« Maintenant, ça suffit » : des restaurateurs disent qu’ils rouvriront le 1er février, quoi qu’il en coûte

Par Sarita Modmesaïb
14 janvier 2021
Mis à jour: 14 janvier 2021

Un restaurateur du Doubs a appelé ses collègues à réouvrir leur établissement  le 1er février dans un appel sur Facebook, relayé plus de 1 000 fois.

Après l’annonce, jeudi 7 janvier, du Premier ministre Jean Castex, concernant la réouverture des bars et restaurants « a minima reportée jusqu’à mi-février », ce restaurateur de Cusance, dans le Doubs, a décidé d’agir autrement.

Déclarant vendredi sur RMC : « Je veux juste défendre mon droit de travailler », Stéphane Turillon, chef et propriétaire du restaurant La Source bleue, appelle la filière à « la défiance » et à réouvrir dès le 1er février, avant la date imposée.

« Hôteliers, restaurateurs, bars, discothèques, ouvrez tous en même temps », a-t-il lancé.

« Au pire des cas, on va choper quoi ? 15 jours de fermeture administrative ? De toute façon, on est déjà fermés. »

Le restaurateur a ainsi rappelé toutefois que « pour tous ceux qui veulent rouvrir le 1er février, respectez le protocole sanitaire, qu’on ne nous targue pas de mettre les gens en danger ».

Pour les professionnels de la restauration, l’année 2020 fut une énorme perte : après plus de 2 mois de fermeture entre la mi-mars et début juin, ils ont dû se résoudre à fermer de nouveau leurs portes depuis le 30 octobre.

Des aides de l’État… seulement si on est éligible

Marc Impagliazzo, restaurateur à Algrange (Moselle), rejoint les propos de Stéphane Turillon et a, lui aussi, décidé de réouvrir le 1er février.

Les raisons sont, selon lui, multiples.

D’abord, l’aspect financier, essentiel à la survie des entreprises. Il aborde la question des aides de l’État, accordées, selon lui, à seulement certains établissements.

« Pour être éligible à ces aides, d’abord il faut remplir un très grand nombre de critères. Si vous avez un seul critère qui n’est pas rempli, vous n’avez pas d’aide. Et quand bien même vous êtes éligible, ça met un mois, deux mois, trois mois à arriver. Mais pendant ce temps-là, vous faites comment ? Nous, on a toutes nos dépenses qui courent. Les loyers, les charges sociales qui ne sont pas annulées mais différées. Ce qui fait que, quand on va rouvrir, on aura plein de dettes sur la tête », explique-t-il sur France Bleu.

Autre aide proposée par le gouvernement, les Prêts garantis par l’État (PGE). Pour le restaurateur, ceux-ci « n’annulent pas la dette des restaurateurs, ils ne font que la différer ».

« On nous dit ’empruntez de l’argent’… qui va remplacer les recettes que vous n’avez pas. » Non ! Si vous prenez un plat de pâtes chez moi et que vous le payez, je ne vais pas vous le rembourser. Lorsqu’on fait un emprunt, la banque va réclamer son dû et c’est normal. L’État endette nos établissements comme il endette le pays », souligne-t-il ainsi sur Lorraine Actu.

Quant à l’alternative des ventes à emporter, elle est, pour lui, à exclure : « Nous ne sommes pas faits pour ça. Pour ceux qui continuent à le faire, cela ne leur permet de récupérer que 20 % de leur chiffre », déclare-t-il sur Lorraine Actu.

Abordant l’argument invoqué de risque sanitaire dans les restaurants, Marc Impagliazzo n’y croit pas, rappelant sur France Bleu que « de toute façon, les restaurants sont fermés depuis deux mois et on voit bien que le Covid continue à proliférer ».

Ce restaurateur prendra donc le risque de subir une amende ou même une fermeture administrative.

« De toute façon, si on continue comme ça, les fermetures d’établissements vont devenir définitives pour beaucoup de restaurateurs. Il y a déjà des établissements qui ont fermé, et ce n’est que le début. À l’allure où ça va, quand tout sera terminé, il n’y aura plus de Covid, mais il n’y aura plus non plus ni restos, ni bars, ni cinémas. »

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