Libération des otages au Mali : « La contrepartie a été payée chère », indique le président du Burkina Faso

Par Epoch Times avec AFP
15 octobre 2020
Mis à jour: 17 octobre 2020

Le paiement d’une rançon aurait-il été l’élément déclencheur de la libération des otages et de quelque 200 prisonniers djihadistes ?

La libération la semaine dernière de plusieurs otages étrangers et du chef de l’opposition au Mali, en contrepartie de l’élargissement de quelque 200 prisonniers djihadistes, a été « payée cher », estime le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré dans une interview à France 24 et RFI diffusée le 15 octobre.

« La contrepartie a été payée chère », déclare, tout en saluant la libération des otages de la Française Sophie Pétronin, du chef de l’opposition au Mali Soumaïla Cissé ainsi qu’un prêtre et un jeune Italien, tous détenus dans le nord du Mali par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste au Sahel liée à Al-Qaida.

M. Kaboré affirme n’avoir « pas du tout » été au courant des tractations, notamment de la libération du cerveau présumé de l’attaque jihadiste de 2016 à Ouagadougou. « On a suivi les évènements comme tout le monde (…) c’est le Mali qui a décidé de pouvoir gérer cette situation », « c’est une négociation entre l’État malien et le camp des preneurs d’otage », selon le président burkinabè.

Il a par ailleurs estimé que les forces de défense et de sécurité étaient en train de gagner le combat contre les groupes djihadistes au Burkina Faso, et que l’armée française n’intervenait que pour des « opérations à caractère ponctuel ».

Nouvelle série d’attaques jihadistes mercredi

M. Kabore a dans le même temps reconnu qu’une vingtaine de personnes ont été tuées dans une nouvelle série d’attaques djihadistes dans le nord du Burkina le mercredi 14 octobre.

Interrogé sur les exactions contre des civils burkinabè attribuées aux forces de l’ordre ou à des milices de volontaires aidant l’armée, il a notamment démenti les accusations de Human Rights Watch sur le massacre de 180 civils à Djibo, et justifié l’emploi de supplétifs. « L’armée ne peut pas être déployée sur 8000 villages en même temps », a-t-il estimé.

Attaques djihadistes régulières depuis 2015

Frontalier du Mali et du Niger, le Burkina Faso est le théâtre d’attaques djihadistes régulières depuis 2015. Des centaines de personnes ont été tuées cette année dans des dizaines d’attaques visant des civils.

Les violences djihadistes, mêlées à des conflits intercommunautaires, avaient fait au total 4000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, selon l’ONU.

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