, un vétéran qui avait travaillé sur le premier projet nucléaire tenu secret par la Chine, a été victime d’une fracture et a été admis à l’hôpital général du Commandement central du théâtre de Wuhan pour y être opéré le 17 janvier. Bien que l’opération ait été un succès et qu’il ait semblé se rétablir, il a eu de la fièvre et a été diagnostiqué comme porteur du virus le 30 janvier, alors qu’il était dans le coma. Il est mort deux jours plus tard. Pour M. Zhang, la réaction tardive des autorités au sujet du virus et le manque de transparence sur les risques d’infection ont directement contribué à la mort de son père.

Le 10 juin 2020, Zhang Hai a intenté son premier procès pour obtenir une indemnisation auprès des autorités chinoises de Wuhan et du Hubei pour avoir dissimulé le virus. Certaines données personnelles ont été supprimées afin de protéger sa vie privée. (Document fourni au journal Epoch Times)

« Je ne peux pas laisser [mon père] mourir en vain comme ça », a-t-il déclaré au journal Epoch Times au mois de juin, promettant qu’il ne sera pas réduit au silence tant qu’il n’aura pas obtenu « une explication » du gouvernement, c’est-à-dire « des excuses et une compensation ». Il a intenté un deuxième procès au mois d’août, une fois sa première action en justice rejetée par un tribunal de première instance de Wuhan.

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La police a rendu visite à M. Zhang et l’a convoqué au poste de police à la mi-octobre lorsqu’il a écrit une lettre pour demander de l’aide au leader chinois Xi Jinping et a essayé de la lui remettre lors d’une conférence organisée à Shenzhen à laquelle M. Xi assistait.

Il a traité le maire de Wuhan, Zhou Xianwang, de « meurtrier » pour avoir dissimulé des informations cruciales sur le virus et l’a désigné comme le principal inculpé dans son action en justice.

Zhou Xianwang, dans une interview accordée aux médias d’État quelques jours après la mise en quarantaine de la ville, a admis que les autorités municipales n’avaient pas divulgué les informations sur l’épidémie en temps utile, mais a rejeté la faute sur les hauts fonctionnaires et les obligations réglementaires.

« En tant que représentant des autorités locales, je ne peux révéler les informations qu’après en avoir reçu l’autorisation », a-t-il déclaré en plus de proposer de se retirer pour apaiser le public.

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« Recevoir une autorisation, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu’il était au courant [de l’épidémie] », a expliqué Zhang Hai dans une interview accordée à Sound of Hope, une agence de presse de langue chinoise basée aux États-Unis.

Zhang Hai a noté que les fonctionnaires avaient « du sang-froid ».

« Mais ces citoyens innocents méritaient-ils de mourir ? Les vies de ces citoyens sont aussi des vies et ils ont aussi leur dignité. »

Zhang Hai a déclaré que la police lui avait interdit d’accepter des interviews de médias étrangers.

Yang Zhanqing, un défenseur des droits de l’homme installé à New York et membre du Groupe de consultation juridique sur l’indemnisation Covid-19, qui conseille les victimes du Covid-19 cherchant à être indemnisées par les autorités chinoises, a déclaré qu’il s’attendait à ce que sa famille résidant en Chine soit victime du harcèlement de la police en raison de l’assistance juridique qu’il a fournie à M. Zhang.

Zhang Hai a raconté à M. Yang les derniers moments qu’il a passés avec son père, une expérience dont il « se souviendra toute sa vie ».

Sur le lit d’hôpital, la bouche du père de M. Zhang était grande ouverte sous un masque à oxygène alors qu’il cherchait à respirer. M. Zhang a essayé sans succès de fermer la mâchoire de son père, lorsque celui-ci a prononcé ses derniers mots : « Fils, Papa ne veut pas mourir, s’il te plaît, supplie le médecin de me sauver. »

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