François Fillon reconnu coupable et condamné à 2 ans de prison ferme

Par Epoch Times avec AFP
29 juin 2020
Mis à jour: 29 juin 2020

Epilogue provisoire de l’affaire qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle en 2017, l’ancien Premier ministre François Fillon a été condamné lundi à Paris à deux ans d’emprisonnement ferme et à une lourde amende dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope.

Les avocats du couple Fillon, qui avaient plaidé la relaxe lors du procès en février-mars, ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel.

Le tribunal correctionnel de Paris a jugé fictifs les emplois de Mme Fillon comme assistante parlementaire de son époux et du suppléant de ce dernier, Marc Joulaud, et la plupart des emplois d’assistants des enfants Fillon auprès de leur père sénateur. Mais aussi les lucratives activités de conseillère littéraire de Mme Fillon à la Revue des deux mondes du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, proche de M. Fillon.

Les magistrats ont pointé les « manquements » de l’ancien Premier ministre et ancien parlementaire à ses devoirs de « probité » et d' »exemplarité ». Reconnu coupable de détournement de fonds publics et complicité, et complicité et recel d’abus de biens sociaux, il est condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité.

Cette peine n’est pas aménageable, mais en l’absence de mandat de dépôt, M. Fillon, retraité de la politique et reconverti dans la finance, restera libre jusqu’à son procès en appel.

En faisant « prévaloir son intérêt personnel sur l’intérêt commun » dans un but d' »enrichissement personnel », M. Fillon, 66 ans, « a contribué à éroder la confiance » des citoyens, a souligné la présidente du tribunal Nathalie Gavarino.

Son épouse Penelope Fillon, qui avait notamment signé trois contrats d’assistante parlementaire avec son mari député et le suppléant de celui-ci dans la Sarthe, Marc Joulaud, entre 1998 et 2013, est condamnée à trois ans de prison avec sursis, 375.000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité – elle vient d’être réélue conseillère municipale de sa commune, Solesmes.

Jusqu’en début d’après-midi, l’incertitude avait régné sur le rendu de ce jugement en raison d’une demande de réouverture des débats de la défense. Celle-ci espérait rebondir sur de récentes déclarations de l’ancienne cheffe du parquet national financier (PNF) qui a récemment fait état de « pressions » procédurales » de sa hiérarchie pendant l’enquête.

Le tribunal a très brièvement évoqué ces demandes mais les a rejetées tacitement. Les Fillon, arrivés masqués conformément au protocole sanitaire, n’ont pas fait de commentaires à l’issue de l’audience. « Naturellement, cette décision qui n’est pas juste va être frappée d’appel », a réagi l’avocat de François Fillon, Antonin Lévy.

« Il y aura un nouveau procès, c’est d’autant plus nécessaire que, depuis quelques jours, on commence enfin à comprendre ce que nous pressentons depuis 2017, les conditions ubuesques dans lequelles cette enquête s’est déclenchée, les conditions scandaleuses dans lesquelles cette instruction a été ouverte, les conditions surprenantes dans lequelles les investigations ont ensuite été conduites », a-t-il affirmé.

Ce que décrit Mme Houlette, notamment des demandes pressantes de remontées d’informations, n’a rien d’illégal mais a relancé dans le clan Fillon les accusations d’instrumentalisation de la justice et conduit Emmanuel Macron à saisir pour avis le Conseil supérieur de la magistrature.

La défense, qui dénonce depuis trois ans une enquête « à charge » menée en pleine campagne présidentielle, espérait que le tribunal attende l’avis du CSM et la fin de la commission d’enquête parlementaire sur l’indépendance de la justice, devant laquelle s’exprimait Mme Houlette, pour en discuter et statuer.

Donné favori à la présidentielle, François Fillon, chantre de la droite conservatrice, avait finalement été éliminé au premier tour après une campagne minée par cette affaire qu’avait révélée le Canard Enchaîné.

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