L’organisateur d’un ultramarathon en Chine n’a pas protégé les coureurs dans des conditions météorologiques extrêmes ; 21 personnes sont mortes

Par Nicole Hao
25 mai 2021
Mis à jour: 25 mai 2021

Vingt-et-un coureurs d’ultramarathon, dont les champions de marathon de Chine, sont morts lors de la course de montagne de Gansu à cause des conditions météorologiques extrêmes, a annoncé le régime communiste chinois le 23 mai.

Liang Jing, 31 ans, détenteur du record d’ultramarathon de Chine, Huang Guanjun, 34 ans, vainqueur du marathon masculin pour les malentendants aux Jeux paralympiques nationaux de 2019 en Chine, et les meilleurs ultramarathoniens Huang Yinbin et Cao Pengfei figurent parmi les victimes.

« Tous les coureurs d’ultramarathon d’élite sont morts », a écrit un internaute chinois sur Weibo le 23 mai.

Les victimes faisaient partie des plus de 170 coureurs qui ont pris le départ de la course de 100 kilomètres, soit l’équivalent de près de deux marathons et demi, sous un soleil radieux le 22 mai. Mais le temps a tourné au vinaigre, avec de la grêle, des vents violents et des températures en chute libre qui ont semé le chaos parmi les coureurs, qui étaient vêtus de manches courtes et de shorts et n’avaient pas accès à des vêtements chauds ou à de la nourriture.

Ces décès ont suscité l’indignation du public quant à l’absence de plan d’urgence.

« C’est décidément une catastrophe causée par l’homme ! » a commenté un internaute chinois de la province du Guangdong, à la suite d’un reportage sur la déclaration officielle du 23 mai.

« Ces 21 personnes sont mortes de froid ! » Le média chinois The Economic Observer a écrit dans un commentaire demandant au régime chinois de réfléchir à cette tragédie. « Si l’organisateur peut installer une tente médicale tous les 5 kilomètres, la catastrophe peut être évitée dans une large mesure. »

La tragédie

L’ultramarathon de Gansu est organisé au Yellow River Stone Forest Park dans la ville de Baiyin, dans la province de Gansu (nord-ouest de la Chine) par le gouvernement local, ainsi qu’une course de 5 kilomètres et une autre de 21 kilomètres. La course se déroule à une altitude de 1 500 à 2 000 m au-dessus du niveau de la mer, selon l’annonce officielle. La course a débuté à 9 heures le 22 mai, et l’organisateur a estimé que tous les athlètes pourraient terminer la course le deuxième jour.

« Vers midi, la section de la course en haute altitude, entre 20 et 31 km, a été soudainement affectée par une météo désastreuse », a déclaré le maire de Baiyin, Zhang Xuchen, lors d’une conférence de presse le 23 mai. « En un court laps de temps, des grêlons et des pluies verglaçantes sont soudainement tombés dans la zone locale, et il y avait des vents forts. La température a brusquement chuté. »

Un coureur participe au marathon international de 100 km Guizhou Tour of Leigong Mountain à Danzhai, dans la province chinoise du Guizhou (sud-ouest), le 17 novembre 2019. (STR/AFP via Getty Images)

Trois coureurs survivants ont présenté un tableau plus complet dans une interview accordée le 23 mai au journal d’État The Time Weekly.

Les 172 athlètes qui ont participé à l’ultramarathon sont tous des coureurs professionnels, car « la course de montagne doit être terminée en 20 heures. Les non-professionnels ne peuvent pas du tout y arriver », a déclaré Gao Shuang au journal.

Il y avait du vent et des nuages en début de matinée, mais l’organisateur n’a pas suggéré aux coureurs d’emporter des vêtements plus chauds, comme des vestes d’extérieur.

« Le temps n’était pas bon quand nous avons commencé. Mais j’ai suivi les autres parce qu’ils ont continué à courir », a raconté Feifei (un pseudonyme) à l’hebdomadaire. « À 13 heures, la pluie est devenue plus forte et le vent risquait de m’emporter à tout moment. »

Les meilleurs coureurs se trouvaient dans la phase entre la station CP2 et CP3 de la course, qui « est la partie la plus difficile. Elle fait environ huit kilomètres de long, mais l’altitude a augmenté de 1 000 mètres. La route est très raide, mélangée avec des rochers et de la boue. Nous avons dû utiliser nos mains et nos pieds pour grimper », a raconté Gao.

