L’UE s’éveille à la menace posée par le régime chinois

L'Europe et les États-Unis défendront ensemble la liberté et les idéaux démocratiques
Par Ella Kietlinska
29 juin 2020
Mis à jour: 29 juin 2020

L’Union européenne (UE) cherche à établir un partenariat avec les États-Unis dans le cadre de la communauté transatlantique contre la Chine, qui vise à « défendre nos valeurs et nos intérêts ».

Le 25 juin, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé que les États-Unis ont accepté la proposition du haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères Josep Borrell d’établir un dialogue États-Unis-UE sur la Chine dans le but de faire face à la menace posée par le Parti communiste chinois (PCC).

Mike Pompeo espère que cette initiative, visant à préserver « nos sociétés libres, notre prospérité et notre avenir », sera lancée dans quelques semaines et se poursuivra pendant une longue période.

Faire face aux menaces posées par le PCC ne signifie pas que les pays « doivent choisir à mener des affaires plutôt que d’affronter le Parti communiste chinois », a déclaré M. Pompeo, ajoutant que « l’ensemble des règles sur lesquelles le commerce s’appuie doit être réciproque » et équitable.

Les États-Unis et l’Union européenne entretiennent tous deux d’importantes relations commerciales avec la Chine. « C’est un marché de plus d’un milliard de personnes », a rappelé Pompeo.

D’un autre côté, « la Chine a aussi besoin de marchés » et elle a aussi « besoin d’accéder aux connaissances et au savoir-faire occidentaux ». Cependant, les pays des deux côtés de l’Atlantique « ne permettent plus au Parti communiste chinois de dicter les règles et les conditions des relations lorsqu’elles ne sont pas justes et équitables pour nos peuples ».

Un exemple des pratiques déloyales du PCC est le vol de propriété intellectuelle qui a lieu en Allemagne, en Europe et aux États-Unis, a précisé Pompeo.

« Le peuple allemand a créé cette propriété intellectuelle, il a travaillé dur pour cette propriété intellectuelle, l’a développée, l’a protégée dans son système, puis les Chinois sont venus et l’ont volée. »

La prospérité du monde transatlantique doit beaucoup à la protection de la propriété intellectuelle, a-t-il ajouté.

Philip Hammond, le Chancelier de l’Échiquier britannique à l’époque (au centre) et le Vice-Premier ministre chinois Hu Chunhua (à sa droite) se félicitent du lancement d’une liaison boursière entre les bourses de Shanghai et de Londres, à Londres, le 17 juin 2019. (Henry Nicholls/AFP/Getty Images)

La Chine peut accéder au marché des capitaux occidentaux, mais les pays occidentaux ne peuvent pas accéder au marché des capitaux chinois, a poursuivi M. Pompeo.

« Pour que nos relations se développent davantage, elles doivent être davantage fondées sur des règles et la réciprocité, afin de parvenir à une véritable égalité des conditions de concurrence », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, après le sommet UE-Chine qui s’est tenu au début du mois de juin.

« S’engager et coopérer avec la Chine est à la fois une opportunité et une nécessité. Mais… nous devons reconnaître que nous ne partageons pas les mêmes valeurs, les mêmes systèmes politiques, ni la même approche du multilatéralisme. Nous nous engagerons de manière claire et confiante, en défendant fermement les intérêts de l’UE et en restant fidèles à nos valeurs », a expliqué Charles Michel, président du Conseil européen, à l’issue de ce sommet.

Selon l’étude de Forbes, en 2019, la Chine est devenue le troisième partenaire commercial des États-Unis, après avoir perdu la première place qu’elle avait occupée pendant plusieurs années auparavant.

En 2019, les exportations américaines vers la Chine s’élevaient à 106 milliards de dollars, tandis que les importations en provenance de Chine s’élevaient à 452 milliards de dollars, d’après les chiffres du Bureau américain du recensement.

En 2019, la Chine était le troisième partenaire de l’UE pour les exportations de biens (222 milliards de dollars) et le premier partenaire de l’UE pour les importations de biens (407 milliards de dollars), selon les données de la Commission européenne.

Les menaces posées par le PCC

Mike Pompeo a décrit plusieurs menaces posées par le régime communiste chinois qui peuvent défier les sociétés libres.

L’une d’entre elles est la rupture des engagements internationaux du Parti communiste chinois, notamment ceux pris envers l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale du commerce, les Nations unies et le peuple de Hong Kong.

