L’extension du domaine maritime français, un enjeu d’avenir

2 novembre 2015
Mis à jour: 3 novembre 2015

En appliquant une convention des Nations unies, la France a pu étendre son domaine maritime de 580 000 km² au large de ses territoires d’outre-mer. Grâce à cette extension au-delà de sa zone économique exclusive (ZEE), le pays est devenu en superficie la deuxième zone maritime mondiale après les États-Unis. Source d’une grande richesse, les océans qui constituent la grande majorité de la surface terrestre font partie des enjeux économiques et écologiques majeurs de demain.

La France, deuxième domaine maritime mondial

La France contrôle maintenant la deuxième ZEE du monde avec au total plus de 11 millions de km² de domaine maritime. Le 25 septembre dernier, des décrets publiés dans le Journal officiel ont confirmé l’extension du domaine français au large des îles Kerguelen, de la Guadeloupe, de la Guyane ainsi qu’autour de la Nouvelle Calédonie.

C’est grâce à l’application de la Convention des Nations unies de Montego Bay – autorisant l’extension du contrôle des pays au-delà de leur ZEE de 370 km à 650 km – que l’Hexagone a pu agrandir son domaine maritime de 578 000 km² (soit en tout 11 millions de km²), le plaçant juste derrière les États-Unis (11,35 millions de km2).

Vers une meilleure utilisation des fonds marins

Jeudi 22 octobre, lors du comité interministériel de la Mer (CIMer), le Premier ministre Manuel Valls a souligné l’importance du domaine maritime français. « La mer et les océans sont un atout majeur pour la France, en termes de développement économique et de richesses naturelles, mais également une responsabilité pour l’État et ses services », a annoncé le chef du gouvernement en ajoutant qu’« il faut surveiller et contrôler ce milieu vulnérable et réguler les activités qui s’y exercent ». Le gouvernement a ainsi présenté ses mesures pour le protéger et exploiter ces façades maritimes.

Une importante mesure va concilier les différents usages de la mer pour un meilleur développement de ses ressources. Notamment la définition des conditions d’exploration et d’exploitation, ainsi que la répartition des responsabilités entre l’État et les opérateurs privés.

La modernisation des flottes de pêche en fera partie, ainsi que la rénovation de nombreux points commerciaux maritimes. Ainsi, les départements et les collectivités d’outre-mer bénéficieront d’une stratégie nationale et de budgets alloués pour la modernisation de leurs ports.

L’écologie des milieux marins

Pour certains experts, les milieux marins constituent un atout majeur dans le développement de l’économie durable. Exploitation des courants et de la houle pour la production énergétique, gestion durable des ressources alimentaires, ainsi que développement de l’extraction des minerais enfouis dans le sol.

Pourtant une seule journée sur les 11 prévues à la COP21 sera consacrée au débat sur les océans. Non négligeable, la protection des fonds marins et de la biodiversité marine est d’autant plus d’actualité que les océans assurent la majeure partie de la production d’oxygène.

Les aires marines protégées continuent tout de même de s’accroître. Alors qu’en 2006 seulement 1% de la surface maritime en faisait partie, aujourd’hui cette surface est étendue à 16% et devrait atteindre 20% en 2020, signe de l’importance capitale de la propriété des fonds marins pour en contrôler à la fois leur exploitation durable mais aussi leur protection.

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