Bataclan : sauveurs et rescapés se recherchent sur les réseaux sociaux

25 novembre 2015
Mis à jour: 10 décembre 2016

Le vendredi 13, les personnes présentes au Bataclan ont vécu l’enfer. Alors que les balles sifflaient, certains s’en sont sortis sous l’aide providentielle d’inconnus, qui leur ont permis de fuir la salle. Sans nouvelles de leurs sauveurs, ils ont entrepris de poster des messages sur les réseaux sociaux.

Et inversement, certains sauveurs cherchent à savoir si les blessés qu’ils ont évacués ont pu s’en sortir. Sous le hashtag #rechercheparis,, ou sur les comptes personnels des réseaux sociaux, les messages affluent de la part des personnes présentes ce soir-là. Certaines recherches sont couronnées de succès, même si parfois, on y apprend le décès d’une personne.

« On tremble, elle de peur, moi de soulagement »

Clem, mari d’Édith, a mis sur son statut Facebook qu’il recherchait un dénommé Bruno, qui a sauvé sa femme au Bataclan. Une « bouteille à la mer » pour espérer remercier en personne celui sans qui sa femme ne serait plus de ce monde.

Dans une lettre au Huffingtonpost, le jeune homme raconte sa soirée du 13 novembre. En apprenant la prise d’otages au Bataclan, il décrit : « Mon corps se met à trembler. Je n’arrive à respirer que par saccades… Mon pouce ne m’obéit plus et je n’arrive pas à manipuler mon iPhone. Ça sonne. Elle ne répond pas. Mon cœur explose ».

Puis, l’attente. Une amie, présente avec Édith, lui indique par la suite l’avoir perdue de vue dans le mouvement de panique. Finalement, quelques heures plus tard, Édith lui téléphonera. « Les lettres apparaissent sur mon téléphone. Je décroche et elle est là, au bout du fil. Elle tremble, on tremble. Elle de peur, moi de soulagement. Elle est en vie ! Elle me raconte les morts, le sang, les copains blessés, le bar transformé en hôpital de fortune et Bruno, l’homme qui lui a sauvé la vie ».

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Plus tard, Clem postera un message sur son compte Facebook. Partagé par plus de 7 000 internautes, il lui permettra de retrouver le sauveur de sa femme.

Une femme enceinte sauvée de justesse

Toujours au Bataclan, une femme prend la fuite alors que les terroristes ouvrent le feu. Tentant de s’échapper par la fenêtre, elle se retrouve finalement suspendue à 15 mètres du sol. Un journaliste du Monde l’aperçoit depuis sa fenêtre et tourne une vidéo. On y voit des personnes fuir le Bataclan, d’autres blessées à terre, parfois traînées pour être mises en sécurité.

Entendant ses cris, un homme vient à son secours. « En bas, c’était le chaos. Je suis passé par l’autre fenêtre et je me suis accroché à une bouche d’aération. À 15 mètres du sol. J’ai tenu cinq minutes puis la femme enceinte, qui n’en pouvait plus, m’a demandé de l’aider à revenir à l’intérieur. C’est ce que j’ai fait », raconte Sébastien. Plus tard, un de ses amis poste un message sur  Twitter et retrouvera Sébastien.

Sans nouvelles d’une femme blessée

D’autres ont eu moins de chance dans leurs recherches. Julien Pearce, journaliste à Europe 1, est sans nouvelles d’une jeune femme, blessée à la fesse et à la cuisse, qu’il a réussi à extraire du Bataclan.

Fuyant par la scène, le journaliste aperçoit une femme blessée perdant beaucoup de sang. Il l’a porte jusqu’à l’angle de la rue Oberkampf et du boulevard des Filles du Calvaire, la laisse ensuite à un taxi, à qui il demande de l’emporter à l’« hôpital le plus proche ».

Sans nouvelles, il postera plus tard sur Twitter : « Tu perdais beaucoup de sang. Tu disais avoir reçu une balle dans la fesse, mais j’ai remarqué que ta cuisse avait été touchée. Tu es jeune, brune, et tu portais un jean et un chemisier. Je ne sais rien d’autre de toi. J’espère que tu t’en es sortie. C’est tout ce que je veux savoir ».

« On va s’en sortir. Respire. Ne regarde pas »

« Si les réseaux sociaux ont une utilité, ce devrait être celle-ci », commence Myriam dans son post de Twitter. Présente au concert des Eagles of Death Metal, elle recherche Audrey, celle qui l’a rassurée et lui a permis de s’en sortir ce soir-là.

« Quand les tirs ont commencé et que la foule a paniqué, nous sommes tombés en bas des escaliers. Elle et son ami sont tombés sur moi et nous avons passés 10-15 minutes à attendre, au milieu des tirs. Audrey m’a probablement sauvé la vie. Parce que pendant tout ce temps, elle a chuchoté à mon oreille : ‘Comment tu t’appelles ? Ça va aller, Myriam. Respire. Respire. Ne bouge pas. Ça va aller. On va s’en sortir. Respire. Ne regarde pas…’ »

« Elle était sur moi, elle aurait pu prendre des balles, et elle n’a pensé qu’à nous rassurer, son ami et moi. Elle m’a maintenue à flots. À la faveur d’un changement de chargeur, elle et son ami se sont levés, me libérant. J’ai couru comme un lapin sans me retourner. »

Remerciements

Dans leur tentative d’échapper aux tirs, certains spectateurs ont pu se hisser sur le toit avec l’aide d’autres. Hélène,sur Facebook,témoigne : « Comment s’y prendre pour remercier ces héros qui ont fait passer nos vies avant les leurs, nous aidant à nous échapper par le puits de lumière donnant sur le toit, incapables pour la plupart d’y arriver seuls… »

Rassemblement commémoratif en face du Bataclan, le 18 novembre. (David Vives/Epoch Times)
Rassemblement commémoratif en face du Bataclan, le 18 novembre. (David Vives/Epoch Times)

D’autres, comme Audrey, ont donné le coup de main qui faisait la différence. Pour l’heure, l’entrée du Bataclan est toujours couverte de grandes bâches. « Vous êtes nombreux à vouloir vous recueillir au Bataclan », notent les tenants de la salle sur leur compte Twitter, mais les policiers « travaillent encore sur place ». Un numéro vert a été mis en place par la préfecture pour récupérer des affaires personnelles ou celles de proches.

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