Le régime chinois prévoit d’imposer aux Hongkongais la nouvelle « loi de sécurité nationale », sapant ainsi l’accord « un pays, deux systèmes » qui sépare l’infrastructure politique, juridique et financière de Hong Kong de celle de la Chine continentale.

Si cette loi est imposée, elle violera « les promesses faites par la Chine au peuple de Hong Kong dans le cadre de la déclaration commune sino-britannique, un traité international déposé aux Nations unies », a déclaré M. Pompeo dans un communiqué.

Les pratiques économiques prédatrices telles que le fait de contraindre les pays à utiliser les services 5G offerts par la société chinoise Huawei, « un bras de l’État de surveillance du Parti communiste chinois », menacent les libertés et les droits à la vie privée des gens.

Les violations de la souveraineté européenne par le PCC, « y compris le fait qu’il intimide des entreprises comme la HSBC », sont également considérées comme une menace, a ajouté M. Pompeo.

Des gens portant des masques faciaux passent devant la succursale de la Banque HSBC à Hong Kong, le 28 avril 2020. (Anthony Wallace/AFP/Getty Images)

La Banque HSBC (Hong Kong Shanghai Banking Corp.), une société multinationale basée à Londres et opérant à Hong Kong, a récemment apporté son soutien à la « loi de sécurité nationale » imposée à Hong Kong par Pékin.

Cette décision a suscité des critiques de la part des gouvernements américain et britannique pour avoir contribué à l’écrasement de la dissidence politique à Hong Kong, ainsi que de la part du PCC pour le soutien réticent et tardif par la banque à la loi de sécurité ainsi que pour les démarches antérieures de la banque en matière de coopération avec les États-Unis.

Mike Pompeo a également évoqué des violations flagrantes des droits de l’homme en Chine. Selon le rapport du Département d’État américain, le régime chinois emprisonne les minorités religieuses dans des camps d’internement, tue les prisonniers d’opinion pour prélever leurs organes utilisés dans des transplantations, persécute les avocats pour avoir défendu « les dissidents pro-démocratie, les activistes des églises clandestines chinoises, les pratiquants de Falun Gong ou les critiques du gouvernement ». Les pratiquants de Falun Gong sont soumis à des persécutions particulièrement sévères par le régime chinois.

La Chine s’engage également dans des actions militaires provocatrices telles que « l’agression en mer de Chine méridionale, des affrontements frontaliers meurtriers en Inde, un programme nucléaire opaque et des menaces contre ces voisins pacifiques », a ajouté Mike Pompeo.

Est-ce que l’UE pourra tenir tête au régime chinois ?

L’UE et les États-Unis doivent d’abord s’entendre sur la compréhension commune des faits essentiels qui constituent cette menace, et ensuite l’UE et les États-Unis « pourront commencer à agir », a indiqué Pompeo.

Il prévoit qu’il pourrait y avoir des divergences de vues sur cette question, en particulier dans le milieu des affaires. Les sociétés ne voudront peut-être pas affronter le PCC parce qu’elles gagnent de l’argent en Chine et seront prêtes à accepter de faire des affaires avec le régime chinois sous les conditions imposées par le PCC.

« Je n’accepte pas cet argument. Il n’y a pas de compromis entre la liberté et l’autoritarisme », a martelé Pompeo.

Il estime que les Européens ont tout intérêt à exiger du PCC une réciprocité et un traitement équitable. Ils ne devraient pas s’incliner devant le régime chinois à cause du fait que la Chine représente un marché d’un milliard de personnes. Les États-Unis ont clairement demandé au PCC de cesser de voler leur propriété intellectuelle.

Un manifestant pro-démocratie brandit l’ancien drapeau colonial britannique lors d’un rassemblement dans un centre commercial du quartier central de Hong Kong, le 1er juin 2020. (Issac Lawrence/AFP/Getty Images)

Le groupe G7 a déjà condamné la loi de sécurité nationale chinoise qui vise Hong Kong. Le Royaume-Uni s’est fermement opposé à cette tentative de porter atteinte à l’autonomie de Hong Kong.

L’Alliance interparlementaire sur la Chine, composée de législateurs des deux côtés de l’Atlantique, a été créée dans le but de réviser la manière dont les pays démocratiques abordent la Chine.

La République tchèque a « pris les devants en encourageant les pays » à n’autoriser dans leurs réseaux de 5G que des fournisseurs de confiance, a déclaré M. Pompeo.

« Les États-Unis ne forcent pas l’Europe à faire un choix entre le monde libre et la vision autoritaire de la Chine », a-t-il souligné.

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