L’incroyable prémonition d’une catastrophe minière qui aurait pu sauver la vie de 116 enfants

Par Celeste Armenta - La Gran Epoca
11 octobre 2019 Mis à jour: 11 octobre 2019

Les catastrophes dont l’activité humaine est la cause principale se produisent très souvent ces derniers temps. Ça a été le cas d’une population du Royaume-Uni qui a vécu l’une des pires catastrophes minières du XXe siècle, accompagnée de faits mystérieux qui nous laissent plus de questions que de réponses.

Ce 21 octobre marquera le 53e anniversaire de la tristement célèbre tragédie d’Aberfan au Pays de Galles (Royaume-Uni). Le village existait depuis un siècle en 1966, et l’exploitation minière était l’une de ses principales activités. Bien que l’industrie du charbon fût déjà en déclin et que l’industrie pétrolière fût en plein essor, ce village maintenait sa production qui faisait partie de la vie quotidienne, comme le matin où les enfants ont quitté la chaleur de leur foyer pour aller à l’école.

Aucune mère n’imaginait que ce jour-là, qui était aussi le dernier jour d’école avant les vacances scolaires, serait celui de l’une des plus grandes catastrophes minières du Royaume-Uni. À 9 h 15 du matin, une coulée de déchets de charbon, d’eau et de roches a emporté 18 maisons et enterré l’école primaire Pant Glas. 116 enfants et 28 adultes ont péri.

Quelques jours avant la tragédie, plusieurs personnes et enfants d’Aberfan et d’ailleurs au Royaume-Uni avaient déclaré avoir fait l’expérience de rêves où ils avaient pu voir des scènes de l’accident dans le village avant qu’il ne se produise. Mais ce phénomène rare n’aurait pas eu d’autres preuves scientifiques sans le médecin et psychiatre John Barker de l’hôpital de Shelton qui, à l’époque, s’était installé dans le village.

Les secouristes poursuivent leurs recherches pour retrouver les victimes de la catastrophe d’Aberfan dans le sud du Pays de Galles. (Jim Gray/Getty Images)

Quelques heures plus tard, des médias de différentes parties du monde sont arrivés à Aberfan pour rapporter la tragédie, y compris le photographe Chuck Rapoport, qui a documenté ce qui s’est passé dans les jours suivants. Le travail de sauvetage était encore en train de se poursuivre à ce moment-là, car les cris des enfants pouvaient encore être entendus.

« L’esprit des gens qui étaient là ce jour-là était incroyable », a déclaré M. Haggett, un pompier qui travaillait cette journée-là, selon la BBC.

Mais pour le psychiatre, l’histoire était déchirante :

« L’expérience m’a rendu malade », écrivit John. « Les parents qui avaient perdu leurs enfants se tenaient debout dans la rue, stupéfaits et désespérés, et beaucoup étaient encore en train de pleurer », a-t-il ajouté, selon le New Yorker.

Les secouristes de l’école Pantglas Junior d’Aberfan, dans le sud du Pays de Galles, sur les lieux du désastre. (Keystone/Getty Images)

Le psychiatre faisait partie de la British Society for Psychic Research, fondée en 1882, qui a pour objectif d’enquêter sur le paranormal. Et comme si Aberfan l’avait choisi comme porte-parole des prémonitions vécues par les habitants eux-mêmes, John a vécu « plusieurs incidents étranges », où des familles lui ont raconté leurs rêves, a rapporté le même média.

