« L’Occident est en train de gagner », déclarent les États-Unis à la Conférence de Munich sur la sécurité

Par Ella Kietlinska
17 février 2020
Mis à jour: 17 février 2020

Lors de son discours prononcé le 15 février à la conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a souligné la préservation de la force et de la durabilité du monde occidental malgré les craintes manifestées en Europe.

Plus de 500 décideurs de haut niveau du monde entier se réunissent chaque année en Allemagne à la Conférence de Munich sur la sécurité afin de discuter des politiques de sécurité internationale et de relever les défis auxquels elle fait face. Parmi les participants figurent des chefs d’État, des ministres, des parlementaires, des PDG, des scientifiques et des représentants éminents de la société civile.

Le sujet central de la conférence de cette année était l’affaiblissement de l’Occident et le phénomène appelé « Westlessness » (effacement de l’Occident) dans le Rapport de Munich sur la sécurité 2020, un document officiel préparé pour la conférence de cette année. Dans le monde d’aujourd’hui, constate ce rapport, ce qui a été considéré comme la base de l’Occident – la démocratie libérale, les droits de l’homme, l’économie de marché et l’État de droit – « est de plus en plus contesté », créant à son tour des problèmes de sécurité.

« Le monde devient de moins en moins ‘occidental’… l’Occident lui-même peut aussi devenir moins occidental », précise-t-il.

Par contre, le sujet principal du discours de M. Pompeo a été « L’Occident est en train de gagner ».

« Les nations libres ont tout simplement plus de succès que tout autre modèle qui a été essayé dans l’histoire de la civilisation. Nos gouvernements respectent les droits de l’homme fondamentaux, ils favorisent la prospérité économique et ils nous protègent tous », a-t-il déclaré. L’Occident ne se limite pas à sa situation géographique, car « toute nation qui adopte un modèle de respect de la liberté individuelle, de la libre entreprise, de la souveraineté nationale… [fait] partie de cette idée de l’Occident ».

Pour illustrer ses paroles, Mike Pompeo a mentionné les nombreux réfugiés qui risquaient leur vie pour s’évader en masse par la mer en Grèce ou en Italie, mais pas en Iran ou à Cuba. D’autre part, certains pays asiatiques ont pu sortir de la pauvreté et émerger en tant que leaders économiques mondiaux en adoptant les principes occidentaux – des pays comme la Corée du Sud qui contraste énormément avec la Corée du Nord où règne un régime communiste.

M. Pompeo a également souligné la puissance actuelle de l’économie des États-Unis, se référant au faible taux de chômage, à la hausse des salaires ainsi qu’à la capacité de résistance du système politique du pays.

Le respect de la souveraineté, de la liberté et de la démocratie sont des valeurs essentielles de l’Occident qui lui permettent de gagner, a-t-il souligné.

Il y a cependant des pays qui ne respectent pas la souveraineté et qui peuvent constituer des menaces pour l’Occident, a mis en garde M. Pompeo. Il s’est référé à la Russie, qui a « envahi la Crimée et des parties de l’Ukraine orientale » ; à l’Iran, qui a attaqué des installations pétrolières saoudiennes et envoyé ses troupes dans plusieurs pays du Moyen-Orient ; et la Chine, qui « empiète sur les zones économiques exclusives du Vietnam, des Philippines et de l’Indonésie », et a recours à des « pratiques commerciales déloyales ».

Mike Pompeo a exprimé son désaccord avec les remarques faites ces dernières années par certains dirigeants occidentaux qui « remettaient en question l’engagement de l’Amérique dans l’alliance transatlantique ». Il a également cité les propos du président fédéral allemand Frank-Walter Steinmeier qui a déclaré la veille que « les États-Unis rejettent l’idée d’une communauté internationale ».

En réponse, M. Pompeo a donné des exemples de l’implication des États-Unis dans la lutte, par voie de sanctions et des actions militaires, contre toutes sortes d’attaques et menaces à la souveraineté et la liberté des pays occidentaux.

Les États-Unis offre l’aide militaire également aux pays menacés ou attaqués – par exemple l’Ukraine – ainsi qu’une aide financière et en formation, a-t-il souligné. Ils ont dirigé le combat international pour vaincre le terrorisme de l’État islamique. M. Pompeo a également rappelé que les États-Unis avaient demandé à leurs alliés de l’OTAN d’augmenter leurs dépenses de défense et de participer activement en Europe aux exercices militaires de l’OTAN, cette « alliance défensive ».

Mike Pompeo a aussi annoncé un nouvel engagement des États-Unis à « offrir jusqu’à 1 milliard de dollars de financement aux pays d’Europe centrale et orientale de l’Initiative des trois mers ». L’objectif est de « galvaniser les investissements privés dans le secteur de l’énergie afin de protéger la liberté et la démocratie dans le monde ».

Le président américain Donald Trump et les dirigeants d’autres pays participent au sommet de l’Initiative des trois mers tenu au Château royal de Varsovie, en Pologne, le 6 juillet 2017. (SAUL LOEB/AFP/Getty Images)

L’Initiative des trois mers est un forum au niveau présidentiel qui réunit 12 pays d’Europe centrale et orientale de l’Union européenne – situés entre l’Adriatique, la Baltique et la mer Noire – dans le but de construire un corridor d’infrastructure nord-sud reliant les pays de cette région.

La plupart de ces pays faisaient partie de l’ancien bloc de l’Est communiste, dominé par l’Union soviétique. Leurs infrastructures étaient non seulement sous-développées par rapport à l’Europe occidentale, mais étaient également axées principalement sur les interconnexions est-ouest. Cela constituait un obstacle majeur à la croissance économique de ces pays. En ce qui concerne l’énergie, la région est restée dépendante de la Russie comme seul fournisseur de gaz et de pétrole. Les projets prévus dans le cadre de l’Initiative des trois mers incluent des projets visant à diversifier les sources et les fournisseurs d’énergie des pays de la région.

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