L’origine du Covid-19, le laboratoire de Wuhan et les étiquettes de conspiration : on ne trouvera des réponses que si l’on pose des questions

Par Brian Giesbrecht
2 juin 2021
Mis à jour: 3 juin 2021

Au printemps dernier, le diffuseur national canadien Canadian Broadcasting Corporation (CBC) a mené une vaste campagne d’attaques contre Epoch Times, son concurrent médiatique qui monte en popularité.

Bien que la CBC ait diffusé de nombreuses « informations » sur le sujet, la principale attaque a eu lieu dans un article paru sur son site le 29 avril 2020 sous le titre original « Racist and inflammatory’: Canadians upset by Epoch Times claim China behind virus, made it as a bioweapon » (Raciste et incendiaire : les Canadiens sont contrariés par Epoch Times qui prétend que la Chine est derrière le virus créé comme une arme biologique). Ce titre déformait énormément le contenu de l’édition spéciale publiée par Epoch Times.

La CBC a diffusé à plusieurs reprises les affirmations erronées d’un facteur anonyme qui aurait indiqué ne pas vouloir livrer un journal qui affirmait que le virus faisait « partie d’un programme de guerre biologique mené par le peuple chinois ». Déjà cette affirmation était erronée : Epoch Times mettait l’accent sur le régime communiste et non sur le peuple chinois. De plus, les présentateurs de la CBC ont affirmé à plusieurs reprises qu’Epoch Times propageait des théories du complot – et ce, du fait que le journal avait osé poser la question si le virus pouvait provenir d’un autre endroit que le marché de Wuhan – le seul endroit possible de sa provenance déclaré par la CBC.

Epoch Times a été fustigé pour avoir propagé des « théories du complot » et qu’il ne fallait pas lui faire confiance. En fait, parmi les nombreux articles de l’édition spéciale de ce journal, un article d’opinion avait simplement suggéré qu’il fallait mener une enquête sur l’origine de la pandémie, sans que rien ne soit exclu. Cela a suffi pour s’attirer les foudres de la CBC qui a par la suite publié une correction opaque de son titre trompeur, en particulier par rapport à l’accusation manifestement incorrecte au sujet d’une « arme biologique ». Cependant, le mal était fait, et Epoch Times a été présenté comme un pourvoyeur de « théories du complot ».

Au même moment, la ministre canadienne de la Santé Patty Hajdu a réprimandé un journaliste qui a eu le courage de demander s’il était possible que la Chine ne soit pas tout à fait honnête quant au nombre de ses décès du Covid-19. Mme Hajdu a accusé le journaliste « d’alimenter des théories du complot ». Aucun journaliste n’a même osé poser la question sur le lien possible entre le virus et le laboratoire de Wuhan.

La même approche a été adoptée également par les grands médias aux États-Unis et en Europe. Tout ce qui suggérait que le virus ne provenait pas du « marché d’animaux de Wuhan » était considéré comme une théorie du complot de l’extrême droite. Cela était lié à la stratégie anti-Trump – qui estimait le laboratoire de Wuhan être à l’origine de la pandémie – des grands médias américains, suivis par leurs confrères d’autres pays. À ce moment-là, la mise en œuvre de cette stratégie leur était plus importante que toute recherche de la vérité.

Cependant, aujourd’hui, ces forces établies au pouvoir ont soudainement changé d’avis et ont décidé que poser des questions légitimes sur la possibilité de la provenance du virus d’un laboratoire ne signifiait plus « alimenter les théories du complot ». En fait, une telle possibilité était l’objet d’un questionnement légitime depuis le début. Il a juste été jugé inacceptable parce qu’il entrait en conflit avec la stratégie politique de certains.

La question sur les origines du virus n’est qu’un exemple des questions liées à la science qui ont été tout simplement déclarées interdites. Les conclusions et recommandations scientifiques relatives à la propagation du virus ont également été perverties à des fins politiques. Cela n’a jamais été aussi évident que lorsque les manifestations et les émeutes d’Antifa et de Black Lives Matter (BLM) ont commencé et que des centaines de milliers de personnes ont été autorisées à se rassembler sans que les gouvernements ne réagissent, alors que d’autres rassemblements ont fait face à une condamnation publique, à une répression policière et à de fortes contraventions.

En Amérique du Nord, certains politiciens se sont même joints aux manifestations de BLM au mépris des règles de distanciation sociale. C’était le cas, par exemple, de Gretchen Whitmer, la gouverneure du Michigan, ou de Justin Trudeau, le Premier ministre du Canada. Ce dernier s’est exprimé de manière moralisatrice au sujet des gens qui mettaient les autres en danger en ne restant pas chez eux, puis a participé à une grande manifestation de BLM sur la colline du Parlement à Ottawa. La vraie science a été écrasée par le poids lourd politique.

En même temps, Facebook, Twitter et YouTube étaient occupés à fermer tous les sites qui suggéraient, même légèrement, que le virus pouvait provenir de Wuhan. Cependant, il était clair que le fait que le laboratoire de virologie le plus important en Chine se trouvait à Wuhan, et que les scientifiques chinois se vantaient d’être les leaders mondiaux des expérimentations sur les virus provenant de chauves-souris, méritait bien une enquête.

