L’extrémisme de la Cour suprême laissera les Canadiens dans le pétrin

Par Dan McTeague
1 avril 2021
Mis à jour: 1 avril 2021

La Cour suprême du Canada a statué le 25 mars que le gouvernement fédéral est tout à fait en droit d’imposer une taxe sur le carbone aux provinces, même si les gouvernements dûment élus de ces provinces s’opposent à l’imposition d’une telle taxe.

Leur raisonnement ? La sagesse de Greta Thunberg.

Les juges ne sont pas des scientifiques. Ils ne sont pas des experts en climat. Pourtant, dans cette affaire, les juges ont agi comme s’ils étaient les deux. Je suis surpris qu’ils n’aient pas cité directement Greta avec une déclaration du type « Comment osez-vous ». Mais en fait, c’est ce qu’ils nous ont fait entendre.

La cour a déclaré que le réchauffement de la planète – un terme que même les environnementalistes n’utilisaient pas cet hiver dans l’hémisphère nord, parce que nous avons continué à avoir des vagues de froid – cause des dommages au-delà des frontières provinciales. La Cour a statué que le réchauffement de la planète est donc une question d’intérêt national qui permet au gouvernement fédéral d’invoquer son pouvoir constitutionnel résiduel, qui se trouve dans la clause de « paix, ordre et bon gouvernement » de la Constitution, pour imposer une taxe aux provinces (ou les obliger à avoir eux-mêmes une taxe comparable).

Bien entendu, se comportant comme des propagandistes du Parti libéral, les juges ont déclaré que la taxe sur le carbone n’était pas une taxe. En fait, ils ont dit que la taxe fédérale sur le carbone n’a rien à voir avec une taxe, au sens constitutionnel du terme.

Nous avons déjà entendu ça auparavant. Elle peut ressembler à une taxe, avoir l’air d’une taxe et puer comme une taxe, mais ce n’est pas une taxe, c’est une charge réglementaire. Ne vous sentez-vous pas mieux en voyant la taxe sur le carbone grimper (à partir de la semaine prochaine en Ontario, en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba) par grandes augmentations, jusqu’à ce qu’elle atteigne 170 $ la tonne ?

Comme si cela ne suffisait pas, le tribunal s’est senti obligé d’aller plus loin. Une majorité de juges a noté que toutes les parties au litige – la Saskatchewan, l’Ontario et la Colombie-Britannique – s’accordaient sur la réalité des changements climatiques. Et, faisant un pas spectaculaire dans le monde de la politique, la Cour est allée jusqu’à dire que le changement climatique est causé par les émissions de gaz à effet de serre résultant de l’activité humaine et qu’il constitue une grave menace pour l’avenir de l’humanité. (Bonjour Greta !!)

Cela s’inscrit dans la lignée du célèbre tweet de l’ancien président américain Barack Obama, selon lequel 97 % des scientifiques s’accordent à dire que le changement climatique est réel, causé par l’homme et dangereux. Ce tweet, comme la rhétorique de Greta, comme le raisonnement de la décision de la Cour suprême du Canada, est, pour la plupart, sans fondement.

En grande partie.

Comme je l’ai déjà dit, personne ne conteste la réalité du changement climatique.

Il se produit en permanence.

Ce que les gens contestent (moi y compris), c’est le saut qui est fait entre le fait de dire que le changement climatique est réel et le fait de dire que l’humanité en soit la cause principale. Et des gens (des millions en fait) contestent également l’affirmation selon laquelle ces actions humaines causales sont très dangereuses.

Aujourd’hui, oser soulever de telles contestations équivaut à une trahison.

Cela suscite la rhétorique « Comment osez-vous » de Greta Thunberg et de ses partisans écologistes bien financés.

Elle suscite les critiques dérisoires de ministres bien-pensants, comme le ministre fédéral de l’Environnement Jonathan Wilkinson, selon lesquelles les opposants à leur programme vert radical sont des partisans de la terre plate.

Elle incite à l’utilisation monstrueuse du terme « négationniste » contre quiconque demande pourquoi nous n’adoptons pas le traditionnel doute scientifique.

Et maintenant, cela incitera les intérêts établis à dire : « La cour le dit. »

Tout Canadien qui ose contester la pensée conventionnelle a été intimidé et soumis par les cris des alarmistes.

Et maintenant, ces cris ont été repris comme une vérité par la Cour suprême du Canada.

Une majorité de juges :

– Ne reconnaissent pas que la science est contestée.

– Ne reconnaissent pas qu’il peut y avoir une série d’approches autres que l’imposition de taxes (pardon, de frais réglementaires) pour répondre à toute préoccupation environnementale.

– Ne reconnaissent pas que la compétence provinciale peut en fait être légitime pour répondre à ces préoccupations (parce que, apparemment, le changement climatique est réel et cela exige quelque chose de plus).

– N’ont aucune réserve à s’immiscer dans des questions de conflit de politique publique.

 

Ce que ces juges font, c’est :

– Adopter une position extrême sur une question en litige.

– Approuver la concentration du pouvoir au sein du gouvernement fédéral.

– Signaler que l’imposition continue de régimes fiscaux (pardon, réglementaires) agressifs par le gouvernement élu a maintenant la sanction du pouvoir judiciaire non élu.

Quel monde !

Le gouvernement Trudeau s’est engagé à présenter un budget 25 mois après le dernier, dépense de l’argent à un rythme sans précédent, impose un programme énergétique et environnemental radical dont la portée et l’ampleur sont sans précédent, et compromet notre souveraineté par des engagements ridicules envers l’accord de Paris et l’atteinte de « zéro émission nette », d’ici 2050.

Et maintenant, Trudeau et compagnie ont la sanction du pouvoir judiciaire non élu.

Les Canadiens paieront le prix de tout cela au fil du temps. Les gens finiront par réaliser à quel point nous sommes sur la mauvaise voie, à quel point c’est inutile et coûteux, et à quel point cela nuit aux perspectives de nos enfants et petits-enfants.

Un changement de gouvernement offrirait l’occasion d’inverser l’impact ici – si effectivement un tel changement élirait un gouvernement opposé aux taxes sur le carbone. Le temps nous le dira.

Dan McTeague est un ancien député libéral et le président de Canadians for Affordable Energy.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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