Violences policières : un rapport pointe du doigt « l’opacité » des autorités

Par Epoch Times avec AFP
11 mars 2020
Mis à jour: 12 mars 2020

L’ACAT, l’association Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, dénonce un manque de transparence des autorités au sujet des violences commises par la police…

L’ACAT, l’association Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, sort un nouveau rapport intitulé « Maintien de l’ordre : à quel prix ? » Opacité sur la dangerosité des armes, le nombre de blessés ou les suites judiciaires, ACAT déplore le  « manque de transparence » des autorités sur la question du maintien de l’ordre. L’étude, lancée en novembre 2018 au début du mouvement des « Gilets jaunes » et publiée ce mercredi 11 mars, dénonce le « règne de l’opacité » des autorités sur l’usage controversé de la force lors de ces manifestations.

L’utilisation de lanceurs de balle de défense (LBD), dont les tirs auraient au total éborgné 24 manifestants, a ainsi fait l’objet de vives critiques, venant des partis de gauche, des associations ou du Défenseur des droits. Selon l’association, « aucune donnée exhaustive n’est publiée sur le nombre d’armes utilisées », et surtout « la mise en service de nouvelles armes ne fait l’objet d’aucune communication auprès de la population et d’aucun cadre public de l’emploi ». « Ceci est d’autant plus dangereux que plusieurs armes sont en réalité plus dangereuses que ce qu’indique le ministère de l’Intérieur », affirme le rapport, évoquant notamment les grenades utilisées pour repousser les manifestants.

Un nombre de blessés, « régulièrement sous-estimé »

En janvier, le ministère de l’Intérieur avait décidé de retirer les grenades lacrymogènes GLI-F4, accusées de causer des mutilations chez les manifestants, et de les remplacer par les GM2L, même si elles sont tout aussi « controversées » selon l’ACAT. Aujourd’hui, l’association réclame la « transparence sur la dangerosité » de ces armes de maintien de l’ordre et demande la suspension de la GM2L et de la grenade de désencerclement GMD « dans l’attente d’un examen complet de ces armes ». Le rapport déplore également un « manque de transparence » sur le nombre de blessés, « régulièrement sous-estimé », selon l’ACAT.

Des manifestants tiennent une banderole représentant des blessés, lors d’une marche le 2 février 2019 à Paris, pour protester pacifiquement contre les violences policières envers les participants. (Photo : FRANCOIS GUILLOT/AFP via Getty Images)

Absence du numéro d’identification

« Nous faisons aussi part d’inquiétudes prégnantes sur les problèmes d’identification des agents mis en cause », dont certains ne respectent pas l’obligation de porter leur numéro d’identification, déplore Marion Guémas, responsable du programme police à l’ACAT. « Aucune information n’est communiquée sur les suites judiciaires données aux plaintes pour violences policières illégitimes », affirme aussi l’organisation.

Selon des chiffres communiqués par le Premier ministre Édouard Philippe, 360 enquêtes judiciaires avaient été ouvertes au 21 janvier pour des soupçons de violences policières lors des manifestations et 230 d’entre elles ont été clôturées et renvoyées à la justice.

Deux policiers ont par ailleurs été condamnés en décembre à des peines de prison avec sursis pour des violences contre des manifestants.

 

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