Les dangers de dénigrer tout le corps de police selon Bob Woodson, ancien militant des droits civils

Par IRENE LUO et JAN JEKIELEK
15 juin 2020
Mis à jour: 15 juin 2020

Ce ne sont pas les personnes qui condamnent l’application des lois aux États-Unis et qui plaident pour la réduction du financement de la police qui devront faire face aux conséquences funestes de leurs propositions, affirme l’ancien militant des droits civils Bob Woodson.

« Menons une enquête sur ces communautés où la part de criminalité est la plus élevée et déterminons ce que veulent ces personnes, avant de nous précipiter et d’accepter les recommandations de personnes qui ne seront même pas concernées », a déclaré M. Woodson, dans une interview accordée à l’émission « American Thought Leaders » du journal Epoch Times.

Le meurtre de George Floyd, un Afro-Américain, par un officier de police blanc à Minneapolis a déclenché des protestations nationales exigeant des réformes ainsi que des actes de pillage, d’incendie criminel et de vandalisme. Les propositions de réforme varient, certains groupes tels que Black Lives Matter et Democratic Socialists of America appelant à des coupes dans le budget de la police.

Neuf des douze membres du conseil municipal de Minneapolis se sont engagés à démanteler le service de police de la ville. Le 7 juin, le maire de la ville de New York, Bill de Blasio, s’est engagé à réduire le financement du département de police de New York et à le réorienter vers les services sociaux et de la jeunesse.

Et ce, alors même qu’il y a finalement peu de preuves de discrimination raciale dans l’usage de la force entraînant la mort par la police, selon une étude de 2019 dans les Comptes-rendus de l’Académie nationale des sciences (Proceedings of the National Academy of Sciences) et une étude de 2015 du Département de la justice sur le Département de police de Philadelphie.

Selon M. Woodson, la criminalité augmentera probablement même sans réduction de financement, car le fait que la police soit considérée à tort comme représentante de la majorité blanche la rend plus réticente à appliquer la loi.

Après avoir interrogé 200 agents de six agences du Sud des États-Unis, Shetali Patil, professeur adjoint d’économie-gestion à l’université du Texas à Austin, a constaté que lorsque les agents avaient le sentiment que le public ne les comprenait pas ou ne les appréciait pas, ils devenaient moins proactifs.

Il en résulte que davantage d’Afro-Américains sont tués par d’autres Afro-Américains, a déclaré M. Woodson.

Cela s’est produit à Ferguson, dans le Missouri, après la fusillade de Michael Brown et à Baltimore après la mort de Freddie Gray en garde à vue, selon un article académique à paraître de l’économiste Roland Fryer de Harvard et du co-auteur Tanaya Devi, qui a été cité par Jason Riley, du Wall Street Journal.

La condamnation et l’examen minutieux de la police à l’échelle nationale contrecarrent également les efforts de recrutement, a déclaré M. Woodson.

Une enquête menée en 2019 par le Police Executive Research Forum a mis en évidence une « crise des effectifs », les forces de l’ordre étant incapables de recruter de nouveaux agents ou de conserver ceux qu’elles ont déjà. Soixante-trois pour cent des personnes interrogées ont fait état d’une diminution du nombre de candidats à un poste de policier par rapport à il y a cinq ans.

« Dans certaines villes, la police est incapable de répondre de manière appropriée aux appels du 911 parce qu’elle n’a pas assez d’agents pour les couvrir », a déclaré Bob Woodson.

Le racisme institutionnel comme mantra

Les gens utilisent le meurtre tragique de George Floyd aux mains de la police pour justifier une riposte à grande échelle contre les valeurs fondamentales des États-Unis, a déclaré M. Woodson.

« Leur position est que l’esclavage n’a pas pris fin. Il a juste évolué en un racisme institutionnel », a dit M. Woodson. L’un des principaux partisans de cette position est le « Projet 1619 » du New York Times Magazine, qui soutient que « de l’esclavage et du racisme contre les personnes d’origine africaine qu’il a impliqué sont nées toutes les choses qui ont vraiment contribué à rendre les États-Unis la nation d’exception qu’elle est aujourd’hui ».

Le racisme institutionnel comme « mantra » s’est progressivement « transformée en une orthodoxie comme le communisme », a déclaré M. Woodson. « Êtes-vous partisan de ce parti ou non ? »

« Il balaie vraiment la nation comme un virus. C’est une deuxième pandémie que nous vivons ces derniers jours. »

« Ils se nourrissent de la culpabilité des Américains blancs. »

Les entreprises versent de l’argent dans des « organisations de revendications raciales », a déclaré M. Woodson.

