«L’oiseau le plus terrifiant du monde»: le bec-en-sabot du Nil mesure jusqu’à 1,50 m de haut et chasse comme un chef

Par Robert Jay Watson
21 mai 2020
Mis à jour: 21 mai 2020

Alors que la nature ne cesse de nous surprendre par ses interminables déclinaisons, le bec-en-sabot du Nil (Balaeniceps rex) est une créature dont l’apparence est plus sauvage que la plupart. L’énorme taille de cet oiseau africain (il peut atteindre 1,50 m de haut) et son énorme bec en forme de chaussure lui ont valu d’être décrit comme « l’oiseau le plus terrifiant du monde » par la Société Audubon.

L’étrangeté de cet oiseau préhistorique s’annonce déjà lorsqu’on entend son nom, qui lui a été donné à cause de son bec qui est aussi gros, voire plus gros que sa tête.

En plus de leur apparence bizarre, les becs-en-sabot du Nil ne se laissent pas marcher sur les pieds. En fait, en plus des poissons de grande taille, ces échassiers qui chassent dans les marais sont connus pour dévorer les serpents, les anguilles d’eau douce, les lézards du Nil et, plus surprenant encore, les bébés crocodiles du Nil.

(Karel Bartik/Shutterstock)

L’habitat principal du bec-en-sabot du Nil se trouve dans les zones humides d’Afrique centrale, qui s’étendent du nord du Soudan jusqu’au sud de la Zambie. Les oiseaux ont besoin de zones humides peu profondes, avec une végétation qui offre un bon habitat à leurs proies préférées : les poissons et les petits reptiles.

À part leur bec géant, leur comportement de chasse est l’une des caractéristiques les plus remarquables de l’espèce. Les becs-en-sabot du Nil sont célèbres pour se faire passer pour des « statues », se tenant complètement immobiles pendant de longues périodes, les pieds immergés dans l’eau, avant de frapper enfin avec leur puissant bec.

« En s’agrippant à sa proie, l’oiseau commence à balancer sa tête massive d’avant en arrière, renversant tout ce qu’il ne veut pas manger », note la Société nationale Audubon, une organisation environnementale américaine sans but lucratif qui a pour but la conservation de l’environnement. « Lorsqu’il ne reste plus que des dipneustes ou des crocodiles, le bec-en-sabot du Nil procède à une décapitation rapide avec les bords tranchants de son bec. »

(Sam DCruz/Shutterstock)

Comme si tout cela n’était pas assez impressionnant, la taille massive du bec-en-sabot du Nil rend son expression faciale encore plus redoutable. Sa taille moyenne est comparable à celle d’un enfant de 1 à 1,40 mètre, et son envergure est deux fois plus grande. « Cela signifie que lorsqu’un bec-en-sabot déploie ses ailes, il a une envergure supérieure à celle de Shaquille O’Neal (envergure de 2,29 mètres) », notent les experts en safari de l’Ouganda.

Le bec de l’oiseau, qui a la même courbure que les chaussures qui lui donnent son nom, est également extrêmement grand. Alors que le pélican australien (Pelecanus conspicillatus) détient le record du monde Guiness pour le plus long bec, avec une longueur de 34 à 37 cm, le bec-en-sabot du Nil arrive en troisième position, avec une circonférence parfois plus grande que celle de ses congénères pélicans.

(Petr Simon/Shutterstock)
(Marek Mihulka/Shutterstock)

Pour un oiseau qui est par ailleurs très doué pour rester immobile et silencieux, le bec-en-sabot du Nil a une étrange habitude appelée « cliquetis de bec », partagée par d’autres espèces d’échassiers. Ce bruit de mitrailleuse ou de marteau-piqueur est émis par les adultes « lorsqu’ils se saluent au nid, mais les jeunes becs-en-sabot font aussi le bruit de la queue », selon l’organisation Animal Diversity.

Ce mélange unique de caractéristiques fait naturellement des becs-en-sabot du Nil un objet de fascination pour les scientifiques et les ornithologues. Malheureusement, leur docilité envers les humains signifie non seulement que les ornithologues peuvent s’approcher, mais aussi que les braconniers peuvent en profiter.

Ces échassiers ont relativement peu d’autres prédateurs que les humains, qui détruisent leurs habitats dans les zones humides afin de construire ou de canaliser l’eau, ou qui capturent leurs poussins pour en faire des animaux de compagnie exotiques, sans compter les pêcheurs qui pensent que les oiseaux vont nuire à leurs activités. L’Union internationale pour la conservation de la nature les considère comme « vulnérables », avec seulement 3 300 à 5 300 spécimens adultes restants.

(Vaclav Sebek/Shutterstock)

Heureusement, les populations locales de Zambie qui dépendent du tourisme de la vie sauvage, ainsi que l’organisation à but non lucratif African Parks, se mobilisent pour protéger cet échassier unique. Comme le rapporte la Société Audubon, en payant des pêcheurs pour surveiller les populations et garder un œil sur les braconniers, ils ont réussi à aider à sauvegarder les couples reproducteurs et à augmenter la population globale.

C’est une bonne nouvelle pour les observateurs d’oiseaux, mais peut-être une mauvaise nouvelle pour les proies qui ne verront jamais venir ces immenses becs jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

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