Maltraitance animale : L214 diffuse des images choc d’un abattoir de cochons dans le Finistère

Par Epoch Times avec AFP
4 mai 2021
Mis à jour: 9 mai 2021

Le 4 mai au soir, l’association de défense des animaux L214 a diffusé des images d’animaux brutalisés et à l’agonie dans un abattoir de truies à Briec dans le Finistère, réclamant un audit généralisé de tous les abattoirs de France.

Cet abattoir de la Société briécoise d’abattage (SBA) est une unité de production du groupe Les Mousquetaires (Intermarché) spécialisée dans l’abattage, la découpe et le désossage de truies de réforme, c’est-à-dire de truies en « fin de carrière ». Il se présente comme le « premier site Français spécialisé dans la première et deuxième transformation de coches ».

Les images présentées par l’écrivain Frédéric Lenoir montrent des pratiques et des installations non conformes à la réglementation, qui entraînent des souffrances extrêmes pour les animaux et qui sont également dangereuses pour les employés.

Attention images « choc », âmes sensibles s’abstenir

2300 cochons abattus chaque semaine

La vidéo diffusée sur le site de l’association montrent des truies poussées à coups de pied et d’aiguillon électrique, alors qu’elles semblent en partie paralysées, se trainant au sol. D’autres reçoivent des coups d’aiguillon dans l’anus pour avancer plus vite. D’autres encore se retrouvent bloquées dans un couloir visiblement trop étroit. Les coups d’aiguillon ne permettant pas de dégager les deux animaux, un opérateur se sert d’une pince à électrocuter sur l’un pour dégager l’autre. Les animaux coincés dans les couloirs sont tués sur place. Selon L214, 2300 cochons y sont abattus chaque semaine.

« Vu l’horreur, nous avons bon espoir que ces images provoquent la fermeture administrative » de l’abattoir, indique  l’association dans un communiqué.

« L214 demande au ministre de l’Agriculture un nouvel audit généralisé de tous les abattoirs de France », indique l’association qui publie régulièrement des vidéos « choc » pour dénoncer les conditions d’élevage et d’abattage des animaux.

Réaction de la direction

« Les images filmées à la Société Briécoise d’Abattage et diffusées ce jour par L214 sont choquantes », a réagi dans un communiqué la direction de l’abattoir, disant avoir « décidé, par mesure conservatoire, de suspendre provisoirement la ligne de production concernée, en attendant les conclusions des différents audits et enquêtes internes qui ont été immédiatement diligentés, en lien avec les autorités sanitaires ».

La préfecture du Finistère évoque de son côté dans un communiqué des « pratiques inacceptables avec des manquements graves aux règles de protection animale ».

Deux cochons immobilisés dans le couloir par les pinces électronarcose. (Photo : crédit L214)

L’abattoir déjà contrôlé en 2016

À la suite de plusieurs enquêtes de l’association L214 en 2015 et 2016, le ministre de l’Agriculture de l’époque Stéphane Le Foll avait ordonné fin mars 2016 des inspections dans l’ensemble des abattoirs de France. Celui de Briec avait été inspecté en avril 2016. « Cinq ans plus tard, tous les problèmes relevés par la DDPP (les services vétérinaires) perdurent », dénonce L214. « Les non-conformités relevées depuis 2016, toutes mineures, ont fait l’objet de rappels réglementaires à l’entreprise pour mise en œuvre d’actions correctives », précise la préfecture du Finistère, soulignant que « le respect des exigences en matière de protection animale relève de la responsabilité de l’abatteur ».

« Les non-conformités graves vues dans la vidéo n’ont jamais pu être observées en présence des inspecteurs. Elles auraient entraîné des sanctions administratives et pénales immédiates », ajoute la préfecture.

L214 porte plainte « pour sévices graves commis envers des animaux auprès du procureur de la République de Quimper et demander à la justice de punir sévèrement la direction de l’abattoir, ainsi que les services vétérinaires du département », indique l’association dans son communiqué. Elle ajoute introduire en outre « un recours en responsabilité contre l’État pour manquement à sa mission de contrôle de l’application de la réglementation ».

 

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