Lyon : injurié et agressé dans son bus, un chauffeur se défend et se fait licencier

Par Séraphin Parmentier
11 septembre 2020
Mis à jour: 11 septembre 2020

Si l’une des deux jeunes filles ayant agressé le conducteur de bus a été condamnée le 9 septembre, l’opérateur de transport public refuse de réintégrer son ancien employé, estimant que son comportement le jour des faits était inapproprié.

Le 7 février 2020, Bruno, chauffeur de bus pour le compte de l’opérateur privé de transport public Keolis, est injurié et pris à partie par deux jeunes filles pendant son service, sur la ligne C3, entre Lyon et Vaulx-en-Velin, dans le Rhône.

Le jour des faits, une jeune fille qui attend la livraison d’un repas bloque les portes du véhicule. Le conducteur lui demande alors de laisser les portes se fermer correctement. Une initiative qui ne va pas plaire à l’intéressée, celle-ci injuriant aussitôt Bruno avant de lui administrer une volée de coups. Une amie de la jeune fille la rejoint alors et se met à frapper le chauffeur de bus à son tour.

« Je lui ai dit gentiment : ‘La porte s’il vous plaît.’ Là, j’ai reçu un flot d’insultes auxquelles malheureusement j’ai répondu. La jeune fille est venue au contact et m’a jeté une bouteille de shampoing que j’ai prise dans la tête et elle m’a littéralement sauté dessus. La seconde est arrivée en courant car la première l’avait appelée au secours. J’ai pris des coups : onze ou douze coups de l’une et quinze de l’autre. Ce jour-là, je suis reparti en ambulance sous oxygène. Les deux jeunes filles sont reparties sur leurs pieds, tranquillement », a témoigné Bruno au micro de RTL ce vendredi.

À la suite de son agression, le conducteur de bus a déposé plainte. Le mercredi 9 septembre 2020, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné l’une des deux mises en cause à une peine d’un an de prison avec sursis.

« Je revis depuis hier. Au tribunal, le président et le procureur m’ont ouvert les yeux. Ils m’ont dit que j’avais fait mon travail », confiait Bruno aux journalistes de France 3 ce jeudi.

Entre-temps, l’employeur de Bruno a toutefois décidé de le licencier pour faute grave. Une décision intervenue le 23 avril, en plein confinement, que regrettent le chauffeur et son avocat, Me Sylvain Dubray.

« Keolis a fait une très mauvaise appréciation de ce dossier. Aucune tolérance, aucune circonstance atténuante retenue. L’outrage à un chauffeur de bus est un délit pénal, mais on choisit la paix sociale. On demande aux chauffeurs de bus de ravaler leur fierté et de ne pas répondre aux insultes », a déclaré Me Dubray à France Télévisions.

La direction de Keolis refuse de réintégrer le chauffeur de bus dans ses effectifs

Contacté par la rédaction du groupe, Pascal Jacquesson, directeur général de Keolis, assume le licenciement de Bruno, estimant que son comportement le jour des faits n’était pas approprié.

« J’ai vu les enregistrements vidéo et entendu tout ce qui s’est passé. Le dossier a été regardé de façon très approfondie et je considère que ce comportement fait qu’il ne peut pas rester conducteur dans notre entreprise », a expliqué M. Jacquesson sur les ondes de RTL.

« On ne peut pas se comporter de cette façon et on ne peut pas laisser régler les choses comme cela », a-t-il ajouté.

« J’ai considéré après une analyse approfondie et après tout ce qui s’est passé ces dernières années avec cet agent, que l’on ne pouvait pas continuer ainsi », poursuit le directeur général de Keolis.

Si Bruno a déjà présenté une demande de réintégration dans les effectifs de la société, celle-ci a été refusée le 28 juillet. Malgré la condamnation prononcée le 9 septembre à l’encontre de l’une des jeunes filles impliquée dans l’agression du chauffeur de bus, la société Keolis n’envisage pas de revenir sur sa décision.

« Une réintégration ? Non, ce n’est pas possible. Il n’y a pas eu d’erreur », conclut Pascal Jacquesson auprès des journalistes de France 3.

Le conducteur licencié envisage désormais de saisir le conseil de prud’hommes.

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