Loire-Atlantique – Des pompiers dénoncent la multiplication des agressions à leur encontre : « On en a ras-le-bol »

Par Séraphin Parmentier
22 juillet 2019 Mis à jour: 22 juillet 2019

Excédés par les incivilités et les agressions dont ils sont régulièrement la cible, des pompiers nantais ont organisé une manifestation pour dénoncer « l’ambiance délétère » qui les empêche de mener à bien leur mission.

Samedi dernier, une quinzaine de soldats du feu se sont rassemblés devant le château des Ducs de Bretagne pour déployer une banderole et protester contre « l’hostilité et les agressions gratuites » dont ils sont victimes.

« Depuis le 1er juillet, un pompier se fait agresser chaque jour en Loire-Atlantique », soupire Thierry Vogne – responsable du syndicat Sud pour le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Loire-Atlantique. « On en a ras-le-bol de se faire agresser », ajoute-t-il dans les colonnes de Ouest-France.

« Des menaces de morts et des agressions physiques »

Selon le responsable syndical, une quinzaine de plaintes ont déjà été déposées par ses collègues depuis le début de l’année, tandis que trente à quarante pompiers se seraient fait agresser en 2019 « rien que pour le centre de Rezé [une commune de 40 000 habitants située dans la périphérie nantaise, ndlr] ». « C’est énorme ! », observe Thierry Vogne.

« Désormais, on n’a plus en tête uniquement la victime mais on doit aussi prendre en compte l’environnement », explique le syndicaliste. « Hier, c’étaient des insultes. Aujourd’hui, ce sont des menaces de morts et des agressions physiques », poursuit M. Vogne.

« Cette ambiance délétère date déjà d’il y a plusieurs mois, voire de plusieurs années », confient plusieurs pompiers de la caserne de Gouzé – à l‘origine du rassemblement organisé samedi dernier – aux journalistes de Presse Océan.

« Nantes parmi les cinq premières villes les plus violentes »

« Les propos désobligeants voire les menaces de mort proférées à notre encontre étaient déjà monnaie courante. Mais récemment, une intervention a clairement été à deux doigts de dégénérer en affrontement physique. Notre but est de sensibiliser l’opinion. Sait-on qu’une liste officielle classe Nantes parmi les cinq premières villes les plus violentes à l’encontre de ses soldats du feu ? »

Les pompiers qui se sont réunis à Nantes le 20 juillet demandent au maire de la municipalité de prendre les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité. Si la mairie s’est engagée à organiser une réunion d’ici le 20 août, les soldats du feu pourraient toutefois mener d’autres actions d’ici-là.

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