Les marques de luxe attaquent Alibaba

26 mai 2015 Mis à jour: 18 octobre 2015

 

Le groupe français Kering basé à Paris et propriétaire de plusieurs marques de luxe, dont Gucci et Yves Saint Laurent, attaque le géant chinois du e-commerce Alibaba, pour vente de produits contrefaits.

La plainte a été déposée le 15 Mai à la cour du District de Manhattan aux États-Unis, et elle oppose Gucci America Inc. à Alibaba Group Holding Ltd. Le groupe Kering accuse le site marchand Alibaba « d’encourager, d’aider et de profiter de la vente de produits contrefaits sur son site Internet, en toute connaissance de cause », selon TheWall Street Journal.

Un porte-parole du groupe a déclaré par mail : « Ce procès est partie intégrante de l’effort mondial engagé par Kering pour maintenir la confiance de ses clients dans l’authenticité de ses produits ».

Selon Brian Buchwald, directeur général de Bomoda et spécialiste du commerce de détail en Chine, sur Taobao, le plus grand site de commerce électronique d’Alibaba, on trouve actuellement 1 859 vendeurs agréés d’articles Gucci pour près de 85 700 vendeurs non autorisés de la marque. Beaucoup de ces articles contrefaits affichent la marque Gucci.

Mais la plainte estime que le problème va au delà du seul site Taobao. Les produits Gucci contrefaits sont en vente libre en grande quantité sur les sites d’Alibaba. Il sont souvent vendus à moins d’1 % de leur prix de détail normal.

En juillet 2014, le groupe Kering avait déjà déposé une plainte similaire contre Alibaba, avant de la retirer deux semaines plus tard en août, suite à un accord entre les deux parties.

Alibaba a essayé d’attirer et de convaincre plus de marques de vendre sur Tmall.com, le canal officiel d’accès aux consommateurs chinois, contrairement à Taobao, qui ressemble plus à un eBay. Pour les marques de luxe qui accepteraient le marché, Alibaba a promis de combattre plus vigoureusement la contrefaçon des produits de ces marques sur ses autres sites marchands.

Jusqu’ici Burberry est l’une des seules marques de luxe à avoir accepté de vendre sur Tmall, selon le rapport 2015 de Bomoda sur le luxe en Chine. Les ventes n’ont, semble-t-il, pas décollé sur la plate-forme, et Alibaba n’a pas tenu sa promesse de surveiller Taobao. Aujourd’hui, on trouve sur le site marchand 64 500 produits Burberry non autorisés, selon les informations de Bomoda.

En janvier, un rapport du gouvernement chinois critiquait également l’inefficacité et la nonchalance d’Alibaba face aux contrefaçons sur ses sites. Quelque temps après, le rapport officiel chinois a été retiré d’Internet.

 

Version originale : Gucci, Luxury Brands Sue Alibaba Over Counterfeits

 

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