Les organismes médicaux américains restent muets sur les prélèvements forcés d’organes en Chine par peur des représailles

Par Eva Fu
21 septembre 2021
Mis à jour: 22 septembre 2021

Le monde ferme les yeux sur les massacres d’innocents et les prélèvements forcés d’organes à des fins lucratives effectués par le régime chinois de peur de subir des représailles économiques de la part de Pékin, a déclaré un docteur lors d’un sommet mondial consacré aux droits de l’homme.

Le Sommet mondial sur la prévention et la lutte contre le prélèvement forcé d’organes, qui comprend six séminaires en ligne sur deux semaines, a démarré le 17 septembre avec plus de 2 000 spectateurs virtuels qui ont assisté à l’événement diffusé en direct le premier jour.

Les prélèvements d’organes forcés sanctionnés par l’État ont lieu en Chine depuis des années « à une échelle significative », et les principales victimes de ces abus sont les pratiquants du groupe religieux persécuté Falun Gong, selon les conclusions établies par un tribunal indépendant basé à Londres en 2019.

Peu de temps après la publication du rapport final du tribunal, le Dr Weldon Gilcrease, spécialiste du cancer gastro-intestinal à l’université de l’Utah, a pris contact avec le responsable du système de santé de cette université, dans l’espoir de pouvoir discuter avec lui des mesures à prendre en tant qu’institution pour faire face à de tels abus.

« Il m’a affirmé en substance qu’il n’y avait aucun doute dans son esprit que le Parti communiste chinois (PCC) soit capable de telles atrocités et que cela se produisait effectivement, mais que si nous disions quoi que ce soit, la Chine enverrait tout simplement tous ses étudiants au Texas », a déclaré M. Gilcrease lors d’un débat en ligne tenu ce vendredi.

Weldon Gilcrease, vice-directeur exécutif du groupe de défense des droits des médecins de Washington, Médecins contre le prélèvement forcé d’organes (DAFOH), a déclaré plus tard au journal Epoch Times qu’il était « un peu surpris qu’on ait si peur de dire quoi que ce soit » en raison des intérêts financiers.

« Vous pouvez certainement obtenir un soutien sur le plan individuel, mais lorsque vous essayez de porter ce soutien au niveau de l’institution, le silence devient assourdissant », a-t-il déclaré dans une interview.

Au fil des ans, M. Gilcrease a constaté que les professionnels de la santé qu’il a rencontrés hésitaient souvent à prendre position sur le prélèvement d’organes, non qu’ils doutaient de la réalité des faits, mais parce qu’ils essayaient de prendre leurs distances pour éviter de donner l’impression de « faire de la politique ».

« Le PCC utilise cette arme pour tenter de maintenir le silence », a déclaré M. Gilcrease. « Si vous dites quoi que ce soit, vous faites de la politique. Restez en dehors de ça. »

Mais M. Gilcrease pense tout l’inverse de ce que le régime essaye d’imposer.

Rester à l’écart de la politique « ne signifie pas qu’il faille éviter de prendre des positions inconfortables, et en fait, cela signifie que nous devrions dire quelque chose contre le Parti communiste chinois s’il s’apprête à… récupérer notre champ d’activité, nos experts, nos médecins et nos chirurgiens », a déclaré le médecin lors du séminaire en ligne.

Il est dangereux de collaborer avec « un système médical qui est sous la coupe d’un régime malfaisant », a-t-il déclaré, en faisant remarquer qu’un certain nombre de personnes qui ont contribué à la mise en place des centres de transplantation chinois ont reçu une formation médicale aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux.

Des pratiquants de Falun Gong participent à une parade marquant la 22e année de la persécution du Falun Gong en Chine, à Brooklyn, dans l’État de New York, le 18 juillet 2021. (Chung I Ho/The Epoch Times)

Sur les fronts diplomatique et économique, une collaboration similaire entre les États-Unis et la Chine a eu des « conséquences néfastes », a-t-il ajouté. Une flopée de scientifiques et de médecins chinois ont dû quitter leur poste ces dernières années pour n’avoir pas révélé de manière appropriée leurs liens financiers avec le régime – dont trois du centre anticancéreux MD Anderson de Houston et six autres du centre anticancéreux Moffitt de Tampa en 2019.

Les inquiétudes suscitées par un tel engagement vont au-delà de l’intégrité de la recherche biomédicale américaine, selon M. Gilcrease. « Il est question d’être lié à un système qui a prouvé à maintes reprises, en utilisant le système médical, qu’il pouvait commettre des crimes. »

Il semble que les médecins chinois aient poursuivi leurs pratiques de prélèvements forcés d’organes tout au long de la pandémie et qu’ils aient utilisé les résultats de ces transplantations pour asseoir leur réputation dans les revues médicales internationales.

Les Annales de chirurgie ont publié en juillet 2020 une étude portant sur deux patients âgés présentant des symptômes de Covid-19 en phase terminale, qui ont tous deux bénéficié d’une transplantation pulmonaire environ trois jours après s’être inscrits dans le système de transplantation du pays.

Le deuxième patient, âgé de 70 ans, a reçu une double transplantation pulmonaire le 8 mars, trois jours après qu’une évaluation complète ait été réalisée, ce qui a incité les médecins à inscrire le patient dans le système d’attribution des greffes.

Ray Scalettar, professeur émérite au centre médical de l’université George Washington, a déclaré que l’article « soulève de sérieuses préoccupations éthiques quant à la façon dont les poumons des receveurs ont été obtenus » en si peu de temps, ajoutant qu’aux États-Unis, qui disposent d’un bassin de donneurs « beaucoup plus important » que la Chine, « l’attente minimale pour ce type de donneur » est de 15 jours.

M. Scalettar a fini par écrire une critique aux auteurs de l’article, mais la réponse « a été éludée ou évasive ».

Selon M. Gilcrease, le milieu médical dans son ensemble continue de souffrir d’un « manque flagrant de sensibilisation » aux prélèvements d’organes forcés – seuls 5 à 10 % en ont entendu parler. Mais la dissimulation persistante de la pandémie par le régime chinois a probablement entraîné un changement de mentalité, a-t-il ajouté.

« La communauté médicale comprend au moins mieux à qui nous avons affaire », a-t-il ajouté.

 

Eva Fu est journaliste à New York, spécialisée pour Epoch Times sur les relations entre les États-Unis et la Chine, la liberté religieuse et les droits de l’homme.

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