Loi bioéthique: les députés n’ont pas « à légiférer sur l’amour », selon Mgr Pierre d’Ornellas

Par Epoch Times avec AFP
1 août 2020
Mis à jour: 2 août 2020

Mgr Pierre d’Ornellas, responsable du groupe de travail bioéthique de la Conférence des évêques de France, a critiqué samedi l’adoption dans la nuit par l’Assemblée nationale du projet de loi bioéthique, estimant que les députés n’ont pas « à légiférer sur l’amour ».

Examiné en deuxième lecture par l’Assemblée nationale qui l’a adopté dans la nuit de vendredi à samedi, ce projet de loi doit repasser devant le Sénat en fin d’année ou début 2021. La mesure phare du projet est l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

« Au cours des débats, il a été plaidé que ce projet de loi concernait l’amour dans la famille. Mais les députés n’ont pas à s’immiscer dans cet intime et à légiférer sur l’amour! », a estimé Mgr d’Ornellas.

Dénonçant tour à tour le fait que « ce projet interdit de fait à des enfants d’avoir un père » ou qu’il « établit un égalitarisme entre toutes les femmes au regard de la PMA alors qu’elles ne sont pas dans une situation égale vis-à-vis de la procréation », considérant qu’il « conduit au risque de contourner le principe de gratuité par la nécessité d’acheter des gamètes humains », Mgr d’Ornellas s’interroge: « Les députés sont-ils allés dans le sens de l’histoire ? Leur vote n’est-il pas guidé par une certaine myopie ? ».

« Notre planète si malmenée nous impose d’urgence un virage écologique. L’usage excessif de techniques sur l’être humain (ne) nous obligera-t-il pas de prendre un virage, celui de l’écologie humaine ? ‘Tout est lié’ dans le respect du vivant, qu’il appartienne à la nature ou qu’il soit humain », écrit l’archevêque de Rennes.

« Il s’agit de réfléchir sur la bioéthique en pensant qu’il est question d’une loi civile chargée du ‘bien commun’ pour tous et non de situations particulières », poursuit l’homme d’Église.

« Nous connaissons tous l’une ou l’autre de ces situations (…) dues à des accidents de la vie ou à des décisions individuelles. Même si elles sont parfois difficiles, elles ne sont pas exemptes d’amour, nul n’en doute. L’Église catholique continuera à les accompagner avec respect et sollicitude », assure Mgr d’Ornellas.

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