Les pays devraient en faire plus pour mettre un terme à la « terrifiante » pratique du prélèvement forcé d’organes en Chine

Par Frank Fang
26 février 2021
Mis à jour: 28 février 2021

Un groupe de défense international appelle les pays, dont les États-Unis, à prendre des mesures concrètes pour tenir la Chine responsable de sa pratique, sanctionnée par l’État, de prélèvement d’organes sur des prisonniers d’opinion vivants.

« Sur la question du prélèvement forcé d’organes, la communauté internationale est restée silencieuse bien trop longtemps malgré les preuves », a déclaré Kristina Olney, directrice des relations gouvernementales de la fondation à but non lucratif Victims of Communism Memorial Foundation (VOC), basée à Washington, lors d’un conférence en ligne organisée le 24 février.

L’événement en ligne était co-organisé par la VOC et la Coalition internationale pour mettre fin aux abus de la transplantation en Chine (ETAC), un groupe comprenant des avocats, des universitaires, des professionnels de la santé, des chercheurs et des défenseurs des droits de l’homme.

« Les États-Unis et les nations du monde qui respectent les droits de l’homme doivent se confronter aux preuves de ces horribles violations des droits de l’homme qui ont lieu en Chine aujourd’hui, et tenir le Parti communiste chinois pour responsable de sa complicité. Ce crime n’a pas sa place au XXIe siècle », a déclaré Kristina Olney.

La Chine a été l’une des premières destinations pour le tourisme de transplantation, alors que Pékin a promu dans les journaux américains un récit selon lequel les organes proviennent de dons volontaires. Avant cela, le régime chinois avait annoncé qu’il cesserait de s’approvisionner en organes auprès de prisonniers exécutés à partir du 1er janvier 2015, et avait affirmé qu’il s’appuierait exclusivement sur un nouveau système de dons volontaires.

Cette affirmation a été réfutée par un rapport publié en juin 2019 par un tribunal populaire basé à Londres et dirigé par le procureur des Nations unies pour les crimes de guerre, Sir Geoffrey Nice QC. Le rapport a conclu, après une année d’enquête, que la pratique approuvée par l’État du prélèvement forcé d’organes à des fins lucratives se produisait « en masse » en Chine, les pratiquants de Falun Gong étant la principale source d’organes.

En Chine, les pratiquants de Falun Gong, une discipline spirituelle également connue sous le nom de Falun Dafa, sont la cible de persécutions de la part du PCC depuis juillet 1999. Selon les estimations du centre d’information du Falun Dafa, des millions de pratiquants ont été emprisonnés, placés dans des services psychiatriques et autres établissements, tandis que des centaines de milliers ont été torturés.

Des allégations de prélèvement forcé d’organes sur des pratiquants de Falun Gong détenus sont apparues pour la première fois vers 2006.

« Il y a eu un certain nombre d’audiences et de résolutions du Congrès condamnant le prélèvement forcé d’organes, mais jusqu’à présent, il n’y a pas eu de législation globale signée obligeant le gouvernement américain à s’attaquer à ce problème », a déclaré Olney.

Cette année, trois différents comtés de l’État de Virginie ont adopté des résolutions condamnant le prélèvement forcé d’organes en Chine.

Les pratiquants de Falun Gong organisent une veillée pour commémorer les victimes de la persécution de la pratique de la discipline spirituelle par le régime chinois depuis 1999, à Taipei, Taïwan, le 18 juillet 2020. (Minghui)

Kristina Olney a félicité les législateurs américains pour avoir déposé la loi « Stop au prélèvement forcé d’organes » en décembre 2020, qualifiant ce projet de loi d’« une des initiatives législatives les plus complètes jamais présentées sur la question du trafic d’organes ». Elle a ajouté que le projet de loi sera réintroduit au Sénat et à la Chambre.

Le projet de loi du Sénat (S.5016) a été présenté par le sénateur républicain Tom Cotton le 15 décembre dernier. Le même jour, les députés Chris Smith et Thomas Suozzi ont présenté la version de la Chambre (H.R.8972).

En vertu de la législation proposée, le président serait habilité à imposer des sanctions aux fonctionnaires et entités étrangers qui pratiquent ou soutiennent le prélèvement forcé d’organes vitaux sur des victimes non consentantes.

« Nous demandons instamment au Congrès américain de promulguer rapidement ce projet de loi, et aux gouvernements internationaux d’adopter une législation similaire », a déclaré Mme Olney.

Outre Kristina Olney, les autres participants à la conférence en ligne comprenaient Ethan Gutmann, chercheur en études chinoises au VOC et co-fondateur de l’ETAC, Sean Lin, directeur de la communication de l’association Falun Dafa à Washington, et Sir Geoffrey Nice QC, nommé précédemment, procureur au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.

M. Lin a déclaré que le traitement des questions liées au prélèvement forcé d’organes ne se limitait pas à l’éthique médicale dans l’industrie chinoise de la transplantation. La communauté internationale doit plutôt s’attaquer directement aux violations des droits de l’homme du PCC.

« Si vous ne vous adressez pas directement au Parti communiste chinois, le prélèvement forcé d’organes qui sévit en Chine ne cessera pas », a-t-il déclaré.

Des médecins chinois transportent des organes frais pour une transplantation dans un hôpital de la province du Henan, en Chine, le 16 août 2012. (Capture d’écran/Sohu.com)

Sir Nice a déclaré que le tribunal n’a examiné « rien d’autre que des preuves » et est arrivé à la conclusion que la Chine a commis des crimes contre l’humanité avec sa pratique de prélèvement forcé d’organes.

Wendy Rogers, professeur d’éthique clinique à l’université de Macquarie en Australie, a également participé au webinaire. Elle a appelé à la collaboration, car aucun individu ou institution ne peut à lui seul forcer la Chine à mettre fin à sa pratique.

« Mais en agissant ensemble, les professionnels et les institutions peuvent exercer une pression importante sur la Chine », a déclaré Mme Rogers, ajoutant que leurs actions « enverront un message fort pour que le reste du monde cesse de tolérer cette atrocité ».

Ivan Vilibor Sincic, un homme politique croate et membre du Parlement européen, a déclaré lors du webinaire que l’Union européenne avait « peur de critiquer » la Chine en raison d’intérêts économiques.

Le 30 décembre de l’année dernière, l’Union européenne et la Chine ont signé un accord global d’investissement commercial. Les critiques ont condamné l’accord (celui-ci doit encore être ratifié par le Parlement européen ou approuvé par le Conseil de l’UE) sur les violations incessantes des droits de l’homme et les mauvaises conditions de travail en Chine.

« La vie des gens doit passer avant tout. Il est temps de cesser de craindre la puissance économique chinoise. L’Europe doit adopter une position forte. Et bien entendu, c’est le monde entier qui doit également adopter une position forte sur cette question », a déclaré M. Sincic.

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