Les trois djihadistes françaises risquent la peine de mort

24 janvier 2018
Mis à jour: 10 juillet 2019

En Irak, trois Françaises risquent d’être condamnées à la peine de mort. Elles sont accusées d’avoir été membres de Daesch.

Depuis leur capture à Mossoul, en juillet dernier, elles sont incarcérées à Bagdad en attente de leur jugement.

Une mobilisation attendue

La première, âgée de 28 ans et originaire de la région lilloise, est partie en zone irako-syrienne en 2015 avec son mari, qui aurait été tué. Elle est détenue avec sa fille, née sur place.

« On ne sait pas de quoi on l’accuse exactement, quelles sont ses conditions de détention et si elle a les moyens de se défendre », a affirmé son avocat Martin Pradel à l’AFP, déplorant n’avoir « aucun retour du quai d’Orsay » mais « uniquement quelques informations de la Croix Rouge ».

La seconde femme, Melina, 27 ans, originaire de Seine-et-Marne et partie en 2015, est détenue avec son enfant âgé de quelques mois. Ses trois premiers enfants ont été rapatriés. « Nous attendons de la France, si Melina devait être condamnée à mort, la même intensité de mobilisation que celle qu’elle a déployé ou déploie pour les autres Français condamnés à mort, notamment Serge Atlaoui », ont souligné ses avocats Me William Bourdon et Vincent Brengarth.

En effet, les autorités françaises s’étaient beaucoup investies, notamment, via les corps diplomatiques, afin d’éviter l’exécution de Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie où il est toujours, à cette heure, accusé de trafic de drogue au regard de la justice indonésienne.

La peine capitale déjà prononcée

En Irak, d’autres pays sont concernés par l’application de la peine capitale. Dimanche dernier, la justice irakienne a condamné à mort une djihadiste allemande qui avait rejoint l’EI.

Une première pour une femme européenne

En septembre, déjà, l’Irak avait pour la première fois prononcé la peine capitale contre un djihadiste russe. En décembre dernier, un Suédois d’origine irakienne a été exécuté, avec 37 autres personnes condamnées pour « terrorisme ».

Lors de la contre-offensive des forces pro-gouvernementales qui ont réussi à chasser l’EI de tous les centres urbains d’Irak en 2017, le nombre de djihadistes faits prisonniers n’est pas connu officiellement.

Selon une source proche du dossier, quelques dizaines de djihadistes français se trouveraient actuellement dans des camps ou des prisons en Irak et en Syrie, avec plusieurs dizaines de mineurs.

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