Les médias chinois diffusent de fausses nouvelles et une propagande négative sur l’épidémie de coronavirus aux États-Unis

Par Nicole Hao
6 mars 2020
Mis à jour: 6 mars 2020

Ces derniers jours, les médias publics chinois ont commencé à se consacrer à la nouvelle épidémie de coronavirus qui sévit aux États-Unis, la présentant comme plus grave que l’épidémie en Chine.

Certains médias chinois ont également répandu des mensonges, notamment en affirmant que le virus provenait des États-Unis.

Le virus est apparu pour la première fois dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, en décembre de l’année dernière.

Entre-temps, les récents chiffres officiels du régime chinois ont fait état d’une baisse des infections, bien que des documents internes du gouvernement obtenus par Epoch Times et des témoignages de la part de témoins oculaires montrent que les autorités ne communiquent pas les informations exactes sur le nombre de cas de contamination.

La semaine dernière, les États-Unis ont signalé pour la première fois des cas de propagation de la maladie dans la communauté – des cas d’origine inconnue, pour lesquels les patients ne sont pas allés récemment dans des pays touchés par le virus ou n’ont pas eu de contact étroit avec des personnes infectées.

L’éclosion de l’épidémie américaine

Les médias d’État chinois ont profité de cette occasion pour faire connaître l’épidémie américaine.

Le 4 mars, l’entreprise publique Xinhua a republié un article sur son blog intitulé « Avec la justice de notre côté, le monde devrait remercier la Chine ».

« Maintenant, les États-Unis sont dans la tourmente. De plus en plus d’États ont déclaré l’état d’urgence, alors que le pays tout entier est confronté à une pénurie de matériel médical. L’épidémie de coronavirus est quasiment inévitable. »

L’article poursuit en expliquant que la dépendance des États-Unis à l’égard des chaînes d’approvisionnement en Chine prouve que le premier a besoin du second pour contenir le virus. « La plupart des masques faciaux sur le marché américain sont fabriqués et importés de Chine […] La majorité des médicaments aux États-Unis sont importés d’autres pays […] Si la Chine interdit les exportations vers les États-Unis, ces derniers seront condamnés à l’enfer du coronavirus. »

En outre, selon l’article, les États-Unis et d’autres pays devraient remercier la Chine car elle n’a pas interdit les voyages à destination et en provenance des États-Unis, ce qui « aurait gravement porté atteinte à l’économie américaine et provoqué l’effondrement de la bourse américaine ».

De nombreux médicaments génériques et autres produits pharmaceutiques des États-Unis sont en effet fabriqués en Chine. L’épidémie actuelle et la pénurie mondiale de matériel médical qui en résulte ont mis en évidence le problème de la concentration des chaînes d’approvisionnement mondiales dans un seul pays, la Chine.

Le conseiller commercial de la Maison-Blanche, Peter Navarro, a déclaré dans une interview accordée le 23 février à Fox News que les autorités chinoises ont aggravé la pénurie en imposant des restrictions à l’exportation des masques N95 produits par les usines chinoises appartenant à la firme américaine 3M.

« La Chine a nationalisé une usine américaine qui produit les masques là-bas », a-t-il déclaré.

Fausses nouvelles

Le 24 février, le journal d’État chinois Securities Times a publié un article basé sur les affirmations non vérifiées de Paul Cottrell, qui, selon sa biographie en ligne, est un docteur en finance basé à New York. Il a publié une vidéo sur YouTube affirmant que des sources lui ont révélé que plus de 1 000 personnes sont atteintes du nouveau coronavirus aux États-Unis.

Au moment de la publication de ce rapport, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé 80 infections, à l’exclusion des Américains qui ont été rapatriés de l’étranger et dont le test de dépistage du virus s’est révélé positif.

En se basant sur les affirmations de M. Cottrell, l’article chinois affirme que le CDC américain dissimule la véritable ampleur de l’épidémie américaine.

Les médias chinois ont également commencé à répandre la rumeur selon laquelle le virus proviendrait des États-Unis.

Tout a commencé lorsque le plus grand expert en virologie de Chine, Zhong Nanshan, a déclaré lors d’une conférence de presse le 27 février qu’il est possible que le nouveau coronavirus ne soit pas d’origine chinoise.

Le même jour, un politicien taïwanais nommé Pan Hwai-tzong a déclaré, lors d’une émission de télévision diffusée sur la chaîne câblée pro-Pékin EBC News : « Le coronavirus vient des États-Unis. » M. Pan est conseiller municipal de la ville de Taipei et professeur à l’Université nationale Yang-Ming de Taiwan.

Les médias chinois ont republié l’affirmation de M. Pan. Certains professeurs chinois ont depuis précisé dans des interviews aux médias que les commentaires de M. Pan sont dénués de tout fondement scientifique.

Les internautes et les médias taïwanais ont également critiqué M. Pan pour s’être plié aux exigences de Pékin.

Le commentateur chinois Tang Jingyuan, résidant aux États-Unis, pense que le régime chinois utilise délibérément l’épidémie américaine pour tromper les citoyens chinois sur l’épidémie actuelle à l’intérieur de ses frontières.

« Nous voyons clairement que l’épidémie de coronavirus en Chine est très grave, ce qui est totalement différent de ce que prétendent les autorités gouvernementales. Les Chinois voient par eux-mêmes ce qui se passe autour d’eux », a déclaré M. Tang.

Ainsi, le régime chinois espère détourner l’attention du peuple vers les États-Unis afin de faire diversion.

« Il essaie de tromper le peuple en lui faisant croire que le virus vient des États-Unis et de faire en sorte que les Chinois manifestent de la haine envers les États-Unis. Ainsi, ils ne penseront plus au comportement du régime de Pékin », a ajouté M. Tang.

Et en mettant l’accent sur les épidémies importantes en dehors de la Chine, « cela peut faire croire aux Chinois que leur système est meilleur », a déclaré M. Tang.

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