Li Liang (un pseudonyme) se trouvait entre les stations CP1 et CP2 et faisait partie des coureurs qui ont décidé de quitter la course dès que le temps s’est dégradé. Il a couru jusqu’au CP2, où il pouvait trouver de l’eau chaude et de la nourriture le plus rapidement possible.

« La pluie frappait mon dos comme des aiguilles. Nous (les coureurs du CP2) avons partagé nos inquiétudes et avons décidé d’abandonner. »

Des touristes chevauchent des chameaux dans le Gobi, près de la célèbre attraction touristique du col de Jiayuguan, dans la province chinoise du Gansu (nord-ouest), le 13 octobre 2005. (Liu Jin/AFP via Getty Images)

À ce moment-là, Gao était au milieu, entre le CP2 et le CP3, avec de nombreux meilleurs coureurs devant lui. Il n’a pas abandonné car il n’a pas reçu l’avis de l’organisateur indiquant que la course devait être arrêtée, et il voulait gagner.

Cependant, Gao a rapidement changé d’avis à cause du froid.

« Mes dix doigts ont perdu toute sensation. J’ai mis mon doigt dans ma bouche, mais ma langue était froide aussi », a déclaré Gao. Il a décidé de retourner au CP2 car « même les motos ne peuvent pas traverser la route, donc il n’y a pas de supplément au CP3. »

Sur le chemin du retour au CP2, Gao a rencontré de nombreux coureurs qui semblaient proches de la mort.

« J’en ai vu un grand nombre allongés sur le sol qui ne pouvaient plus se tenir debout. Environ six ou sept d’entre eux avaient de la mousse blanche dans la bouche. »

Gao a dit qu’il était triste de ne pas pouvoir aider les autres parce que lui-même était presque gelé et avait peu d’énergie pour continuer.

« Les coureurs qui ont été secourus étaient ceux qui étaient encore conscients et pouvaient revenir à pied par eux-mêmes », a déclaré Feifei. Il est retourné secourir les autres après s’être réchauffé.

La course a été annulée à 14 heures le 22 mai, mais il était déjà trop tard.

Dans l’après-midi du 23 mai, la Ville de Baiyin a annoncé qu’en plus des décès, 8 coureurs avaient été blessés et hospitalisés, tandis que d’autres avaient été secourus sur le parcours.

Le célèbre Peng Jianhua après avoir franchi la ligne d’arrivée pour remporter la première place dans la catégorie des hommes lors du semi-marathon de Pékin 2021 sur la place Tiananmen à Pékin, le 24 avril 2021. (Lintao Zhang/Getty Images)

D’origine humaine ou naturelle

Le 23 mai, les médias d’État ont tenté d’expliquer que la catastrophe était due aux conditions météorologiques et que les prévisionnistes s’étaient trompés. Cependant, un grand nombre d’internautes chinois ont commencé à mettre en doute la préparation des organisateurs.

L’Economic Observer a comparé l’ultramarathon du Gansu à d’autres courses de fond. Lors du marathon du désert de Gobi, en Mongolie, les organisateurs avaient préparé des pastèques et d’autres aliments et boissons pour les athlètes en cours de route. Mais dans le Gansu, les athlètes n’ont rien eu pendant la majeure partie de la course.

L’article souligne que la météo locale est instable au printemps et que les organisateurs savent pertinemment que certaines parties de la course ne peuvent être atteintes par aucun véhicule. Cependant, ils n’ont pas non plus prévu d’hélicoptères de réserve.

Le 23 mai, le média privé Kuai Tech a rapporté que le berger Zhu Keming, qui gardait des chèvres à proximité, a allumé un feu dans une grotte dont il était propriétaire, et a sauvé 6 coureurs en les déplaçant dans la grotte chaude et en les couvrant de couettes.

L’Economic Observer a suggéré que le régime organise la compétition de manière professionnelle.

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