L’ONU autorise la Chine à brûler du charbon pendant une décennie de plus qu’en Occident

Par Daniel Khmelev
8 septembre 2021
Mis à jour: 8 septembre 2021

L’Organisation des Nations unies (ONU) a été critiquée pour avoir donné à la Chine l’autorisation de continuer à alimenter ses centrales au charbon jusqu’en 2040, alors qu’elle a obligé les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Australie et d’autres pays développés et démocratiques de l’OCDE à mettre fin à utilisation de charbon d’ici 2030.

Selwin Hart, le sous-secrétaire général de l’ONU pour l’Équipe de soutien sur les changements climatiques, a dévoilé lundi la nouvelle feuille de route pour le climat qui fixe un délai strict aux pays développés pour éliminer le charbon.

Pourtant, bien qu’elle soit le plus grand producteur de gaz à effet de serre au monde, la Chine ne figure pas parmi les pays soumis à ce strict délai de 2030.

Vue aérienne d’une récente grande centrale au charbon construite dans la ville de Dezhou, province chinoise du Shandong (chungking/Adobe Stock)

La décision de l’ONU a été critiquée dans différents pays. Par exemple, le sénateur australien Matt Canavan a déclaré que le traitement inégal de l’ONU envers la Chine – le plus grand émetteur du dioxyde de carbone (CO2) au monde – était hypocrite, et il a accusé cette organisation internationale d’essayer de subvertir l’économie de son pays.

« Cette semaine, les Nations unies ont dévoilé leur vraie stratégie », a-t-il révélé à Epoch Times le 7 août. « Il ne s’agit pas de changer le climat, mais de changer notre société. »

L’influence de Pékin au sein de l’ONU a également suscité des inquiétudes. En tant que l’un des 5 membres permanents du Conseil de sécurité doté du droit de veto, la Chine est le principal bailleur de fonds de l’ONU, ayant alloué 350 millions de dollars dans son dernier budget pour 2021.

M. Hart a fait écho aux propos d’Antonio Guterres, le Secrétaire général de l’ONU, qui a déclaré en mars dernier que l’élimination progressive du charbon était « la mesure la plus importante que le monde doit prendre » pour lutter contre le changement climatique.

Cependant, le 7 août, le député australien Joel Fitzgibbon a expliqué à la chaîne Sky News Australia que le délai de 10 ans fixé par l’ONU à son pays démontrait une « mauvaise compréhension de l’Australie, de notre économie et de nos marchés ».

L’industrie de charbon est un important fournisseur d’emplois et le charbon a également constitué près de 16 % d’exportations d’Australie au cours des cinq dernières années. De plus, comme l’a souligné M. Fitzgibbon, la transition accélérée de son pays vers la production d’énergie renouvelable nécessite le soutien de l’énergie du charbon pour assurer sa sécurité énergétique. Il a également indiqué qu’un pourcentage important du charbon australien était destiné à soutenir d’autres pays, notamment la Chine, avant la guerre commerciale lancée par Pékin.

« Quatre-vingts pour cent de notre charbon est exporté vers nos partenaires en Asie, y compris les pays en développement comme l’Inde et la Chine », a-t-il précisé. « Nous ne pouvons pas arrêter d’exporter du charbon, nous ne devrions pas arrêter d’exporter ; nous faisons ce que nous devons faire ici en Australie. »

Le Premier ministre australien Scott Morrison avait également accusé la Chine de produire plus d’émissions que l’ensemble des pays de l’OCDE. Il est à noter que, en tant que premier émetteur du dioxyde de carbone au monde, la Chine produit plus de CO2 en 16 jours que l’Australie en un an.

Le dernier rapport de Global Energy Monitor indique que, seulement en 2020, la Chine construisait en moyenne une grande centrale au charbon par semaine et que la capacité totale de ses nouvelles centrales dépassait de plus de trois fois la capacité de celles construites dans le reste du monde. La capacité des centrales au charbon a augmenté de 29,8 gigawatts (GW) en Chine, tandis que dans le reste du monde elle a diminué de 17,2 GW.

En même temps, la capacité des projets de ces centrales lancées en Chine dépassait de plus de cinq fois la capacité des projets lancés dans tous les autres pays.

Le rapport indique également que la capacité totale des centrales au charbon en développement en Chine s’élevait à 247 GW – soit environ six fois plus que la capacité totale de ces centrales existant en Allemagne (42,5 GW).

La date limite climatique fixée par les Nations unies fait partie d’une nouvelle feuille de route visant à accélérer les efforts de réduction des émissions à la suite d’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’ONU affirmant que « l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres ».

Cependant, l’examen du rapport par des pairs, publié peu après sa parution, accuse le GIEC d’avoir choisi des données de manière sélective et d’avoir ignoré les modèles qui incluent les effets de l’intensité du rayonnement solaire sur les températures mondiales.

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