L’OMS se soucie de la direction communiste de la Chine, plutôt que des peuples du monde

Par Peter Zhang
18 mars 2020
Mis à jour: 20 mars 2020

La performance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de son directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulève de sérieuses questions ces jours-ci chez les internautes qui ont surnommé l’institution d’ « Organisation de WuHan », car elle semble politiser impunément l’institution et la situation du coronavirus, par le biais de ses efforts pour plaire aux leaders communistes chinois, alors que les dissimulations de Pékin sur le virus du Parti communiste chinois (PCC) se poursuivent.

Pour être juste, l’OMS a déjà un triste bilan d’échecs dans la lutte contre les épidémies mortelles au fil des ans. Par exemple, en 2015, sous la direction de Margaret Chan, soutenue par Pékin, l’OMS a admis qu’ils étaient « mal préparés » à faire face à l’épidémie d’Ebola.

Selon un article du Times, l’OMS a énuméré huit leçons qu’elle a tirées de la crise, notamment « communiquer plus clairement ce qui est nécessaire », et a ensuite proposé neuf solutions pour mieux faire face aux futures épidémies, comme la création d’un « personnel d’urgence sanitaire mondial » doté d’un fonds d’urgence.

Les discours de Pékin

Pourtant, cette fois, l’échec de l’OMS n’est pas uniquement dû à son incompétence, mais aussi à son effort peu subtil pour faire entendre les discours de Pékin dans cette crise du virus du PCC.

Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie COVID-19, de virus du PCC parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

L’OMS a été critiquée dans le monde entier pour s’être fait l’écho de Pékin dans la minimisation de l’importance de l’épidémie au début du mois de janvier. Les experts de la santé du monde entier ont également été consternés de voir que compte tenu des preuves du contrôle draconien de Pékin sur les informations relatives au virus, dont la menace d’arrestation des dénonciateurs médicaux, le directeur général de l’OMS félicitait Pékin pour « avoir amélioré [leur] sécurité » et déclarait une urgence mondiale de santé publique seulement quelques jours après la déclaration d’état d’urgence de Wuhan, l’épicentre du coronavirus, le 23 janvier. À ce moment-là, ce virus mortel avait déjà atteint l’Amérique du Nord et l’Europe.

Craignant d’offenser Pékin, l’OMS a dansé autour de la question pendant des jours avant de finalement baptiser ce virus de Wuhan « COVID-19 ». La lenteur avec laquelle l’OMS a réagi pour mettre en garde le reste du monde contre cette maladie mortelle a provoqué des protestations publiques contre le directeur Ghebreyesus. En quelques jours, plus de 488 000 personnes ont adressé une pétition sur www.change.org pour obtenir sa démission.

Selon le site web de l’OMS, la Chine se classe au 16e rang sur les 20 premiers contributeurs, loin derrière les États-Unis, premier donateur même après la proposition de l’administration Trump de réduire de 65 millions $ le financement à l’OMS. L’influence de Pékin sur l’OMS est cependant visible et dicte de nombreuses mesures critiques.

L’un des actes troublants de l’OMS est sa gestion trompeuse des informations sur son site web à propos du virus de Wuhan. Par exemple, le site web de l’OMS déclarait initialement en anglais : « Les mesures suivantes NE SONT PAS efficaces contre le [virus du PCC] et peuvent être nuisibles : le tabagisme, prendre des remèdes traditionnels à base de plantes, porter plusieurs masques, s’automédicamenter avec, par exemple, des antibiotiques. »

Pourtant, la mise en garde contre la prise de remèdes traditionnels à base de plantes comme mesure se trouve dans les versions française, arabe et russe, mais pas dans la version chinoise. Désormais, cette mise en garde en anglais a également été supprimée.

L’OMS est apparemment consciente des campagnes médiatiques menées par l’État chinois pour promouvoir la médecine traditionnelle chinoise à base de plantes pour lutter contre le virus de Wuhan – la manipulation secrète d’informations et possiblement la désinformation qui s’ensuit à propos d’une pandémie est décourageante, contraire à l’éthique et irresponsable, en particulier non seulement pour les patients touchés mais aussi pour les courageux professionnels de la santé en première ligne dans le monde entier.

Lorsque le Dr Bruce Aylward, sous-directeur général de l’OMS, a affirmé que la façon de gérer le virus de Wuhan par la Chine pouvait être reproduite, il a certainement négligé, voire préconisé, le système d’une société orwellienne, dans laquelle l’État de droit, les droits de l’homme, la transparence et la liberté de la presse font défaut.

