Maire de Givors insulté et menacé : un suspect a été interpellé

Par Epoch Times avec AFP
3 septembre 2020
Mis à jour: 4 septembre 2020

Soupçonné d’être l’auteur de la lettre de menaces, un habitant de Givors a été arrêté.

Un homme, suspecté d’être l’auteur d’un courrier anonyme qui traitait de « bougnoule » le maire de Givors, Mohamed Boudjellaba, et le menaçait de mort, a été placé en garde à vue le 3 septembre, a-t-on appris auprès du parquet. Il sera jugé ce vendredi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Lyon, selon la même source.

« Fous le camp bougnoule si tu ne veux pas brûler comme une merguez », « La guerre tu vas l’avoir », « On sait encore se servir d’une mitraillette », « tu sais comment ça fait une bombe dans une habitation, ça fait boum », disait le courrier dont M. Boudjellaba avait publié des extraits sur Twitter fin août.

Soutien du gouvernement

Le maire de Givors, élu fin juin sous l’étiquette DVG-EELV dans cette ville de 20 000 habitants, située entre Lyon et Saint-Étienne, avait porté plainte et reçu le soutien du gouvernement.

« Quatre pages de répugnances non signées. Une enquête est ouverte pour retrouver cet ‘anonyme’ et le présenter à la Justice », avait tweeté le Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti.

« S’en prendre à un élu, c’est s’en prendre à la République. La haine n’a pas sa place dans notre société », avait réagi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Le suspect identifié

C’est l’intervention d’une habitante de Givors qui a permis de retrouver l’auteur présumé du courrier. En décembre 2018, elle en avait reçu un similaire et avait déposé une plainte, classée sans suite six mois plus tard. Dès qu’elle a entendu parler de la lettre reçue par le maire de la ville, la trentenaire a prévenu le commissariat de Givors car les deux missives comportaient de nombreuses expressions communes.

À l’époque, elle avait soupçonné son voisin du dessus. Âgé d’une soixantaine d’années, cet homme avait affiché son hostilité dans un contexte de voisinage conflictuel, dans des termes qui laissaient transparaître le racisme. Le courrier reçu par l’habitante, signé de « retraités français », faisait allusion à l’attentat du Bataclan et proférait de lourdes menaces. « J’ai eu très peur, j’ai été obligée de déménager », confie aujourd’hui cette mère de quatre enfants.

Les enquêteurs ont interpellé le voisin, qui aurait reconnu les faits. « Cette affaire nous confronte à l’expression du racisme ordinaire, c’est inquiétant de voir les barrières tomber », a commenté jeudi Me Thomas Fourrey, avocat constitué partie civile pour la plaignante initiale.

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