L’hôpital de Montfavet, privé des bons de carburants du groupe Total, considère cela comme une «humiliation»

Par Emmanuelle Bourdy
25 avril 2020
Mis à jour: 25 avril 2020

Alors que Total avait promis des bons de carburants aux soignants, le groupe pétrolier a refusé de servir les 2 300 agents d’Avignon. Il prétexte que cela est réservé aux soignants qui sont en première ligne. Une « insulte et une humiliation » pour le personnel, a estimé le directeur de l’établissement psychiatrique de Montfavet à Avignon.

C’est Jean-Pierre Staebler lui-même, directeur de l’hôpital psychiatrique, qui en avait fait la demande au groupe pétrolier, ainsi que le relate France Bleu. Mais pour Total, cet établissement n’est pas un hôpital, stipulant que son numéro de SIRET n’est pas correct.

De plus, le groupe pétrolier précise que « ce don s’adresse exclusivement aux EHPAD et aux hôpitaux publics ou privés, disposant de services de réanimation et de soins intensifs, mobilisés en première ligne dans la lutte contre le covid-19. Il s’agit d’une démarche volontaire de solidarité ».

Mais le directeur de l’hôpital de Montfavet ne voit pas les choses du même œil. « C’est insultant pour les personnels de santé. Nous sommes extrêmement choqués. Si Total revient vers nous, ce sera une bonne chose pour les soignants […] Mais nous n’avons pas l’habitude de mendier : les personnels du centre hospitalier ont leur fierté », explique-t-il.

Il ajoute : « Il y a une humiliation et un affront du personnel qui n’a pas compris quand Total nous écrit que le groupe pétrolier ne donne des bons de carburant qu’aux établissements qui traversent une période critique. »

D’autant plus que le coronavirus a infecté de nombreux médecins et infirmières à Montfavet, sans oublier des patients SDF. Ces derniers ont été pris en charge par l’hôpital de Montfavet, sous la demande du préfet. Le directeur de l’établissement assure aussi que son hôpital s’occupe par ailleurs de soutien psychologique à Valreas, Orange et Sorgues.

Le directeur est indigné par de tels agissements et il fait remarquer que ce n’est pas moins de « 200 véhicules qui se fournissent dans les stations Total ». Et même si Total considère que « ce choix d’exclusivité ne remet nullement en cause la reconnaissance par Total de l’engagement d’autres professions de santé dans les circonstances que traverse notre pays », Jean-Pierre Staebler aurait grandement apprécié un geste commercial de la part du groupe pétrolier.

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