Les pétales de cette fleur australienne ressemblent à de parfaits petits colibris

Par Louise Bevan
15 juin 2020
Mis à jour: 15 juin 2020

Pour un œil non averti, cette parfaite configuration de pétales peut évoquer un colibri réalisé en origami. Pourtant, il s’agit en fait d’une fleur originaire d’Australie qui se développe de façon à représenter parfaitement le petit oiseau. Cette fleur a littéralement pris l’Internet d’assaut.

Le nom scientifique de la plante qui produit cette fleur extraordinaire, Crotalaria cunninghamii, est inspiré du botaniste Allan Cunningham, et elle porte le nom anglais de regal birdflower ou green birdflower (littéralement, « fleur d’oiseau verte » ou « fleur d’oiseau royale ». Selon la Botanic Gardens & Parks Authority d’Australie, la plante est un arbuste dressé à courte durée de vie, prolifique dans la moitié nord de l’Australie-Occidentale, de la côte jusqu’au désert.

Les fleurs du Crotalaria cunninghamii ressemblent à un oiseau qui est attaché par son « bec » (le calice) à la tige. (Botanic Gardens & Parks Authority)

La fleur du Crotalaria cunninghamii est apparentée aux pois et aux haricots. La première partie du nom scientifique de la plante, Crotalaria, vient du mot grec crotalon, qui signifie « hochet » ou « castagnette », et fait référence à la façon dont les graines s’agitent dans les cosses en forme de gourdin de la plante lorsqu’on les secoue, note le site web.

Cette plante originaire d’Australie peut atteindre jusqu’à 4 mètres de hauteur. En floraison, ses feuilles ovales font place à une masse de grandes fleurs de couleur vert clair avec des nervures brun violacé à l’extrémité de chacune de ses branches.

À bien y regarder de plus près, ce sont ces fleurs vertes qui rappellent le plus les jolies petites ailes d’un colibri en plein vol. Chaque fleur, qui ressemble à un oiseau, est attachée par son « bec », ou plutôt par le calice de la fleur, à la tige d’une branche.

(Ines Porada/Shutterstock)

La fleur, qualifiée de « royale », a connu un regain d’intérêt aux États-Unis après qu’une photo des adorables fleurs de la plante, ressemblant à des oiseaux, ait été diffusée lors de l’été 2019.

Lorsqu’une photo est apparue sur Reddit, partagée par l’utilisateur OctopusPrime, un étudiant post-doct en science, dont l’évolution des fleurs est son objet d’étude, s’est joint à la discussion pour parvenir à découvrir l’origine de l’apparence unique de la plante. En dépit des suggestions contraires, le résultat des recherches écarte finalement l’hypothèse que la plante utilise son apparence de colibri comme un leurre pour se camoufler aux yeux des humains.

« Le fait que la fleur ressemble à un oiseau pour les humains ne signifie pas qu’elle ait évolué de manière adaptative, mais comme un ‘récepteur de signal’. Il n’y a rien que les humains auraient pu faire pour augmenter la capacité des individus à développer ce signal (c’est-à-dire pour ressembler à un oiseau) », a commenté le scientifique, sous le nom de SolitaryBee.

(Botanic Gardens & Parks Authority)

« On pourrait également soutenir que la ressemblance à un oiseau est adaptative, car elle permet d’émettre un signal à un autre type de récepteur (par exemple : herbivore, disperseur de graines, pollinisateur). Mais je dirais que cela est très peu probable », a poursuivi le scientifique, « car il est particulièrement peu probable que cette fleur apparaisse effectivement comme un oiseau pour tout autre observateur. »

Le colibri que la fleur imite si parfaitement n’est même pas originaire de l’Australie-Occidentale. Le consensus majoritaire au sein de la communauté scientifique est que l’apparition de la fleur royale est simplement un phénomène connu sous le nom de paréidolie, une curieuse tendance chez l’homme à percevoir des images comme réelles dans des modèles visuels aléatoires.

(Gauche : Chris Charles/Unsplash, droite : Gregory J Smith/Shutterstock)

La mystérieuse imitation de la fleur du Crotalaria cunninghamii recèle néanmoins une fonction légitime de la fleur : un remède médicinal. Selon la Base de données sur les plantes tropicales utiles, la fleur d’oiseau royale est depuis longtemps récoltée dans la nature pour être utilisée dans des médicaments et comme source riche en fibres.

La plante est classée comme « moins préoccupante » sur la liste rouge de l’UICN, et il n’y a pas de menaces majeures connues pour l’espèce. En revanche, l’habitat naturel de la plante est, lui, menacé par une dégradation généralisée.

C’est pourquoi, bien qu’elle s’avère difficile à faire pousser en France, une multitude d’amoureux de la plante sont désireux d’aider la fleur royale à émigrer vers le Sud des États-Unis.

(imagevixen/Shutterstock)

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