Les entreprises européennes hésitent davantage à investir en Chine

17 juin 2015 Mis à jour: 27 octobre 2015

 

Les entreprises européennes sont de moins en moins optimistes au sujet de faire des affaires en Chine. C’est ce qu’a indiqué une récente étude menée par le plus grand groupe commercial européen en Chine, qui identifie également les principaux domaines que la Chine doit développer ou améliorer pour garder les investissements européens dans un contexte de ralentissement économique.

Dans le sondage annuel de confiance des entreprises de la Chambre européenne de commerce publiée ce mois de juin, 56 % seulement des 541 entreprises européennes interrogées ont dit qu’elles prévoyaient d’étendre leurs activités en Chine cette année, contre 86 % en 2013. Environ 24 % des entreprises et en particulier dans le domaine de l’énergie, ont aussi prévu des réductions de personnel pour économiser les coûts.

Plus encore, seulement 28 % des entreprises interrogées se sont dit « optimistes » au sujet de générer des profits en Chine.

« Le pessimisme au sujet des profits n’a jamais été aussi élevé », a confié à The Associated Press Jörg Wuttke, président de la Chambre européenne de commerce et directeur de la filiale chinoise de l’entreprise chimique allemande BASF. « Il est clair que le ralentissement économique affecte les projets d’expansion des entreprises. »

Le ralentissement de l’économie chinoise – après des années de croissance à deux chiffres, la seconde économie mondiale a ralenti de 7,3 % en 2014 – n’est pas la seule raison pour laquelle les firmes européennes veulent se retirer.

Selon l’étude de la Chambre européenne de commerce, environ deux tiers des entreprises ont senti que « l’environnement juridique imprévisible » en Chine est le plus grand obstacle aux affaires, suivi par les « questions administratives » et « l’application discrétionnaire des règlements ».

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Plus de la moitié des entreprises européennes ont fait remarquer qu’elles faisaient l’objet de discriminations, au contraire de leurs contreparties chinoises. La vitesse et l’accès à Internet ont également été reconnus parmi les problèmes, ainsi que les mesures de protection de l’environnement prises par les autorités chinoises.

Les firmes européennes se sont aussi inquiétées de la volonté du régime chinois de protéger la propriété intellectuelle – un quart seulement des entreprises interrogées avaient un centre de recherche et de développement en Chine.

« Il semble y avoir de grandes hésitations à monter des centres de recherche et développement en Chine en raison de la méfiance », a confié M. Wuttke.

Les entreprises européennes soutiennent par ailleurs largement la campagne de lutte contre la corruption menée par Xi Jinping – plus de 85 % des entreprises interrogées reconnaissent que les actions récemment prises contre la corruption « répondent ou dépassent même les attentes ».

Selon la conclusion du rapport de la Chambre européenne de commerce, les entreprises « voyaient autrefois un verre à moitié plein » mais « voient désormais un verre à moitié vide ». Pour autant, M. Wuttke ne prédit pas un exode européen en Chine. Selon l’enquête, 71 % des entreprises européennes ont expliqué que la raison de leur présence en Chine est « de proposer des biens et des services sur le marché chinois ».

Mais, si « la Chine est incontournable », ce n’est « plus la seule destination des investissements » a conclu M. Wuttke, pour l’agence de presse allemande DPA.

Version originale : For European Firms, Doing Business in China Is a Half-Empty Glass

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