Nous savons maintenant que la possibilité que le Covid-19 provienne de l’Institut de virologie de Wuhan n’était pas du tout une « théorie du complot ». Le fait que toutes les enquêtes sur l’hypothèse que ce virus aurait pu s’échapper du laboratoire aient été brusquement arrêtées est, par lui-même, bien étrange et probablement plus proche d’une vraie conspiration.

Bien que les preuves les plus probables semblent désigner le laboratoire de Wuhan comme la source du virus, nous ne savons pas comment ce virus est apparu. Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais nous aurions dû avoir la possibilité de discuter de cette question.

Ce droit nous a été refusé, et pas seulement par des gens comme les responsables de la CBC ou Patty Hajdu qui n’ont joué qu’un rôle mineur – mais encore bien plus par CNN, Facebook, Twitter, YouTube, le New York Times et autres grands médias, les politiciens du parti démocrate américain et autres politiciens « progressistes », ainsi que par tous les autres organes qui contrôlent aujourd’hui le discours en Occident. Des comptes sur des réseaux sociaux ont été supprimés, des gens qui réfléchissaient ont été qualifiés de « théoriciens du complot » et des carrières ont été ruinées tout simplement parce que des personnes haut placées – nous ne savons pas exactement qui – ont décidé que le sujet ne pouvait être discuté.

La même censure et les mêmes mesures ont été appliquées à beaucoup d’autres questions autour du virus. Est-ce que les masques faciaux sont utiles ? Est-ce que le traitement avec l’ivermectine ou l’hydroxychloroquine est efficace ? Est-ce que les mesures de confinement sauvent des vies ou les prennent ? Est-ce que les personnes précédemment infectées doivent se faire vacciner ? Est-ce que les enfants doivent être vaccinés ? Il y a des milliers de questions scientifiques ou quasi scientifiques légitimes qui doivent être posées.

Ce n’est que lorsque les manifestations et les émeutes d’Antifa et de BLM ont commencé à la suite de la mort de George Floyd en mai 2020, qu’il est devenu évident – pour tous sauf les plus crédules d’entre nous – que la science avait été submergée par la politique. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue ; et, avant et après leurs actions, elles se sont rencontrées dans des cafés et des appartements et ont socialisé les unes avec les autres – et ce, sans aucune réplique des mêmes autorités qui avaient menacé les gens de sanctions pénales s’ils osaient ne serait-ce que d’aller à l’église avec les autres.

C’est à ce moment-là qu’il est devenu très clair que la science avait été corrompue par la politique. La pandémie a causé de grands dommages à de nombreuses institutions, mais probablement aucune n’a été endommagée aussi sérieusement que la science. Il n’y a probablement jamais eu une aussi grande méfiance à l’égard des médecins et des scientifiques qu’aujourd’hui, et ce, pour de bonnes raisons.

Il est peut-être temps de se demander en quoi consiste la recherche scientifique. Est-ce que la science est vraiment censée être contrôlée par le PDG de Facebook Mark Zukerberg, le PDG de Tweeter Jack Dorsey, les dirigeants de CNN, du New York Times ou de CBC et refléter ce qu’ils considèrent comme politiquement opportun sur le moment ? Est-il vraiment judicieux d’ériger en une sorte d’oracle une personne aussi imparfaite que le Dr Fauci – la personne la plus écoutée sur le Covid-19 par l’administration américaine ? Ou la science vaut-elle plus que cela ?

La révolution scientifique qui a débuté en Europe il y a environ 600 ans n’aurait pas eu lieu s’il y avait eu déjà la sorte de cabale d’aujourd’hui – une cabale composée de nababs de la haute technologie, des médias et de la politique qui peuvent interdire unilatéralement les questions qui ne les arrangent pas. L’exemple du laboratoire de Wuhan en est une parfaite illustration.

Toutefois, cette alliance de censure entre le secteur high-tech, les médias et les politiciens n’est pas prête à changer. Alors, que faut-il faire ?

En fait, c’est ce qui est en train de se produire. Le fait qu’Epoch Times posait des questions sur les origines du virus en dépit des mesures de censure est un exemple de ce qu’il faut faire. Des centaines d’autres sites d’information indépendants en sont également des exemples. Les gens doivent continuer à poser des questions en dépit des efforts des « tout-puissants » qui voudraient les faire taire.

Est-ce que le virus provenait du marché ou du laboratoire ? S’il provient du laboratoire, a-t-il été propagé accidentellement ou intentionnellement ? Est-ce que les scientifiques chinois ont essayé de cacher les résultats de leurs recherches sur le « gain de fonction » – modifier les virus pour les rendre plus infectieux et plus mortels – lorsque leurs expériences sont devenues réellement meurtrières ?

Nous ne connaissons pas les réponses à ces questions et à bien d’autres encore. Mais nous ne pourrons trouver les réponses que si nous pouvons poser les questions.

Brian Giesbrecht est juge à la retraite et chercheur principal du groupe d’experts canadien Frontier Centre for Public Policy.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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