L’Ukraine enlève 1 320 statues de Lénine et 1 000 autres monuments soviétiques

23 août 2017
Mis à jour: 14 octobre 2017

L’Ukraine a enlevé 1 320 statues de Vladimir Lénine, le premier dictateur soviétique, dans le cadre d’une campagne gouvernementale visant à supprimer les symboles de l’ère soviétique.

Les monuments du leader communiste – considéré comme dictateur par une grande majorité d’Ukrainiens – ont été enlevés dans chaque village, agglomération ou ville ukrainienne, à part dans les régions de Donetsk et de Lougansk qui sont sous le contrôle des séparatistes pro-russes. Selon The Times, cette initiative a été promulguée par le président Petro Poroshenko en mai 2015.

Certaines rues ont été renommées, dont la rue Lénine à Zakarpattia, qui a ensuite été rebaptisée en rue Lennon, en hommage à John Lennon, chanteur des Beatles, a rapporté The Telegraph.

 

1 069 autres monuments de l’ère soviétique ont également été enlevés, a déclaré Volodymyr Viatrovych, directeur de l’Institut de la mémoire nationale à Kiev.

« Lénine n’est plus présent dans les villes sur le territoire contrôlé par l’Ukraine », a-t-il précisé.

L’enlèvement des statues de Lénine a commencé lorsque les manifestants ont renversé son monument à Kiev lors des manifestations d’Euromaidan en 2014. Plus tard, la loi de 2015 a interdit l’usage de symboles communistes et nazis.

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Aux États-Unis, en plein milieu des appels d’enlever les monuments des soldats et des généraux confédérés, on attend également des appels de renverser la statue de Lénine dans le quartier de Fremont à Seattle. Selon le Seattle Times, Ed Murray, maire démocrate de Seattle, a demandé d’enlever la statue de Lénine, ainsi que des statues des confédérés, affirmant qu’elles symbolisent des « injustices historiques ».

 

La stratégie de Lénine

En 1906, Vladimir Lénine a écrit dans le magazine Prolétaire qu’il envisageait la lutte armée, visant à « assassiner des gens, des chefs et des subordonnés dans l’armée et la police », ainsi qu’à saisir l’argent des gouvernements et des particuliers.

Après avoir pris le pouvoir en 1917, Lénine a mis en pratique ces concepts. Des milliers de personnes s’opposant à son régime ont été arrêtées et un grand nombre d’entre elles ont été torturées et exécutées.

Lénine et ses partisans ont « décidé d’éliminer, par voies légale et physique, toute opposition ou résistance, même passive, à leur pouvoir absolu », explique le Livre noir du communisme publié en 1997.

« Cette stratégie ne s’appliquait pas seulement aux groupes ayant des positions politiques différentes, mais aussi aux groupes sociaux comme la noblesse, la classe moyenne, l’intelligentsia et le clergé ainsi qu’à des groupes professionnels comme les officiers de l’armée et la police », mentionne l’ouvrage.

Les intellectuels qui ont survécu à cette purge ont été chassés du pays. En 1922, Lénine a envoyé en exil de nombreux universitaires, journalistes,  professeurs, étudiants, philosophes et autres intellectuels russes sur les « bateaux des philosophes ».

«Oberburgermeister Haken», l’un des « bateaux des philosophes » transportant les expulsés à travers la mer Baltique. (Domaine public)

Les intellectuels ont été arrêtés, condamnés et ont eu le choix entre l’exécution et l’expulsion. S’ils revenaient, avait averti Lénine, ils seraient fusillés.

En juin 1922, agacé par la lenteur du « nettoyage » des intellectuels, Lénine a écrit à Staline : « Nous allons nettoyer la Russie une fois pour toutesTous doivent être balayés de la Russie. Cela doit être fait d’un seul coup. »

La famine de Lénine

De nombreux historiens constatent que la politique de Lénine a été le principal facteur amenant à une terrible famine.

