L’Ocean Viking va repartir en mission « le plus vite possible » selon SOS Méditerranée

Par Epoch Times avec AFP
30 août 2019 Mis à jour: 31 août 2019

De retour à Marseille depuis mardi après le sauvetage en mer de 356 migrants, l’Ocean Viking va repartir « le plus vite possible » malgré un contexte difficile, a annoncé vendredi SOS Méditerranée.

Le bateau affrété par cette ONG et Médecins sans frontières, va reprendre la mer « le plus vite possible, c’est une question de jours », a déclaré le coordinateur des recherches et des secours Nicholas Romaniuk lors d’une conférence de presse à bord du navire.

L’Ocean Viking s’est amarré mardi dans le port de Marseille après 23 jours de mer et le sauvetage de quatre canots de fortune en détresse. Les 356 rescapés ont été débarqués au large de Malte, après douze jours d’attente en Méditerranée.

Le fonctionnement de l’Ocean Viking nécessite « 14.000 euros par jour et ce sont essentiellement des citoyens qui financent nos missions », a souligné Sophie Bau, directrice générale de SOS Méditerranée France, qui a cité parmi les postes de dépenses la location du navire, le coût de l’équipage, le fioul ou encore la maintenance.

Au-delà des opérations de sauvetage, le débarquement des migrants crispe les pays de l’Union européenne, dans un contexte de suspicions envers les organisations humanitaires, parfois accusées de faire le jeu des passeurs.

De héros à « complices »: 5 ans d’opérations d’ONG en Méditerranée

En cinq ans d’opérations en Méditerranée, les ONG sont passées de l’image de doux dingues à celle de héros, avant d’être parfois taxées de complicité avec les trafiquants.

L’initiative vient d’un couple millionnaire italo-américain, Christopher et Regina Catrambone: inspirés par le message du pape François contre l’indifférence envers les migrants, ils ont apprêtés à Malte le premier bateau civil pour secourir des migrants devant la Libye.

Au même moment, des bénévoles espagnols et allemands se rendent dans les îles grecques, où les arrivées de réfugiés s’accélèrent. Là, naissent de petites ONG qui se déplacent l’année suivante au large de la Libye. En 2016, l’Aquarius de SOS Méditerranée et MSF entame ses missions, MSF affrête aussi le Vos Prudence et son immense pont, capable d’accueillir un millier de personnes. Proactiva Open Arms, Sea-Watch, Sea-Eye, Jugend Rettet, Save the Children… se lancent à leur tour.

Selon un rapport des garde-côtes italiens, qui coordonnent toutes les opérations, 25% des 180.000 migrants secourus cette année-là le sont par des ONG. Une proportion qui montera à 40% en 2017.

Mais le printemps 2017 est marqué par le début du soupçon. Le procureur de Catane (Sicile), Carmelo Zuccaro, multiplie les déclarations sur des liens entre les passeurs et certaines ONG. Une partie de la classe politique embraye en tirant à boulets rouges sur ces « complices ».

2018, le tournant militant à gauche

Le ministre de l’Intérieur de centre-gauche, Marco Minniti, impose aux ONG un « code de conduite ». Même si, au final, les opérations se poursuivent comme avant. Le réel tournant a lieu à l’été 2017, quand des accords controversés conclus par M. Minniti avec les autorités libyennes provoquent une chute brutale des départs.

Confrontées à de longues périodes d’inaction et aux menaces croissantes des garde-côtes libyens, MSF et Save the Children suspendent leurs opérations, le Moas se tourne vers les Rohingas au Bangladesh.

Ne restent en mer que l’Aquarius et les ONG Proactiva Open Arms, Sea-Watch – qui a racheté le Dignity1 de MSF – et Sea-Eye, rejointes ensuite par Mediterranea, un collectif italien de gauche.

C’est à partir de juin 2018 que leur action prend un tour clairement militant, forçant les frontières maritimes des États européens.

En juillet 2019, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait estimé que les ONG chargées de secourir les migrants en méditerranée « ont pu se faire complices » des passeurs, les appelant à « avoir une attitude responsable ».

Tortures, incestes forcés et abus sexuels frappent en masse presque tous les migrants qui se dirigent vers l’Europe

Selon une étude basée sur des dizaines d’entretiens avec des travailleurs humanitaires et des migrants, les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe sont confrontés systématiquement au viol et à la torture sexuelle tout au long de leur voyage, en particulier en Libye, où les hommes sont presque aussi régulièrement victimes de violences que les femmes.

Un vaste rapport publié lundi 25 mars 2019 révèle les violences sexuelles difficilement imaginables que subissent les migrants qui prennent la route de l’Europe via la Méditerranée. Il évoque notamment des mutilations, des incestes forcés ou de l’esclavage sexuel dans des prisons clandestines libyennes.

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