L’usine Bayer-Monsanto bloquée par plusieurs organisations altermondialistes dans les Landes

Par Emmanuelle Bourdy
24 août 2019 Mis à jour: 24 août 2019

Alors que ce samedi marque l’ouverture du sommet du G7 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), plusieurs organisations altermondialistes ont réagi.

Hier, elles ont ainsi bloqué la sortie des produits – jugés toxiques – de l’usine Bayer-Monsanto de Peyrehorade (Landes). Le but d’une telle démarche étant de dénoncer l’inaction des dirigeants sur les sujets environnementaux, l’usine se situant à une cinquantaine de kilomètres de Biarritz.

Étaient présentes sur les lieu ce vendredi 85 personnes représentant six organisations : des militants d’Attac, de la Confédération Paysanne, d’ELB (défense des paysans du Pays Basque), du réseau écologiste mondial Les Amis de la Terre, ainsi que Bizi! et le syndicat basque LAB.

Ces organisations réclament l’interdiction des produits toxiques et l’arrêt de leur production.

Dans un élan commun, elle expriment leur indignation : «Ce sommet illégitime, qui prétend parler à la place des peuples, sera incapable de répondre aux enjeux planétaires du XXIe siècle et en particulier à l’ampleur de la crise agricole, écologique et climatique».

Lors de cette manifestation, les quatre portes de l’usine ont été cadenassées. Des bottes de foin ainsi qu’un tas de terre ont été déversés au niveau de l’entrée principale de l’usine pour y recréer un potager fait de plants de maïs, de salades et de poireaux fraîchement récoltés.

Une banderole affichant «vos profits sont nos cancers» a également été déployée par les militants devant la grille de l’usine.

Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne et cultivateur dans le Jura, précise que cette action est «symbolique». Il déclare : «On voulait créer une scène de nature devant l’usine pour montrer que la terre est vivante, et qu’on n’a pas besoin de la chimie pour la cultiver. Nos mains et quelques outils suffisent. C’était important, aussi, de le faire juste avant le G7 parce que le monde agricole ne se transformera pas tout seul. Les États doivent sortir des modèles agro-industriels qu’ils nous imposent, avec la PAC par exemple», ainsi que le relate le journal Libération.

Aitor, le porte-parole du groupe écologiste local Bizi! (qui signifie «Vivre !», en basque) s’indigne : «D’un côté, on a Monsanto qui empoisonne les consommateurs et surtout les agriculteurs. De l’autre, Bayer nous vend des médicaments. On ne peut plus rester dans cette spirale de maladies : il faut interdire le glyphosate.»

Certaines organisations se disent prêtent à multiplier ce type d’action. C’est notamment le cas d’Attac.

Raphaël Pradeau, membre du conseil d’administration d’Attac France, déclare à ce propos : «Les multinationales sont les grandes gagnantes du monde du G7. Cibler l’une des pires d’entre elles, Mont-de-Marsan, qui empoisonne les paysans, les champs et nos assiettes, c’est montrer l’inaction coupable des États. Tant que les États n’agiront pas, nous, société civile, continuerons à organiser des actions de blocage».

Le blocage entrepris par les six organisations n’a duré qu’une petite heure afin d’éviter toute interpellation, laissant les employés de l’usine enfermés dans l’enceinte.

Les militants ont ensuite pris la direction d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irun (commune du nord de l’Espagne) où se tenait la grande marche pacifique organisée ce samedi 24 août pour manifester contre le G7.

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