Liban: un quotidien vide d’articles pour dénoncer les maux du pays

Par Epoch Times avec AFP
8 août 2019 Mis à jour: 8 août 2019

Un quotidien libanais de renom a publié jeudi une édition vide d’articles, la deuxième initiative de ce genre en moins d’un an, pour dénoncer les blocages politiques à répétition dans ce petit pays du Moyen-Orient.

« Lebanon », pouvait-on lire en blanc sur un fond noir couvrant toute la une du Daily Star, le seul journal en langue anglaise du pays.  Sur dix pages, le quotidien énumère une série de problèmes chroniques auxquels fait face le pays, notamment l‘ »impasse » politique actuelle, la « pollution », le « chômage », la prolifération des « armes illégales » et une « dette publique » colossale.

« Réveille-toi avant qu’il ne soit trop tard! », conclut le quotidien en dernière page avec la photo d’un cèdre, emblème national du pays.  Pour le directeur des pages locales, Joseph Haboush, cette initiative vise à transmettre un message d’alerte à la classe dirigeante.  « Nous voulons avertir les politiciens et les responsables que la situation a atteint un niveau alarmant », a-t-il déclaré.

En octobre dernier, le plus vieux quotidien libanais, An-Nahar, avait publié une édition entièrement vierge pour protester contre la paralysie institutionnelle liée alors au retard dans la formation d’un nouveau cabinet.

  • Le nouveau gouvernement n’a tenu aucune réunion depuis plus d’un mois

Mis sur pied fin janvier au terme de huit mois d’interminables tractations, le nouveau gouvernement n’a plus tenu aucune réunion depuis plus d’un mois en raison d’un incident sécuritaire ayant tué les deux gardes du corps d’un ministre.

Dans un rare commentaire, l’ambassade des États-Unis a mis en garde mercredi contre toute recrudescence des tensions locales à la suite d’une fusillade survenue le 30 juin à Qabr Chmoun dans la région d’Aley (sud).

« Les Etats-Unis ont clairement exprimé aux autorités libanaises leur espoir de voir cette affaire gérée de sorte à faire appliquer la justice », loin des considérations « politiques » visant à enflammer les « tensions sectaires ou communautaires », a indiqué l’ambassade américaine dans un communiqué.

La croissance au Liban s’est effondrée au gré des rebondissements politiques qui ont marqué le pays ces dernières années, exacerbés par le déclenchement de la guerre voisine en Syrie en 2011.

Le pays accueille 1,5 million de Syriens ayant fui le conflit, dont moins d’un million inscrits auprès de l’ONU  et souvent accusés d’avoir exercé des pressions sur un pays déjà en difficulté.  Le Liban est l’un des pays les plus endettés au monde, avec un ratio dette/PIB de plus de 150%, selon le ministère des Finances.

 

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