Maîtriser ce qu’Internet dit de nous : les clefs de ReputationVIP.com

16 novembre 2016 Mis à jour: 16 novembre 2016

Pouvez-vous présenter votre activité ?

Nous avons une activité historique qui est la gestion de la réputation des marques et des dirigeants sur le moteur Google. Vous êtes une entreprise, vous tapez la marque ou votre nom ou prénom sur Google, et vont apparaître des informations classées dans un certain ordre. Celui-ci n’est pas anodin car sur Google, ordre = visibilité : un résultat qui est en première position ou en 15e position n’a pas le même impact. Nous n’avons pas le choix, c’est Google qui décide de cela et certaines informations peuvent être problématiques.

On rencontre souvent certains cas de figure chez Google, comme une information qui reste en première page pendant très longtemps. Par exemple, une entreprise a des difficultés financières à un moment. Cela a pu avoir de l’écho dans la presse. Puis trois ou cinq ans sont passés, l’entreprise n’a plus ces problèmes, mais ces informations restent en première page, sans être forcément contrebalancées. Nous allons ainsi créer une information positive, choisie par le client, et surtout, faire remonter cette information positive.

Nous avons également monté une activité de protection, une solution technique appelée « forteresse digitale » qui une forme de protection dans la durée.

Est-ce le même principe que le référencement SEO ?

Il s’agit aussi de référencement, mais dans le cas de l’e-réputation, il existe une différence. Prenons l’exemple d’une compagnie d’assurances. Sur la réputation elle-même, nous travaillons sur la marque et sur une dizaine ou quinzaine de sites web alors que dans le cadre du référencement, la compagnie d’assurances va avoir une vingtaine ou une cinquantaine de mots clés qui vont être assurance habitation, assurance moto, automobile… reliés à son seul site web.

Nous sommes très pointus dans nos connaissances du moteur Google et nous avons développé des technos assez pointues à la fois pour comprendre l’évolution des algorithmes du moteur et les influencer. La moitié de nos effectifs sont en R&D.

Quel type de cas rencontrez-vous ?

Clairement, nous nous situons aujourd’hui sur un marché réactif, les clients se préoccupent du problème une fois qu’ils le rencontrent. Nous sommes encore peu dans une démarche préventive, qui serait bien plus efficace. Je reprends l’exemple d’une entreprise qui aurait eu des difficultés à un moment : si votre entreprise publie un flux régulier d’informations sur son business, quand une information « négative » apparaît, celle-ci se trouve facilement chassée par d’autres. Cette façon de faire est en elle-même préventive.

Il y a encore beaucoup d’entreprises qui n’ont pas cette démarche et qui laissent le champ ouvert, elles sont alors vulnérables. Cela est très vrai et typique de chefs d’entreprises souvent quadragénaires, et qui auraient vécu selon l’adage « vivons heureux, vivons cachés ». Il n’ont pas de pages LinkedIn ou Viadeo et décident de laisser le terrain vierge, donc si l’on cherche leur nom et leur prénom, la moindre information écrite par n’importe qui va tout de suite leur être associée. « Vivons heureux, vivons cachés », cela ne marche pas sur Internet, Google a horreur du vide. Nous rencontrons très fréquemment des dirigeants vulnérables et attaqués faute de ne pas maîtriser le sujet.

Il existe des sites pour vérifier les rangs et les référencements mis à disposition au public, qu’en pensez-vous ?

Première recommandation, il existe un outil très efficace et gratuit, c’est www.reputationvip.com ! Vous pouvez facilement trouver les résultats vous concernant. Ensuite, nous effectuons un suivi quotidien et vous pouvez suivre ces positions. C’est très pratique, si une info apparaît sur vous, sur votre marque, vous recevrez un email qui vous avertira sur celle-ci.

Reputation VIP a créé un comité éthique, pourquoi ce choix ?

Quand nous avons fondé la société, nous nous sommes dit que nous allions mettre en place une technologie assez puissante qui permet d’influencer l’ordre des informations. Donc, en discutant entre les fondateurs, nous nous sommes questionnés : « Est-ce que l’on se mettrait à utiliser cette technologie pour n’importe qui ? » Il y a des sujets qui sont assez évidents… un mafieux qui veut cacher des informations sur lui, nous ne travaillerons pas pour lui. Mais il y a des zones plus grises, des choses plus compliquées, cela peut être un repris de justice qui a fait vingt ans de prison, qui a payé sa dette à la société et qui a du mal à continuer sa vie avec ce que dit Google sur lui. C’est un sujet qui peut être compliqué, nous sommes plutôt des ingénieurs, nous avons donc monté un comité éthique, cela nous a beaucoup aidé au démarrage pour savoir placer le curseur. C’est toujours du cas par cas, mais maintenant nous sommes assez rodés par rapport à nos valeurs. Nous ne rencontrons pas beaucoup de cas, mais quand il s’en présente, nous sommes « droits dans nos bottes ».

Dans le manifeste de ce comité, il est écrit qu’il faut « proposer à l’homme de vivre de façon libre et responsable »…

Ce que vous soulevez est une problématique qui a été très importante au moment du droit à l’oubli. Il faut le savoir, il y a des humains et Google est une machine. Il faut prendre en compte la liberté humaine, et simplement parce que Google a décidé d’un certain ordre, ce qu’il met en avant sur certaines personnes peut avoir des effets dramatiques pour celles-ci. Nous, nous sommes de fervents partisans du droit à l’oubli et nous étions ravis lorsque la Cour de Justice a rendu sa décision. Nous avons écrit un article là-dessus, j’ai discuté de cela devant la Commission mondiale déontologique de Google.

On le voit, le droit à l’oubli a un énorme retentissement en Europe. Eh non, ce n’est pas de la censure comme on a pu le lire dans la presse, il s’agit bien de donner une liberté individuelle à Monsieur et Madame tout le monde. Car ce droit n’est pas fait pour les grands de ce monde, mais pour la majorité des individus. C’est important qu’ils aient cette liberté.

Nous avons ainsi monté une autre activité destinée au grand public qui est forget.me, un site qui permet gratuitement de faire une demande de droit à l’oubli en trois clics. Cette démarche concerne les personnes physiques en Europe et forget.me représente aujourd’hui 10% de l’ensemble des demandes de droit à l’oubli en Europe.

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