Les ministres australiens débattent des problèmes de confidentialité que comporte l’application de repérage du covid-19

Par Victoria Kelly-Clark
20 avril 2020
Mis à jour: 20 avril 2020

Des membres du Parlement et des ministres australiens ont soulevé un débat sur la protection de la vie privée dans le cadre de la nouvelle application de traçage du covid-19 du gouvernement fédéral.

Le député fédéral et ancien vice-Premier ministre Barnaby Joyce a exprimé ses inquiétudes dans un post sur Twitter sur la question de savoir si la nouvelle application sera vraiment à l’abri du piratage et a cité une étude de Londres.

Le 20 avril, Barnaby Joyce a cité une étude menée par l’Imperial College sur la façon dont 90 % des individus ont pu être identifiés grâce à 4 séries de données aléatoires.

Le 18 avril, la députée indépendante de Nouvelle-Galles du Sud Zali Steggal a ajouté ses préoccupations, écrivant que « le manque de confiance et de transparence du gouvernement sera le plus grand obstacle à l’acceptation de l’application de recherche des contacts par le peuple australien. Le gouvernement doit mettre en place une commission nationale de lutte contre la corruption et un comité de surveillance indépendant pour établir sa bonne foi ».

D’autres ministres du gouvernement fédéral ont répondu aux commentaires de Zali Steggal et Barnaby Joyce sur Twitter.

Le sénateur Andrew Bragg, président de la commission sénatoriale spéciale sur FinTech, a déclaré que l’application améliorerait la capacité à tracer les personnes qui ont été en contact avec le virus du PCC* (virus du Parti communiste chinois), communément appelé nouveau coronavirus.

Le ministre fédéral de la Santé, Greg Hunt, a déclaré lors d’une conférence de presse que le gouvernement n’aurait jamais accès à aucune des données stockées sur les téléphones.

Le ministre chargé du Service public et du Régime national d’assurance invalidité, Stuart Robert – qui a été le fer de lance de l’application – a expliqué dans une interview par le FiveAA, une station de radio commerciale d’Adélaïde, le 16 avril, que la technologie n’est pas un outil de surveillance et ne permettra pas de géolocaliser ou de suivre les utilisateurs de quelque façon que ce soit.

Il a déclaré que le gouvernement avait travaillé avec les agences de collecte de renseignements sur le cyber-espionnage, le Centre australien de cybersécurité et la Direction australienne des signaux pour développer l’application.

Stuart Robert a dit que c’était un moyen de numériser les procédures de traçage actuelles qui sont utilisées par le ministère de la Santé pour contrôler l’épidémie.

Le Premier ministre Scott Morrison a également écrit sur Twitter pour assurer aux Australiens que l’utilisation de l’application serait volontaire, après avoir précédemment laissé entendre que l’utilisation facultative pourrait n’être que le « Plan A ».

La nouvelle application de traçage du covid-19 est basée sur une application singapourienne appelée « TraceTogether ».

La version australienne de l’application utilisera la même technologie Bluetooth que celle de Singapour, mais ne téléchargera les informations qu’après qu’un utilisateur a été en contact avec un cas confirmé pendant 15 minutes ou plus.

Les téléphones échangeront des numéros de téléphone portable dans un format hautement crypté qui dissimule l’identité des deux utilisateurs, et stockeront les données pendant 21 jours. Le ministre a déclaré que les données ne pourront pas être consultées par le gouvernement et ne seront utilisées que si une personne est testée positive au covid-19.

Des chercheurs de l’Université Macquarie (pdf) ont publié une brève analyse de l’application « TraceTogether » de Singapour et ont conclu qu’elle posait des problèmes de confidentialité.

Ils ont souligné que l’application singapourienne ne permettait pas de contrôler réellement l’accès du gouvernement aux données d’un utilisateur et qu’elle pouvait être utilisée pour la surveillance de masse, car les données ne sont pas détruites après les 21 jours.

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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