Lorsque le Dr Aylward a déclaré à la presse : « Si j’avais [la maladie], je voudrais être soigné en Chine » les internautes chinois se sont immédiatement interrogés sur son ignorance des horribles réalités des installations de quarantaine en Chine. Un internaute a même affiché de façon moqueuse une invitation pour que ce Canadien naïf devienne immédiatement un résident de Wuhan.

Après tout, le virus de Wuhan a été détecté pour la première fois par des médecins chinois en décembre 2019, mais sa divulgation publique a été retardée par Pékin jusqu’au 23 janvier 2020. Selon un rapport de recherche récemment publié par l’université de Toronto intitulé Censored Contagion (contagion censurée), Pékin s’est engagé à censurer les contenus liés au virus de Wuhan sur les plateformes de médias sociaux tels que les populaires WeChat et YY depuis décembre 2019, et continue à restreindre les informations sur la maladie.

Sans contredit, on faisait référence au Dr Li Wenliang, le dénonciateur qui est mort lui-même de ce virus de Wuhan. Selon le rapport de recherche, ce contrôle de l’information peut freiner la communication liée au virus et à la prévention.

Il est irresponsable pour l’OMS, les médias mondiaux et les gouvernements du monde entier d’utiliser sans réserve ni commentaires les données et les statistiques de Pékin, étant donné ses antécédents de falsification de chiffres pendant le SRAS et à nouveau lors de cette épidémie de virus de Wuhan.

Les médias et les gouvernements occidentaux ainsi que l’OMS semblent avoir donné de la crédibilité aux données de Pékin en les citant sans point d’interrogation.

Cette agence internationale semble se concentrer sur les besoins des dirigeants communistes de Pékin plutôt que sur le bien-être de 1,3 milliard de Chinois et de 23,7 millions de personnes à Taiwan.

Le miracle de Taïwan

Au fil des ans, il n’est pas rare que l’OMS mélange la politique et la santé publique. Malgré les efforts rigoureux de nombreux États membres, Taïwan n’a pas obtenu de siège à l’OMS, ce qui l’empêche d’avoir accès aux données et aux ressources de l’OMS. Ce black-out a été particulièrement crucial lors de la crise du SRAS en 2003 et maintenant avec l’actuelle épidémie du virus de Wuhan.

Afin de courtiser Taïwan pour qu’elle adopte « un pays, deux systèmes », la propagande de Pékin décrit même les Taïwanais comme des « compatriotes de chair et d’os », et nos frères et soeurs inséparables. Pourtant, lorsqu’elle est confrontée à des crises sanitaires telles que le SRAS et le virus de Wuhan ou lorsque Taïwan tente d’obtenir une adhésion à l’OMS, cette liaison du sang n’existe plus.

Selon le Dr Chen Chien-jen, épidémiologiste formé à Johns Hopkins et vice-président de Taïwan, on a appris que Taïwan aurait obtenu des États-Unis ses informations sur le SRAS en 2003, car Pékin refusait de lui fournir une quelconque assistance.

Comme l’indique un article de Foreign Policy, « quelque 60 000 vols transportent 10 millions de passagers entre Taïwan et la Chine chaque année. Taïwan a tout intérêt à protéger son propre bien-être et celui du monde entier contre cette dernière menace pour la santé […] cependant, Taïwan a été exclu des réunions d’urgence de l’OMS sur la nouvelle crise du coronavirus ».

Les opérations d’influence de Pékin auprès de l’OMS et d’autres organisations internationales ne sont pas passées inaperçues. Le 14 mai 2019, deux chercheurs du Center for a New American Security ont publié un rapport intitulé République populaire des Nations unies, qui sensibilise les organisations internationales au révisionnisme émergent de la Chine.

Le rapport indique que « la Chine utilise de plus en plus son pouvoir économique, politique et institutionnel pour changer le système de gouvernance mondiale de l’intérieur […] les organisations internationales sont donc devenues une arène de contestation idéologique, dans laquelle l’objectif de Pékin est de faire paraître le régime autoritaire aussi légitime que le gouvernement démocratique ».

En tant que démocratie autonome, Taïwan se trouve à seulement 130 km de la Chine continentale, avec une population de 23,7 millions d’habitants. Le fait que Pékin ait bloqué les efforts de Taïwan pour devenir membre de l’OMS pendant l’épidémie de SRAS a appris à ce pays insulaire à renforcer ses infrastructures de santé publique pour faire face à la prochaine crise.

Dans le même temps, Taïwan a décidé de rejeter le régime communiste continental. Tsai Ing-wen a établi un record historique d’électeurs lors des récentes élections présidentielles – ce qui a démontré la forte volonté du public de maintenir son autonomie par rapport à la Chine continentale, rejetant ainsi le candidat soutenu par Pékin ainsi que la proposition du régime « un pays, deux systèmes ».

