Les Indiens se mobilisent contre le régime chinois au milieu de l’épidémie de virus du PCC et d’un conflit frontalier

Par Venus Upadhayaya
24 juin 2020
Mis à jour: 24 juin 2020

Le meurtre de 20 soldats indiens par l’APL chinoise dans le Ladakh a intensifié le sentiment anti-chinois qui s’était initialement manifesté avec la montée de la pandémie du virus du PCC (Parti communiste chinois), également appelé le nouveau coronavirus.

« Ils se sont fait de l’Inde un ennemi permanent. Il faudra au moins deux générations avant que nous soyons de nouveaux amicaux envers la Chine », a déclaré le brigadier à la retraite Rumel Dahiya, un vétéran qui a travaillé pour l’état-major des forces indiennes, au journal Epoch Times.

M. Dahiya a déclaré que la Chine peut oublier toute forme de soutien émanant de l’Inde dans les forums internationaux. Il a particulièrement mis en avant les « forums des droits de l’homme » et a déclaré que l’Inde allait changer en conséquence sa politique d’importation et prendre des mesures pour contrôler les investissements chinois dans les startups indiennes, l’achat par la Chine de biens immobiliers indiens et l’achat d’actions sur le marché boursier indien par les entreprises chinoises.

« Certains secteurs seront fermés à la Chine pour des raisons de sécurité […] Les efforts consisteront à diversifier les importations et à réduire systématiquement les importations en provenance de Chine », a déclaré M. Dahiya, qui était auparavant directeur général adjoint de l’Institut d’études et d’analyses de la défense, un groupe de réflexion financé par le gouvernement.

Des militants indiens et tibétains en exil crient des slogans anti-chinois lors d’une manifestation contre le régime chinois à Siliguri le 20 juin 2020. (Dipendu Dutta/AFP/Getty Images)

Alors que le virus du PCC a commencé à se répandre, le gouvernement indien, déstabilisé par les entreprises chinoises faisant effrontément leurs achats sur les marchés boursiers indiens, la banque centrale chinoise y compris, a préféré retirer les IDE de ses voisins de sa liste d’approbation automatique en avril. M. Dahiya a déclaré que les voisins « font tout simplement référence à la Chine ».

Un jour après l’incident de Galwan (un affrontement frontalier entre les forces militaires chinoises et indiennes), le ministère indien des Télécommunications a demandé à son entreprise publique de télécommunications, BSNL, de réviser son appel d’offres pour la modernisation du réseau 4G afin d’exclure les entreprises de télécommunications chinoises. Il a également recommandé aux sociétés de télécommunications privées de ne pas acheter d’équipements à des entreprises chinoises.

M. Dahiya a déclaré que l’Inde importe principalement des pneus de Thaïlande et de Chine et que ceux-ci sont soumis à des licences, mais que les choses vont maintenant changer. « Les pneus thaïlandais seront autorisés, mais aucune licence ne sera accordée à la Chine », a-t-il déclaré en expliquant les répercussions immédiates.

Boycott des produits chinois

Il y a de nombreux appels au boycott des produits chinois en Inde, mais un appel populaire a été lancé pendant l’affrontement entre l’Inde et la Chine dans la région du Ladakh, alors que le virus du PCC était en pleine expansion, et il s’est intensifié après la mort des 20 soldats.

Tout a commencé lorsqu’un réformateur indien bien connu dans le domaine de l’éducation, Sonam Wangchuk, a lancé un appel au boycott avec des slogans tels que « Boycott China », « Boycottez le Made in China » et « Tout sauf la Chine ».

Inspiré par M. Wangchuk, qui a fait l’objet du très populaire film de Bollywood Three Idiots, Chirag Bhansali, 16 ans, a lancé une plateforme en ligne pour fournir aux Indiens, et en particulier à ses camarades de classe, des alternatives locales à diverses applications et produits chinois.

Chirag Bhansali, un étudiant qui est également programmeur, a mis dix jours pour lancer sa plateforme le 12 juin, quelques jours avant l’arrivée de Gilwan.

« Je voulais soutenir le sentiment nationaliste », a-t-il déclaré au téléphone à Epoch Times depuis Noida, ajoutant que les applications chinoises comportaient des problèmes de sécurité et qu’il voulait soutenir l’appel de M. Wangchuk.

Parmi beaucoup d’autres choses, sa plateforme intitulée « Swadeshi Tech » énumère les applications indiennes et les alternatives indiennes aux ordinateurs portables, télévisions, téléphones portables, appareils audio, caméras et climatiseurs chinois. Elle a reçu plus de 55 000 visiteurs en plus de 10 jours et a été saluée par M. Wangchuk.

Des militants du parti au pouvoir, le BJP, font la queue en tenant des affiches lors d’une manifestation anti-Chine à Siliguri le 17 juin 2020. L’Inde et la Chine ont tenu des discussions aux plus hauts niveaux le 17 juin pour « calmer la situation », a déclaré Pékin, après qu’une attaque frontalière a fait au moins 20 morts parmi les soldats indiens. (Dipendu Dutta/AFP/Getty Images)

Prasanth A.K., un architecte de 56 ans de la ville de Calicut, dans le sud de l’Inde, a déclaré au téléphone à Epoch Times qu’il existe un sentiment anti-chinois intense dans le milieu des affaires à travers l’Inde. Alors, il essaie de trouver des moyens de promouvoir la production locale, car c’est la seule façon de maintenir un boycott.

Il pense qu’un boycott complet des produits chinois ne peut avoir lieu que si l’Inde parvient à mettre en place une « économie de qualité » dans tous les secteurs.

Il a déclaré qu’en Inde, les gens ont changé leur « perception des valeurs » et que l’attrait illusoire pour les produits « chinois bon marché » est en train de s’amenuiser.

« Apprendre à devenir autonome est un sentiment maintenant partagé par l’Inde entière. Le monde était [auparavant] réticent à aller à l’encontre de la Chine. Aujourd’hui, de nombreuses nations essaient de devenir auto-suffisants », a déclaré M. Prasanth, qui s’est rendu en Chine à plusieurs reprises.

Des manifestants anti-Chine s’apprêtent à brûler des produits chinois tout en exhortant les citoyens à les boycotter lors d’une manifestation à New Delhi le 18 juin 2020. (Prakash Singh/AFP/Getty Images)

L’Inde contre le régime communiste chinois

M. Dahiya a déclaré que le gouvernement indien est conscient que ce qui s’est passé dans les hauteurs de Galwan ne peut se produire sans le consentement du régime communiste et que l’incident expose encore davantage le régime chinois au public indien.

« Nous savons aussi qu’il y a une structure de commandement parallèle à chaque niveau. Un professionnel et un homme du parti à tous les niveaux de commandement », a déclaré M. Dahiya.

« La CMC [Commission militaire centrale du PCC] exerce un grand pouvoir. C’est la CMC qui contrôle l’armée », a-t-il expliqué.

M. Dahiya a déclaré que l’administration indienne sait que « ce parti est dangereux […] même dans les années 50, 60 et 70, nous savions que le système chinois était différent, que le système chinois n’était pas bon ».

Il a dit que le concept d’alignement avec la Chine n’était que pure « fantaisie libérale » mais que maintenant, ce sera différent.

« Nous savons [maintenant] qu’il est différent de nous et qu’il ne se préoccupe que de lui-même. Nous savons également que chaque activité économique qui a lieu a un enjeu pour les hauts dirigeants de ce parti », a-t-il déclaré.

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