Les Français de moins en moins confiants en des médias de plus en plus aidés

8 février 2017
Mis à jour: 8 février 2017

Selon un sondage Kantar Public publié le 2 février, moins d’un Français sur deux fait confiance aux médias. Ils sont 44% à faire confiance aux journaux (- 7 points par rapport à 2016, le plus bas niveau depuis 2003) et 41% à la télévision (- 9 points par rapport à 2016, le pire score depuis 1987). Pire, 64% des Français pensent que les journalistes ne sont pas indépendants vis-à-vis du pouvoir et de l’argent. Devant la dégradation accélérée des médias avec l’arrivée des chaînes d’information continue, l’infotainment (information et divertissement) et l’internet, la question de leur financement par l’argent public revient sur la table. Certains avancent qu’il faudrait former un nouveau comité de déontologie pour encadrer les dérives des médias en France.

Les Français de plus en plus méfiants des médias et des journalistes
Presse, télévision, internet et radio: aucun média n’échappe à la méfiance grandissante des Français. L’enquête de Kantar révèle que les journalistes n’ont jamais été aussi mal perçus: seul un quart des sondés (24%) pensent qu’ils résistent aux pressions politiques.

« On a de plus en plus l’impression que l’on nous explique comment il faut penser. On nous impose un mode de pensée. Mais le mode de pensée du journaliste, on s’en fout! Moi, quand je regarde une chaîne d’info, je souhaite avoir les infos et me faire ma propre opinion. Je n’ai pas besoin que les journalistes me disent ce qui est bien ou pas. Il y a une sorte de matraque. C’est la pensée unique » réagissait Jean-Yves, un auditeur de l’émission des Grandes Gueules sur RMC.

Si l’intérêt pour les médias reste fort (à 70%), la confiance des Français dans l’offre actuelle des médias s’est encore une fois effritée cette année. La radio est jugée le média le plus crédible par les Français avec seulement 52% d’opinion favorable (perte de 3 points par rapport à 2016), et le média dans lequel les Français ont le moins confiance est l’internet, dont la crédibilité baisse de 5 points, avec cette année  26% d’opinions favorables.

« Quand je regarde une chaîne d’info, je souhaite avoir les infos et me faire ma propre opinion. Je n’ai pas besoin que les journalistes me disent ce qui est bien ou pas. Il y a une sorte de matraque. C’est la pensée unique »

Patrick Eveno, président de l’Observatoire de la déontologie de l’information n’est pas surpris. « À chaque fois qu’il y a de gros évènements en France, il y a une baisse de la crédibilité des médias ». Pour Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, l’explication est toute autre. S’il y a défiance, c’est parce que les journalistes ne sont plus représentatifs de la société.

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Pour améliorer l’image des médias auprès des Français, Patrick Eveno propose la création d’une « instance professionnelle et indépendante de régulation de la déontologie qui regroupe des journalistes, les entreprises et des représentants du public ». Selon lui « les questions liées aux pratiques professionnelles des journalistes ne peuvent être traitées que dans un organisme autonome ». Mais un tel organisme n’existe pas en France, pas plus qu’il n’existe de code de déontologie commun à toute la profession.

Des médias alimentés massivement par l’argent public
Ce qui n’est pas bien mis en perspective aujourd’hui, c’est que la plupart des médias en France sont alimentés par l’argent public français et qu’il n’existe pourtant aucun organisme de régulation pour éviter les dérives déontologiques.

Depuis 2013, il est possible pour le public de connaître la répartition de l’enveloppe versée chaque année aux titres de presse. L’ensemble des aides directes et indirectes à la presse avoisinait en 2014 les 400 millions d’euros pour 326 titres. La liste des 200 titres les plus aidés a ainsi été publiée par le ministère de la culture et de la communication.

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