L’impact de la suppression des sacs en plastique dans l’Union Européenne

4 septembre 2016 Mis à jour: 4 septembre 2016

Les commerces des pays européens comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni utilisent moins de sacs en plastique en raison d’une directive européenne adoptée en avril 2015 qui est progressivement mise en œuvre dans tous les États membres.

Selon l’Union Européenne (UE), les membres doivent réduire leur consommation moyenne de sac en plastique de 200 sacs par personne en 2015, à 90 sacs en 2019, puis 40 sacs en 2025.

Ils doivent également veiller à ce qu’une taxe soit facturée aux consommateurs pour chaque sac plastique.

La deuxième plus grande chaîne de supermarchés allemande REWE Group (avec plus de 3000 supermarchés en Allemagne) retire progressivement les sacs en plastique de tous ses magasins d’ici cet automne. Ils offrent des sacs en papier, en coton ou en jute, ainsi que des cartons, comme solution de rechange.

« En tant qu’entreprise ayant une orientation claire en faveur du développement durable, nous allons utiliser seulement des matières premières écologique et leurs produits, ce qui contribuera également à diminuer les émissions de CO2. Par conséquent, nous sommes sur le chemin pour éviter, réduire et, enfin, interdire l’utilisation des sacs en plastique », a déclaré Frank Hensel, qui est le directeur général de REWE International AG dans un communiqué de presse.

Grâce à cette initiative, environ 700 tonnes de plastique seront épargnés par an dans les supermarchés REWE, ce qui aidera à baisser les émissions de CO2 de 50%.

L’interdiction pourrait créer des opportunités d’affaires pour les nouvelles entreprises dans le domaine du développement durable des sacs non-plastiques et des conteneurs d’épicerie, car la demande est à la hausse.

D’autres supermarchés allemands regardent aussi pour mettre un terme à l’utilisation de sacs en plastique.

Au Royaume-Uni (R.U.), l’utilisation de sacs en plastique est également en baisse. En 2014, 7 grands détaillants du pays ont distribué 7,6 milliards de sacs. Ce nombre a chuté de façon spectaculaire à 0,6 milliards de sacs entre octobre 2015 et avril 2016, soit une période de six mois.

Quant à la France, l’interdiction des sacs plastiques à usage unique s’applique depuis juillet 2016 à tous les commerces. Mais cela ne concerne ni les sacs épais (plus de 50µm), ni les sacs alimentaires (légumes, poissonnerie, boucherie, fruits..), ni les sacs compostables, selon le site Service-Public.

Par rapport à l’Europe, les États-Unis consomment en moyenne 308 sacs en plastique par personne et par an.

Ni les États-Unis, ni le Canada n’ont des lois ou des directives à l’échelle nationale visant à interdire l’utilisation des sacs en plastique. Mais il existe des initiatives locales en cours dans certains états, comtés ou municipalités.

Au Canada, à l’heure actuelle 6 municipalités ont des interdictions portant sur les sacs plastiques dans les provinces de l’Alberta, du Manitoba et du Québec.

À Toronto, cependant, une interdiction des sacs en plastique à usage unique a été annulée en 2012, peu de temps après sa mise en œuvre. La Convenience Stores Association de l’Ontario (AOSC) a porté plainte sous prétexte que cela nuirait aux petites entreprises, en particulier les épiceries de dépannage.

« Les Torontois ne vont habituellement pas chez les dépanneurs avec des sacs réutilisables. Si les commerçants ne sont plus autorisés à utiliser des sacs en plastique, les acheteurs seront moins enclins à y faire leurs achats, et donc les petits dépanneurs familiaux de Toronto seront les plus touchés », a déclaré Dave Bryans qui est le directeur général de l’AOSC à CBC News.

Le R.U. voit l’interdiction s’appliquer avec succès, car seulement les très grands commerces sont concernés, et les entreprises comptant moins de 250 employés équivalents temps plein sont exemptés.

Aux États-Unis, plus de 100 comtés et municipalités ont interdit l’utilisation des sacs en plastique. La Californie est le premier État à adopter une loi interdisant les sacs en plastique dans les grands magasins de détail en 2014. Cependant, peu après, l’interdiction a été reportée suite à un référendum parrainé par l’industrie du plastique situé hors de l’état.

En novembre, la Californie votera un autre référendum qui à pour but d’interdire les sacs à usage unique en plastique.

La Caroline du Nord et Hawaii ont déjà une interdiction nationale pour les sacs en plastique.

Les interdictions sont de plus en plus nombreuses car les sacs plastiques sont une source importante de pollution dans l’environnement et ils ne sont pas biodégradables. Il leurs faut environ 1000 ans pour se décomposer.

Les déchets en plastique qui ne sont pas recyclés s’accumulent dans l’océan et le sol comme une poussière qui jamais ne se dégrade.

Le Worldwatch Institute indique que seulement 9 % des sacs en plastique sont recyclés aux États-Unis et seulement 26 % en Europe.

Les sacs émettent également des produits chimiques toxiques comme les phtalates, le Bisphénol A, des retardateurs de flamme quand ils se décomposent, alors que simultanément ils absorbent des toxines dangereuses comme les pesticides DDT et les PCB.

Selon Greenpeace, « Au moins 267 espèces différentes sont connues pour avoir souffert d’enchevêtrement ou d’ingestion de débris marins, y compris les oiseaux de mer, les tortues, les phoques, les lions de mer, les baleines et les poissons. L’ampleur de la contamination du milieu marin par des débris en plastique est immense. Ils sont retrouvés flottant dans tous les océans du monde, partout, des régions polaires à l’équateur. »

Les petites particules de plastique, appelées microplastiques, peuvent facilement se détacher des sacs en plastique et sont nocifs pour les poissons et les animaux. Finalement, ils sont également consommés par les humains, sous la forme de produits de la mer ou de l’eau potable.

Selon l’étude réalisée par l’Université belge de Gand, un consommateur de coquillages dans la moyenne européenne est exposé à 11 000 microplastiques par an. Les effets du microplastique sur la santé humaine sont encore inconnus et largement débattus. Mais le bon sens nous conduit à minimiser la consommation d’alimentation non naturelle et indigeste qui contient des toxines.

« Les microplastiques peuvent être si petits qu’ils passent à travers les stations d’épuration des eaux usées. Et parce que ces microplastiques peuvent absorber des produits chimiques, ils peuvent même empêcher les usines de traitement de l’eau d’éliminer les produits chimiques dangereux », a écrit Epoch Times.

Contrairement à de nombreux polluants de l’environnement, les consommateurs peuvent facilement avoir un énorme impact sur celui-ci.

Les sacs en papier sont une alternative facile, tout comme les sacs en plastique réutilisables, à la condition qu’ils soient biodégradables.

Les sacs de coton sont une alternative plus naturelle et pérenne.

Version anglaise: EU Ban on Plastic Bags Making Impact Release of microplastics reduced as consumers turn to eco alternatives

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