Les talibans « engagés » au respect de l’accord avec Washington, assure leur chef

Par Epoch Times avec AFP
20 mai 2020
Mis à jour: 20 mai 2020

Les talibans sont déterminés à respecter l’accord signé fin février avec les Etats-Unis, qui vise au retrait des troupes étrangères d’Afghanistan en échange de contreparties des insurgés, a affirmé leur chef mercredi, malgré une forte recrudescence des violences côté rebelles.

Cette nouvelle déclaration positive des talibans, faite par Haibatullah Akhundzada, arrivé à leur tête en 2016 après que son prédécesseur Akhtar Mansour avait été tué par une frappe de drone, semble toutefois contredite dans les faits par une succession d’attaques de ses hommes contre les forces afghanes.

S’engager dans l’accord signé avec Washington

« L’Émirat Islamique », le nom qu’avaient donné les talibans à l’Afghanistan quand ils y régnaient, entre 1996 et 2001, « est engagé dans l’accord signé avec l’Amérique », a déclaré Haibatullah Akhundzada dans un rare message écrit à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan.

Ce religieux, un ancien chef des tribunaux talibans, « appelle l’autre camp à respecter ses engagements et à ne pas laisser passer cette occasion cruciale ».

Lundi, Suhail Shaheen, un porte-parole des insurgés, avait déjà enjoint les différentes parties au conflit afghan à « se concentrer sur une solution vraie et sincère du problème (qui passe …) par la mise en place de l’accord de Doha », signé le 29 février par Washington et les talibans, mais non ratifié par Kaboul.

Une forte montée des violences

L’Afghanistan connaît pourtant une forte montée des violences depuis la signature de ce texte, qui prévoit le départ de toutes les troupes étrangères de son territoire d’ici à l’été 2021.

Si les talibans ont cessé toute attaque contre les troupes de la coalition internationale, ils multiplient les assauts contre les forces de sécurité afghanes.

« Les talibans ont respecté leur engagement à ne pas attaquer les forces de la coalition », estimait vendredi dernier Zalmay Khalilzad, l’émissaire américain pour l’Afghanistan et l’un des principaux architectes de l’accord de Doha.

Engagés à une réduction globale de la violence

Pour autant, ils violent « l’esprit, sinon la lettre » du texte, car ils s’étaient selon lui engagés à une réduction globale de la violence qui n’est pas reflétée par « le nombre des attaques et le nombre des Afghans tués dans ces attaques ».

Kaboul a ainsi ordonné aux forces de sécurité de « reprendre leurs opérations (offensives, NDLR) contre l’ennemi », mises en pause depuis la conclusion de l’accord américano-taliban, après l’assaut donné la semaine dernière à une maternité de Kaboul qui avait fait 24 morts.

Washington, qui l’a imputé au groupe Etat islamique, paraît ménager les insurgés, estiment plusieurs analystes. Les Etats-Unis, leur président Donald Trump en tête, ne font pas mystère de leur volonté de quitter au plus vite l’Afghanistan, où ils sont mobilisés depuis plus de 18 ans, soit la guerre la plus longue de leur histoire.

Les forces de sécurité afghanes sont assises dans un véhicule Humvee au milieu des combats en cours entre les militants talibans et les forces de sécurité afghanes à Kunduz le 19 mai 2020. Photo par STR / AFP via Getty Images.

Les talibans se sont montrés particulièrement actifs cette semaine. Mardi, ils tentaient de prendre Kunduz, une ville stratégique du nord qu’ils ont attaquée à de multiples reprises ces dernières années et ont même brièvement contrôlée.

Perdus 40 hommes et 50 combattants blessés

Mais ils ont failli, perdant 40 hommes tandis que 50 de leurs combattants ont été blessés, selon le ministère de la Défense.

La veille, l’un de leurs kamikazes se faisait exploser dans un véhicule militaire piégé devant un bâtiment des services de renseignement à Ghazni (Est), faisant sept morts et des dizaines de blessés.

Jeudi, les talibans avaient également annoncé avoir mené une attaque au camion piégé contre un bâtiment de l’armée afghane à Gardez (est). Au moins cinq civils avaient alors été tués et quinze blessés, d’après les autorités.

3.800 attaques talibanes depuis mars

Des responsables gouvernementaux ont fait état de 3.800 attaques talibanes depuis mars, qui ont fait plus de 1.300 morts et blessés.

La mission d’assistance onusienne en Afghanistan (Manua), dans un rapport paru mardi, a de son côté recensé 208 civils tués en avril par les rebelles, un chiffre en hausse de 25% par rapport à avril 2019.

Les pertes civiles infligées par les forces de sécurité à la population ont de leur côté augmenté de 38% sur un an, avec 172 morts en avril, selon la Manua.

 

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