Mark Zuckerberg a annoncé que Facebook fera un don de 10 millions $ aux « groupes travaillant sur la justice raciale ». Uber a promis 1 million $ pour l’initiative Equal Justice et le Center for Policing Equity. De nombreuses célébrités ont fait des dons à des organisations comme le Minnesota Freedom Fund, qui verse des cautions pour les manifestants arrêtés.

« Les gens ont peur de contester cette orthodoxie. Mais nous devons la contester, car elle nuit aux personnes au nom desquelles elle est évoquée, à savoir les Afro-Américains à faible revenu », a déclaré M. Woodson.

Une crise interne

Le récit du racisme institutionnel empêche les Afro-Américains de prendre leur avenir en main et de s’élever grâce à la résilience et à l’autodiscipline, a déclaré M. Woodson.

« Rien n’est plus mortel que de fournir une excuse toute faite pour l’échec de quelqu’un en lui disant : vous n’êtes pas responsable », a-t-il déclaré.

Selon M. Woodson, l’Amérique afro-américaine souffre d’une crise interne, avec 70 % des enfants d’origine africaine nés hors mariage ainsi qu’une consommation de drogue et une criminalité galopantes dans de nombreuses communautés à faible revenu. Ces maladies ne peuvent s’expliquer facilement par le spectre de l’esclavage.

« Même si nous ne représentons que 13 % de la population, nous sommes responsables de 50 % de tous les meurtres qui se produisent », a déclaré M. Woodson.

M. Woodson porte sur lui une photo de Laylah Petersen, une fillette de 5 ans qui était assise sur les genoux de son grand-père et regardait la télévision lorsqu’elle a reçu une balle dans la tête.

À Saint-Louis, entre mai et septembre 2019, 18 enfants de moins de 16 ans ont été tués par des armes à feu. « Et une seule arrestation a été effectuée en raison de la méfiance à l’égard de la police », a déclaré M. Woodson.

Des solutions tangibles

M. Woodson a fondé le Woodson Center en 1981 pour travailler avec les principaux représentants de la communauté afin de soutenir les gens dans les pires circonstances.

Comme il l’a indiqué à Epoch Times dans une précédente interview : « Si nous disons que 70 % des familles de ces quartiers à faible revenu et infestés de drogue élèvent des enfants en difficulté, cela signifie que ce n’est pas le cas pour 30 % d’entre elles. Nous nous rendons dans les maisons de ces 30 % pour essayer de découvrir le secret de leur épanouissement et de leur progrès en présence de cette communauté dysfonctionnelle. »

Dans les années 1980, M. Woodson a travaillé avec la House of Umoja à Philadelphie, fondée par Soeur Fattah, une femme qui a découvert que l’un de ses fils était membre d’un gang. Elle a hébergé les amis de son fils – plus d’une dizaine de membres du gang – avec sa famille et a « créé une île d’excellence », a déclaré Mme Woodson.

Trois ans plus tard, ils ont tendu la main aux membres de gangs en guerre à Philadelphie et les ont aidés à conclure une trêve. La violence des gangs de jeunes a radicalement diminué en seulement deux ans, passant de 48 morts par an à deux, a déclaré M. Woodson.

En 1983, des groupes de jeunes Afro-Américains attaquaient et volaient des gens dans la ville, et la police n’a pas pu les contenir. La Maison d’Umoja s’est rendue à la prison locale et a recruté plus de 100 détenus dans le cadre d’un groupe de travail sur la prévention du crime. Et ils ont parlé avec une autorité morale à plus de 200 jeunes qui ont été conduits en bus à la prison. « Les attaques de la meute de loups ont cessé du jour au lendemain », a déclaré M. Woodson.

En 2008, M. Woodson a reçu la Médaille présidentielle des citoyens, la deuxième plus haute récompense civile aux États-Unis, pour son travail.

Beaucoup de représentants de la communauté avec lesquels M. Woodson travaille sont d’anciens délinquants, mais ils ont pu s’en sortir en adhérant aux « vertus d’autodétermination, de résilience et de triomphe face au désespoir, sur lesquelles nos pères fondateurs [des États-Unis] ont appuyé [la Constitution] », a déclaré M. Woodson. En février, le Woodson Center a lancé l’initiative « 1776 » pour contrer le « Projet 1619 » et affirmer les vertus fondatrices de l’Amérique et sa promesse d’égalité et de chances pour tous.

Allons-nous « continuer à enseigner à nos enfants qu’ils vivent dans une nation hostile à leur avenir ? », demanda Bob Woodson.

« Les gens sont motivés à changer et à s’améliorer lorsqu’on leur montre des perspectives de victoires réalisables, et ce, sans leur rappeler constamment les blessures à éviter. »

American Thought Leaders est une émission du Epoch Times disponible sur Facebook et YouTube et sur le site de Epoch Times.

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