Lénine avait aboli la propriété privée, et les paysans à travers la Russie ont vu l’État s’emparer de leurs biens. Craignant que les paysans essayent de saboter leurs efforts de guerre en privant l’armée de nourriture, Lénine et ses bolcheviks avaient établi des quotas stricts sur la quantité des produits alimentaires devant être confisquée ; quand il s’est rendu compte que ces quotas n’étaient pas atteints, il a donné l’ordre de saisir même les semences.

Les paysans ne pouvaient pas semer de nouvelles cultures et ils se sont retrouvés sans stock de nourriture pour l’hiver. La famine a affligé la Russie en 1921 et 1922. Selon le Hoover Institute, entre 5 et 10 millions de personnes sont morts de faim.

Lénine était absolument ravi. Il a déclaré : « Que les paysans crèvent de faim ». Selon le Livre noir du communisme, un de ses amis s’est plus tard rappelé que Lénine « avait le courage de dire ouvertement que la famine aurait plusieurs conséquences positives ». Il affirmait qu’elle « amènerait plus rapidement au prochain stade, celui du socialisme qui suit nécessairement le capitalisme ».

« La famine ne détruirait pas seulement la foi dans le tsar, mais aussi en Dieu », a-t-il ajouté.

La famine était si atroce que les paysans ont été poussés à recourir à l’impensable, le cannibalisme.

La Croix-Rouge a cité un rapport de la police politique soviétique, qui avait constaté en 1921 : « Les paysans ont mangé tout ce qui pouvait servir de nourriture, les chats, les chiens. À l’heure actuelle, ils sont en train de déterrer les morts pour les manger. »

Les travailleurs humanitaires arrivés des États-Unis et d’Europe en 1921, au pire de la famine, ont constaté que « les rumeurs horribles des saucisses préparées à partir des cadavres humains, bien que démenties officiellement, étaient bien courantes. Sur le marché, parmi les jurons échangés entre des marchandes vulgaires, on a entendu des menaces de faire des saucisses d’une personne ».

L’un d’eux a décrit ce qu’il avait vu : « Les  familles tuaient et dévoraient les pères, les grands-pères et les enfants ».

Une fillette russe affamée à Buguruslan, en 1921. (Domaine public)

Comme l’a constaté la Croix-Rouge : « Des milliers de villages ont été abandonnés par leurs misérables habitants, qui fouillaient partout où ils pouvaient espérer trouver de la nourriture. Ils ont survécu en consommant de l’herbe, de la terre, des animaux domestiques… et même de la chair humaine. »

Victimes de la famine en Russie, en 1922. (Domaine public)
Des centaines de cadavres empilés au cimetière local en Russie. (La Croix-Rouge)

L’historien de l’ère soviétique Richard Pipes a écrit dans son livre The Unknown Lenin que Lénine avait provoqué la famine intentionnellement. « Pour l’humanité en général, Lénine n’avait que du mépris », affirme-t-il.

Il dit que Lénine n’avait « pratiquement aucun intérêt » dans la vie des gens et qu’il « traitait la classe ouvrière de la même manière que l’ouvrier en métallurgie traite le minerai de fer ».

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Lénine est mort en 1924, peu de temps après la famine. L’histoire s’est répétée sous Joseph Staline qui a succédé à Lénine et a régné 29 ans sur l’Union soviétique, consolidant son pouvoir par l’arrestation et l’exécution de ses opposants, et provoquant des famines qui ont de nouveau balayé le pays.

On estime que le communisme a tué au moins 100 millions de personnes, bien que ses crimes ne soient pas complètement recensés et que cette idéologie persiste toujours. Epoch Times s’attache à exposer l’histoire et les croyances de cette doctrine, qui a servi de base à la tyrannie et à la destruction des peuples depuis son émergence. On peut trouver la série complète de ces articles dans la rubrique « Histoire cachée du communisme ».

Version anglaise : Ukraine Removes 1,320 Vladimir Lenin Statues, 1,000 Soviet Monuments: Report

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