L’UE lance un programme pour contrer la « diplomatie de la dette » du régime chinois

Madame Von der Leyen dénonce le recours au travail forcé du régime chinois : les droits de l'homme ne sont pas à vendre, quel qu'en soit le prix
Par Emel Akan
20 septembre 2021
Mis à jour: 20 septembre 2021

L’Union européenne a annoncé le 15 septembre qu’elle mettait en place un nouveau programme d’investissement appelé « Global Gateway » afin de rivaliser avec le programme de développement controversé de la Chine, l’Initiative ceinture et route (ICR) aussi appelée la nouvelle route de la soie, qui a accablé de nombreux pays pauvres d’une lourde dette.

Dans son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a précisé que le nouveau programme serait « un modèle » pour les futurs investissements et projets de l’Europe dans le monde.

« Nous sommes performants dans le financement des routes. Mais cela n’a pas de sens pour l’Europe de construire une route parfaite entre une mine de cuivre appartenant à la Chine et un port appartenant à la Chine », a-t-elle déclaré aux législateurs du Parlement européen.

« Nous devons devenir plus habiles lorsqu’il s’agit de ce type d’investissements. »

La Chine est un État à parti unique depuis l’arrivée au pouvoir du Parti communiste chinois en 1949. Jusqu’à ce que l’administration Trump commence à contester le régime pour son mépris du droit international et ses violations généralisées des droits de l’homme, l’Occident, pendant plus de 40 ans, s’est engagé au côté de la Chine dans l’espoir que le régime communiste libéraliserait le pays.

C’est le contraire qui s’est produit.

Face à l’évolution de la situation mondiale, Mme von der Leyen a expliqué que l’UE avait affiné son approche et souhaitait investir dans des « infrastructures de qualité » dans le cadre d’une « approche fondée sur des valeurs, offrant transparence et bonne gouvernance » aux autres pays.

« Nous voulons créer des liens et non des dépendances », a-t-elle ajouté.

Son annonce est intervenue après l’engagement pris en juin par les dirigeants du Groupe des Sept (G-7) de fournir une « alternative démocratique » à l’ICR pour combler le déficit d’infrastructures dans les pays pauvres, qui a été exacerbé par la pandémie.

Selon une fiche d’information de la Maison-Blanche, les besoins totaux en infrastructures dans les pays en développement dépasseront 40 000 milliards de dollars d’ici 2035.

Pour réduire ce déficit d’infrastructures et contrer l’influence croissante de Pékin, les dirigeants des sept nations les plus riches du monde ont lancé une nouvelle initiative, appelée « Build Back Better World », ou « B3W », pour aider à financer des ponts, des ports, des routes et d’autres projets d’infrastructures dans les pays en développement.

Depuis son lancement en 2013, l’ICR, également connue sous le nom de « Une ceinture, une route », a déversé des milliards de dollars dans des projets d’infrastructure à travers l’Afrique, l’Amérique latine, l’Europe de l’Est et l’Asie. Ces dernières années, cependant, Pékin a été accusé d’utiliser la « diplomatie de la dette » pour piéger de nombreuses nations dans son orbite.

Washington a critiqué à plusieurs reprises le régime chinois pour avoir étendu son influence géopolitique grâce à des pratiques prédatrices de prêts. Les projets de l’ICR ont augmenté le risque de détresse économique de nombreux pays emprunteurs, comme le Sri Lanka, le Monténégro, le Pakistan et le Tadjikistan, etc., en raison de taux de remboursement accablants et de contrats opaques.

« Nous voulons faire de Global Gateway une enseigne de confiance dans le monde entier », a affirmé M. von der Leyen.

« Si l’Europe veut devenir un acteur mondial plus actif, elle doit également se concentrer sur la prochaine génération de partenariats », a-t-elle soutenu, tout en faisant l’éloge de la nouvelle stratégie UE-Indo-Pacifique, qui vise à accroître l’influence de l’Europe en Asie. Dans le cadre de cette stratégie, le bloc va nouer des relations plus étroites avec Taïwan en matière de commerce et d’investissement, en réaction à la menace croissante que représente une Chine communiste dans la région.

Mme Von der Leyen a également critiqué les pratiques de travail forcé et les violations des droits de l’homme de Pékin, sans nommer directement la Chine.

« Il y a 25 millions de personnes là-bas, qui sont menacées ou contraintes au travail forcé. Nous ne pourrons jamais accepter qu’elles soient forcées de fabriquer des produits et que ces produits finissent ensuite par être vendus dans des magasins ici en Europe », a-t-elle dit.

La Chine est considérée comme le principal fournisseur mondial de produits issus du travail forcé. Les responsables américains et européens ont à plusieurs reprises exprimé leurs inquiétudes quant à l’utilisation du travail forcé en Chine, notamment dans la région du Xinjiang.

« Nous allons donc proposer sur notre marché une interdiction des produits qui ont été fabriqués par le travail forcé. Parce que les droits de l’homme ne sont pas à vendre – quel qu’en soit le prix », a conclu Mme von der Leyen.

Emel Akan est journaliste spécialiste de la politique économique à la Maison-Blanche à Washington, D.C. Auparavant, elle a travaillé dans le secteur financier en tant que banquière d’investissement chez JPMorgan Chase & Co. et en tant que consultante chez PwC. Elle est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires de l’université de Georgetown.

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