Les monnaies locales, une réponse à la crise ?

29 octobre 2015
Mis à jour: 29 octobre 2015

Elles sont une trentaine sur le territoire français, disséminées dans les villes et les régions. Stück, Eusko, Galleco ou MIEL, si les monnaies locales portent des noms fortement empreints de la culture de leur région, elles sont toutes placées sous le contrôle de la Banque de France. 

De nouvelles monnaies locales

Officiellement reconnues par la loi relative à l’économie sociale et solidaire (ESS) du 31 juillet 2014 de Benoît Hamon, les monnaies locales complémentaires (MLC) sont le résultat d’une démarche, souvent longue et difficile, opérée par des associations ou des collectivités locales. À parité égale avec l’euro (un Stück ou un Eusko valent chacun un euro), les monnaies locales constituent un moyen de paiement auprès des commerces de proximité, des boulangeries, des épiceries, des cafés, des restaurants, mais aussi des théâtres, des hôtels, des instituts de beauté ou encore des fermes. Indexées sur la devise officielle, elles ne peuvent, de plus, pas être épargnées, moyen simple pour favoriser leur circulation.

Pour acquérir la monnaie locale, il suffit de devenir adhérent de l’association porteuse du projet, puis de retirer sa monnaie auprès de la banque régionale, ou encore, auprès de certains commerçants. Tous les commerçants participants sont signataires d’une charte éthique, solidaire et écologique. Car la monnaie locale constitue pour eux bien plus qu’un simple moyen de paiement.

Promouvoir l’économie locale

Si les premières monnaies locales datent d’à peine cinq ans, c’est que leur création a suivi le début de la crise économique et financière de 2008 en Europe.

Selon un rapport intitulé « D’autres monnaies pour une nouvelle prospérité » établi par Jean-Philippe Magnen, vice-président de la région Pays de la Loire et Christophe Fourel, chef de la Mission analyse stratégique en avril dernier, « les plus « mécanistes » des économistes voient une causalité assez évidente entre crise financière et apparition de monnaies locales. Palliant un ralentissement qui pèse sur les transactions, les monnaies locales ont tendance à attirer des utilisateurs quand elles existent, et à motiver des initiatives de création quand elles n’existent pas encore. »

Pour les initiateurs des projets, l’établissement de la monnaie locale est, non seulement, une réponse à un besoin de préserver l’économie locale mais aussi une solution pour affirmer une identité culturelle et renforcer la cohésion sociale de la région. À l’image de l’eusko, dont le co-président de l’association Euska Moneta, Dant Edm-Sanjurjo, n’y voit que des avantages : « On devient un participant à une aventu re collective pour défendre l’économie locale et donc son propre emploi et celui de ses proches. » Avec plus de 3 000 adhérents et 500 commerçants, l’eusko correspond en effet à l’un des projets de monnaie les plus concluants en France.

La carte des monnaies locales en France révèle ainsi que le Sud et l’Ouest sont davantage porteurs de ce type de projet, même si des créations sont encore en cours, comme la gonette à Lyon, prévue courant novembre, ou le stück, mis en circulation à Strasbourg au début du mois d’octobre.

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