Avec plus de 850 000 Taïwanais vivant en Chine continentale et 400 000 autres y travaillant, seul l’an dernier Taïwan a reçu quelque 2,7 millions de visiteurs chinois, ce qui fait de cette île le lieu le plus vulnérable face à l’épidémie du virus de Wuhan.

Pourtant, la transparence, les quarantaines, le respect d’une distance sociale, les mesures de surveillance, l’utilisation de données importantes et un commandement central efficace de Taïwan, selon un article paru le 3 mars dans Stanford Health Policy, se sont avérés des facteurs essentiels pour aider à contenir cette maladie mortelle, avec seulement 45 cas confirmés au 10 mars.

L’étape la plus significative, comme l’ont observé de nombreux experts de la santé, a été la décision rapide du gouvernement taïwanais d’imposer des interdictions de voyage avec la Chine continentale et Hong Kong avant que l’épidémie ne puisse avoir une chance de se propager.

Assurer les intérêts de la Chine

En revanche, la Corée du Sud, le Japon, l’Italie et l’Iran ont été lents ou ont refusé de suspendre leurs vols et ont beaucoup souffert de cette épidémie de virus de Wuhan. Ce n’est peut-être pas une coïncidence si le virus de Wuhan semble suivre certains des intérêts géopolitiques et économiques de la Chine, comme en Iran, en Corée du Sud, au Japon et en Italie.

Bien que la Corée du Sud et le Japon jouissent d’un niveau de santé aussi élevé que Taïwan, tous deux, contrairement à Taïwan, ont cherché à nouer des liens économiques et diplomatiques plus étroits avec cet empire du Milieu communiste.

De nombreuses entreprises sud-coréennes et japonaises travaillent en partenariat avec Pékin, ce qui les rend de plus en plus dépendantes de la Chine. De nombreux Sud-Coréens, voyant les liens croissants de la nation avec la Chine, font maintenant une pétition pour mettre en accusation le président Moon Jae-in à cause de sa position pro-Pékin, l’appelant « le président chinois Moon ».

Il se trouve que l’Italie est le premier (et le seul) pays du G7 à faire partie de la nouvelle route de la soie ou la Ceinture et la Route (BRI) et que sa frontière a été largement ouverte aux ressortissants chinois, même après l’apparition du virus de Wuhan en Europe.

Selon un article publié dans The Guardian il y a neuf ans, rien qu’à Prato, en Toscane, le nombre de résidents chinois avait déjà atteint plus de 50 000 et représentait plus de 30 % de la population de la ville ; 32 % des enfants nés dans le principal hôpital avaient une mère chinoise. Aujourd’hui, l’Italie est confrontée à une communauté croissante d’immigrants chinois qui soutiennent un programme communiste pro-Pékin.

Il est certainement regrettable que la Chine ait livré à l’Italie un virus mortel avant le retour économique promis par la BRI. La récente décision de l’Italie de procéder à un état d’urgence national est arrivée un peu tard, comme l’ont fait remarquer des commentateurs.

En tant que premier partenaire commercial de l’Iran, la Chine a une influence énorme sur l’économie iranienne et sa politique étrangère. L’Iran est du côté de la Chine sur pratiquement tous les sujets à l’ONU et a maintenant été durement frappé par le virus de Wuhan. Certains dirigeants iraniens de premier plan figurent parmi les plus de 7 000 victimes du coronavirus.

Il est triste que de grandes civilisations anciennes telles que l’Iran et la Chine soient aujourd’hui gouvernées par des dictatures sans loi qui se soucient davantage de leur emprise sur le pouvoir que du bien-être de leur peuple.

Pendant des siècles, de nombreux peuples d’Asie ont fermement maintenu la croyance bouddhiste intemporelle de la rétribution karmique – cette idée fait écho, à certains égards, à la tradition chrétienne du « l’on récolte ce que l’on sème ».

Rétrospectivement, le refus de l’OMS d’admettre Taïwan comme membre pourrait être une bénédiction déguisée, car Taïwan a rapidement réagi de son propre chef à l’abri des mauvais conseils de l’OMS, qui se fondent sur des calculs politiques. Comme Shakespeare l’a sagement écrit dans Tout est bien qui finit bien, « Aucun héritage n’est aussi riche que l’honnêteté ».

Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie COVID-19, de virus du PCC parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

Peter Zhang concentre ses recherches sur l’économie politique en Chine et en Asie de l’Est. Il est diplômé de l’université d’études internationales de Pékin, de la Fletcher School of Law and Diplomacy et du programme Mason de Harvard Kennedy School.

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