L’huile de palme écologique peut être très rentable pour les entreprises

29 juin 2015
Mis à jour: 27 octobre 2015

 

L’huile de palme est présente dans la plupart de nos produits quotidiens : margarine, crème glacée, rouge à lèvres, shampoing, lessive – pour ne citer que quelques uns.

Cette forte demande de production d’huile de palme est la cause d’une déforestation généralisée en Asie du Sud-Est, où les forêts tropicales sont défrichées pour faire place aux plantations de palmiers à huile. Par conséquent, un grand nombreux d’animaux de la région perdent leur habitat naturel et se retrouvent en voie d’extinction.

Entre 2000 et 2010, le taux global de la déforestation dans les régions tropicales de l’Asie du Sud-Est était de 1 % par an, avec certaines zones, comme l’île indonésienne de Sumatra, atteignant près de 5 % lors des périodes les plus hautes.

Face à la pression croissante des groupes écologistes et de l’activisme de certains scientifiques, plusieurs entreprises, comme le géant de l’alimentaire Cargill, se sont engagées à extraire et à produire leur huile de palme de façon durable. Les autres entreprises guettent l’impact financier favorable de ces efforts, avant de se lancer à leur tour. Une récente étude montre que la volonté est déjà là.

Selon un groupe de chercheurs venant de l’Université du Vermont, de l’Université d’East Anglia (au Royaume-Uni), et de la Société zoologique de Londres, les entreprises peuvent faire de bons profits en augmentant le prix des produits issus d’une huile de palme écologique.

Ces chercheurs ont analysé les documents financiers d’une compagnie anonyme de production d’huile de palme qui opérait dans le centre de Sumatra – le coût de revient des terres exploitées, l’impact de ces coûts sur la biodiversité locale et sur les bénéfices de l’entreprise. Ils ont ensuite estimé plusieurs prix premium que la société pourrait appliquer à la vente des produits fabriqués à partir d’une huile de palme qui préserve l’environnement.

Dans l’expérience conduite au sein de quelques supermarchés du Royaume-Uni, et publiée récemment dans le Journal des Sciences de l’Académie Nationale, deux boites de margarine identiques étaient placées devant les clients, l’une présentée à base d’une huile de palme produite en préservant l’environnement, et la seconde produite conventionnellement. La margarine, qui est un produit de grande consommation, a été choisie pour l’expérience, car elle est essentiellement constituée d’huile de palme.
Pour mesurer la disposition des acheteurs à payer plus cher pour des produits écologiques, les chercheurs ont affiché une fourchette de prix.

Des fiches d’informations différentes décrivaient sur chaque échantillon, les efforts environnementaux accomplis : pour le groupe le moins informé, il était simplement marqué que l’achat de la dite margarine contribuerait à la protection des terres de Sumatra, où vivent et chassent les tigres locaux (une espèce en voie de disparition). Pour le groupe moyennement informé, on y ajoutait que sur les 30 dernières années, la population des tigres est tombée à 500 individus aujourd’hui. Le groupe, le mieux informé, recevait les précédentes informations, ainsi que des images des tigres en question.

Photo d’une reconnaissance aérienne de Greenpeace dans le district de l'Est Kotawaringin (province du Kalimantan central sur l'île de Bornéo) en Indonésie prise le 24 février, 2014. Elle montre la déforestation qui frappe la forêt de tourbière. (Bay Ismoyo/AFP/Getty Images)
Photo d’une reconnaissance aérienne de Greenpeace dans le district de l’Est Kotawaringin (province du Kalimantan central sur l’île de Bornéo) en Indonésie prise le 24 février, 2014. Elle montre la déforestation qui frappe la forêt de tourbière. (Bay Ismoyo/AFP/Getty Images)

Les chercheurs ont constaté que les consommateurs étaient prêts à payer entre 15 et 56 % plus cher pour une margarine respectueuse de l’environnement par rapport au prix d’une margarine conventionnelle. Lorsqu’ils recevaient le plus d’information sur les efforts de préservation de la nature (le groupe le mieux informé) les consommateurs étaient disposés à payer plus.

Après avoir croisé les données, les chercheurs ont découvert qu’une plantation de la taille de l’entreprise anonyme (32 000 hectares) pouvait bénéficier d’un gain de 15 %, tout en préservant 6 000 hectares de terres.

La Table ronde sur l’huile de palme écologique (RSPO en anglais)  – qui rassemble des ONG, des fabricants de biens de consommation, des producteurs d’huile de palme et autres – met en place un programme international de certification qui fixera les critères d’une huile de palme au label durable. Mais l’Union des Scientifiques trouve leurs directives trop laxistes et refuse de garantir que l’huile de palme ainsi produite ne détruit pas les forêts.

Pour les petites plantations, fournir les efforts de préservation des terres, et gagner de l’argent en même temps, s’avère beaucoup plus difficile: l’investissement dans la préservation des terres n’est « financièrement pas attrayante » pour les plantations de moins de 10 000 hectares, même si elles vendaient leurs produits à des prix plus élevé.

Les chercheurs ont conclu que les grandes entreprises détentrices de terres à haute productivité seraient certainement plus attirées par l’incitation financière pour s’engager dans la préservation des terres, alors que les petites entreprises ont besoin de conclure des accords de coopération afin d’obtenir les mêmes résultats.

Dans tous les cas, s’engager pour le bien de l’environnement peut être rentable.

Article original : http://www.theepochtimes.com/n3/1403758-efforts-to-produce-palm-oil-sustainably-are-actually-profitable-for-businesses-study-finds

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