L’un des témoignages est celui de la petite Eryl Mai Jones, âgée de 10 ans à l’époque, qui, quelques jours avant la catastrophe, avait dit à sa mère qu’elle n’avait pas peur de mourir. Dans une publication faite plus tard par le docteur, on peut lire :

« La veille du désastre, elle a dit à sa mère : ‘Maman, laisse-moi te raconter mon rêve de la nuit dernière.’ Sa mère répondit doucement : ‘Chérie, je n’ai pas le temps. Redis-le-moi plus tard. La fillette répondit : ‘Non maman, tu dois écouter. J’ai rêvé que j’allais à l’école et qu’il n’y avait plus d’école là-bas. Quelque chose de noir était tombé partout !' »

Les habitants du village minier gallois d’Aberfan assistent aux funérailles de groupe. (George Freston/Getty Images)

Une semaine après l’accident, John rencontra Peter Fairley, correspondant scientifique du London’s Evening Standard. L’objectif était de lancer une question suggestive dans la rubrique « The World of Science » :

« Quelqu’un a-t-il eu une véritable prémonition avant que le terril de charbon ne tombe sur Aberfan ? »

Le scientifique a reçu 76 lettres racontant les rêves prémonitoires que les gens avaient eus de l’événement d’Aberfan. Il a choisi en particulier les témoignages qui comprenaient des précognitions accompagnées de symptômes physiques et mentaux.

22 octobre 1966 : Des sauveteurs creusent dans les décombres et la boue à Aberfan lorsqu’un terril de charbon imbibé de pluie a englouti l’école, des maisons et une ferme. (Keystone/Getty Images)

L’une d’elles était Kathleen Lorna Middleton, une femme de 52 ans qui vivait à Londres. Elle s’est réveillée à 4 heures du matin le jour même de la catastrophe : « Je me suis réveillée en étouffant, haletante et avec l’impression que les murs s’écroulaient », a rapporté le même média.

Un autre témoignage recueilli est celui d’un homme de 63 ans du Lancashire qui était en train de rêver qu’il essayait d’acheter un livre devant une machine à boutons quand soudain les lettres « ABERFAN » apparurent sur l’écran, un mot qu’il n’avait jamais entendu auparavant.

La veille au soir, une autre femme a rapporté avoir assisté à une réunion de spiritisme et avoir vu « une avalanche de charbon descendant la pente d’une montagne », a indiqué le même média.

Une photo de l’une des victimes de la catastrophe d’Aberfan sur l’une des tombes du cimetière, prise à l’occasion du 50e anniversaire de la tragédie, le 13 octobre 2016 à Aberfan, au Pays de Galles. (Matt Cardy/Getty Images)

Pour sa part, l’écrivain James M. Deem a partagé sur son site Web que Carolyn Miller a avoué avoir eu une vision la nuit précédente :

« Une vieille école nichée dans une vallée, puis un mineur gallois, puis une avalanche de charbon descendant d’un versant de montagne. Au pied de cette montagne de charbon ardent se trouvait un enfant avec une longue frange qui avait l’air absolument terrifié. Puis, pendant un certain temps, j’ai ‘vu’ les opérations de sauvetage se dérouler. J’avais l’impression que l’enfant avait été abandonné et sauvé. Il avait l’air si affligé. Je n’ai jamais pu l’oublier, et avec lui aussi se trouvait l’un des sauveteurs portant une casquette qui avait une visière inhabituelle. »

Ce soir-là, Carolyn a vu à la télévision une émission relatant la tragédie d’Aberfan et elle a pu voir le garçon effrayé de sa vision ainsi que le sauveteur.

Le scientifique a conclu qu’il y avait un « syndrome pré-catastrophe » qu’un fragment de la population a connu, une sorte de « sismographe humain ». Les documents recueillis ont également montré clairement à John que la précognition n’est pas tout à fait inhabituelle et qu’elle pourrait même être aussi courante que les « gauchers », a-t-il déclaré dans le New Yorker.

Cependant, John a reconnu qu’il n’y avait aucun moyen d’avertir les habitants d’Aberfan de la tragédie, et même s’ils avaient été prévenus, il était peu probable qu’ils y aient cru. D’autre part, si une catastrophe est évitée, comment peut-elle générer une vision qui la précède ?

« Théoriquement, il aurait pu ne pas y avoir eu de prémonitions, s’il n’y avait pas eu de désastre », poursuit le médecin.

Croyez-vous en la capacité de la précognition ?

Regardez la vidéo suivante, qui comporte le témoignage des survivants d’Aberfan :

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