Lyon : un coiffeur propose gratuitement une coupe de cheveux ou de barbe aux sans-abri

Par Emmanuelle Bourdy
26 janvier 2020
Mis à jour: 26 janvier 2020

Un duo de choc. John Bar-Veill et Florian Détrée arpentent les rues de Lyon et proposent aux sans-abris, un dimanche par mois, de couper leurs cheveux ou de tondre leur barbe, ainsi que le relate 20 Minutes. Le premier a démarré un CAP coiffure en septembre, tandis que le second, éducateur dans un foyer d’accueil pour personnes handicapées et féru de photo, immortalise ces moments.

C’est après avoir rencontré Kévin Ortega, ce coiffeur au grand cœur qui avait lancé le mouvement «Coiff in the street», que John a souhaité s’investir au service des sans-abris dans la ville de Lyon. Il a par ailleurs créé sa propre association Clandest’Hair afin de récupérer les cheveux de ceux qui souhaitent en faire don, le but étant la réalisation de perruques pour les malades du cancer.

Pour John, ainsi qu’il l’explique, «c’est bien de donner une pièce de temps en temps mais je voulais apporter autre chose.» Ayant envie «d’aller plus loin», il réalise que «le don de soi est bien plus réel». Sans compter qu’«avoir une image positive de soi permet de regagner confiance. Quelques fois, ça passe par une coupe de cheveux», renchérit-il, tout en précisant que cela apportera aux sans-abris «un peu de plaisir» en prime.

Quant à Florian, la même envie l’anime, celle de dépasser le simple don d’argent. Il explique : «Des tas d’associations récupèrent de l’argent. Certes, de l’argent il en faut mais s’engager humainement et physiquement, c’est différent. Et c’est à la portée de tous. Il suffit parfois de sortir de chez soi».

Lorsque nos deux compères rencontrent un sans-abri, le même rituel se met en place. Tout d’abord, ils proposent un café à la personne. Florian précise qu’«offrir le café, c’est la première étape pour nouer le contact. Cela permet de se présenter et de leur demander s’ils ont besoin de quelque chose».

Pour pallier le problème de la langue qui se pose parfois, Florian a tout prévu. Grâce à une application téléchargée sur son portable, il peut ainsi traduire ce que dit son interlocuteur étranger.

Parfois, la personne sans-abris accepte volontiers le café proposé, n’ayant pas toujours besoin d’une coupe de cheveux. Cela permet d’échanger, de s’intéresser à l’autre, de lui consacrer du temps et ainsi et de rompre avec le cercle vicieux de l’exclusion et de la solitude. Ces maraudes – ou tournées de rue – étant ainsi un excellent moyen de recréer un lien social avec les sans-abri. John ajoute : «D’une fois à l’autre, on ne se rend pas forcément aux mêmes endroits».

John et Florian, financent entièrement ce dont ils ont besoin pour mener à bien cette initiative. Que ce soit le matériel de coiffure, aussi bien que les doses de café en poudre, les sachets de thé, le sucre ou les gobelets en carton. Ils cherchent toutefois à se mettre en lien avec les commerçants afin que ceux-ci participent, à leur manière, à cette action. «On va également chercher à établir des partenariats avec les commerçants pour obtenir un peu d’aide, comme un litre de café, des gobelets ou des produits hygiéniques pour nettoyer les outils… Des petites choses, en résumé», précise John.

Ces initiatives ont déjà été rejointes par de nombreux coiffeurs dans toute la France. C’est entre autre le cas à Évreux où Aurélie propose une coupe de cheveux gratuite aux sans-abri (voir article de Epoch Times daté du 5 juin 2019). Avec ses peignes et ses ciseaux, Julian Lab, coiffeur barbier, redonne en l’espace d’un instant de la dignité aux sans-abris… histoire de leur apporter un «moment d’humanité», ainsi que le relatait Epoch Times dans un autre article daté du 15 avril 2019.

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