L’imposture systémique derrière le mouvement « woke »

Par Victor Davis Hanson
25 juin 2021
Mis à jour: 25 juin 2021

Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles le mouvement woke s’est répandu comme une traînée de poudre une fois que l’Amérique a perdu son esprit collectif pendant la pandémie, la quarantaine, la récession auto-induite et les émeutes de 2020.

Le mouvement woke n’a jamais vraiment porté sur le racisme, le sexisme ou d’autres préjugés. Pour certains, il illustre une pathologie psychologique de projection : le transfert de ses propres préjugés sur les autres afin de les atténuer ou de les masquer.

Faut-il donc rire ou pleurer que la cofondatrice de Black Lives Matter, qui se décrit comme marxiste, puisse être escroc d’entreprise ? Selon un rapport du New York Post, Patrisse Khan-Cullors a accumulé plusieurs maisons de luxe, et l’une de ses fondations n’a pas déclaré certains dons importants au fisc. Est-il possible que plus Mme Cullors professe l’idéologie marxiste et dénonce la blancheur toxique, plus elle se sente à l’aise dans une maison de 1,4 million de dollars dans le quartier chic de Topanga Canyon, en Californie du Sud ?

Prenons le cas du sénateur Sheldon Whitehouse (Parti démocrate, Rhode Island), une icône libérale au franc-parler. C’est l’un des membres du Sénat les plus remuants. Pourtant, M. Whitehouse s’avère être un membre d’un club de plage de facto entièrement blanc, composé d’élites à Newport, Rhode Island. Le sénateur Whitehouse s’est-il engagé, dans l’abstrait, à éradiquer le privilège des Blancs afin de pouvoir concrètement se détendre au milieu d’eux avec d’autres sangs bleus ?

Barack et Michelle Obama s’aventurent occasionnellement hors de leur manoir de plusieurs millions de dollars à Washington, D.C. ou de leur propriété de Martha’s Vineyard pour faire la leçon au pays sur son racisme systémique. Ce genre de sermon permet-il de comprendre que les Obama n’ont aucune envie de retourner dans leur maison de Chicago, une ville où des centaines d’Afro-Américains ont été assassinés en 2020, la plupart par d’autres Noirs ?

Joe Biden fait fréquemment la leçon au peuple américain sur son racisme, et il a déchaîné les bureaucraties du gouvernement fédéral pour éradiquer les soi-disant conspirations suprématistes blanches. La pénitence explique-t-elle la fixation de Biden sur le racisme systémique ? Lorsqu’il condamne les racistes blancs anonymes, son indignation atténue-t-elle l’utilisation par son fils Hunter d’une insulte anti-asiatique dans un SMS de 2019 ?

Le deuxième catalyseur du mouvement woke est la distraction qu’il procure des problèmes effrayants qui menacent la civilisation américaine. Alors que le pays se consume en exigeant une représentation de plus de 12 % d’acteurs noirs dans les publicités télévisées, il approche des 30 000 milliards de dollars de dette nationale. L’encre rouge stupéfiante finira par nécessiter un resserrement de la ceinture en période de récession, une impression monétaire plus inflationniste, ou les deux.

L’administration Biden ne peut empêcher des centaines de milliers d’immigrants d’entrer illégalement aux États-Unis cette année. Presque tous ont besoin de soins de santé, de logement, de nourriture et d’aides juridiques américains gratuits. La criminalité violente augmente à un rythme alarmant. Pourtant, peu de gens osent dire pourquoi – ni comment l’arrêter.

L’Amérique ne semble pas pouvoir faire face à la probabilité que des chercheurs chinois aient conçu un virus à gain de fonction, sous la surveillance de l’armée chinoise et avec des subventions des États-Unis.

Ainsi, au lieu de proposer de véritables solutions à ces crises, nous nous faisons la guerre pour savoir si l’auteur de livres pour enfants décédé Dr. Seuss ou le jouet en plastique Monsieur Patate étaient racistes ou autrement exclusifs.

Lorsque nos élites ne savent rien de la dette nationale, de l’inflation, de l’immigration clandestine, de la criminalité, de la flambée des prix de l’essence et d’une pandémie mondiale, elles se rassurent en se disant qu’elles peuvent au moins supprimer le père Junípero Serra ou abattre une autre statue de Robert E. Lee.

Enfin, les hystéries du woke sont canalisées dans un but lucratif – si elles ne reflètent pas déjà la réalité de la plupart de nos plus éveillés, qui sont les plus riches d’entre nous.

Si Oprah Winfrey, Meghan Markle et LeBron James font un battage médiatique autour des accusations de racisme blanc, c’est notamment pour rappeler à l’Amérique que l’on peut devenir riche comme Crésus tout en restant une victime sympathique.

Pour les escrocs de la nouvelle génération comme Ibram X. Kendi et Robin DiAngelo, affirmer que les États-Unis d’Amérique étaient, sont et seront toujours racistes signifie bien plus que des discours et des ventes de livres. Ils inventent ces pseudo-crises, et ensuite la solution à celles-ci n’est autre que la rééducation massive de Blancs indépendants – avec des honoraires de consultation dispendieux qui leur rapporteront gros, à eux et à des milliers d’autres.

L’Amérique se fait systématiquement arnaquer par ceux qui dissimulent leur hypocrisie, qui manipulent les personnes culpabilisées, qui n’ont aucun intérêt à résoudre les problèmes les plus dangereux de l’Amérique, et qui s’enrichissent ou restent riches en faisant l’apologie d’une Amérique qui a besoin d’un redressement radical.

Victor Davis Hanson est commentateur conservateur, classiciste et historien militaire. Il est professeur émérite de lettres classiques à l’université d’État de Californie, chercheur principal en lettres classiques et en histoire militaire à l’université de Stanford, membre du Hillsdale College et membre distingué du Center for American Greatness. M. Hanson a écrit 16 livres.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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