Marseille : évacuation de l’un des plus grands squats de la ville sous le coup d’un arrêté de péril

Par Michal Bleibtreu Neeman
2 décembre 2020
Mis à jour: 2 décembre 2020

Près de 200 personnes ont été évacuées de la cité du petit séminaire, ce lundi 30 novembre, dans la matinée. Cette cité délabrée, située dans le 13e arrondissement de Marseille, est sous le coup d’un avis de péril, a indiqué l’ONG Médecins du monde. Elle a abrité majoritairement des migrants et des demandeurs d’asile. La mairie réclame leur relogement dans la dignité.

Il s’agit d’un ensemble immobilier de 240 logements construit en 1959, dans les quartiers du nord de la ville, que les locataires officiels ont quitté peu à peu en raison de l’insalubrité de ses appartements. Une trentaine de ces locataires y résident toujours. Les quatre bâtiments de la cité F, G, J et I devaient être démolis depuis plus d’un an, d’après le bailleur social Habitat Marseille Provence. Environ 200 personnes sans domicile, dont la plupart sont des migrants, notamment jeunes hommes, mais également des familles avec des enfants, y ont trouvé refuge. Une grande partie de ces habitants squattaient les bâtiments vides de la cité Corot et du parc Kaliste avant de changer de locaux. Les squatteurs y habitaient dans des conditions extrêmement précaires, bricolant des fils électriques, sans eau courante.

La ville avait mis en demeure le bailleur de sécuriser les lieux. « Nous avons installé des portes anti-intrusion, coupé l’eau, l’électricité et le gaz », a précisé à La Provence Christian Gil, directeur d’Habitat Marseille Provence.

Trois compagnies de CRS ont été déployées pour cette opération, selon France 3. Jean-Régis Rooijackers, de Médecins du monde, s’était indigné de l’opération. Des associations et militants étaient présents également pour réclamer l’annulation des expulsions.

La Ville de Marseille a mis à disposition de la préfecture quatre gymnases, pour accueillir les occupants expulsés. Mais il s’agit d’une solution provisoire. Dans un communiqué, la municipalité a interpellé l’État, demandant « la prise en charge effective des personnes vulnérables dans les plus brefs délais et souhait[ant] que des solutions d’accompagnement et d’hébergement d’urgence soient proposées le plus en amont possible ».

Dimanche soir, 26 personnes ont été évacuées après un incendie, le quatrième en une semaine, selon Médecins du monde et les marins-pompiers.

Selon un rapport de Médecins du monde, en moyenne, 448 hommes, femmes et enfants sont ainsi expulsés chaque jour, et de manière répétée pour un certain nombre de ces personnes. Pour 84 % des expulsions, la majorité des personnes n’ont reçu aucune proposition de relogement. Dans son nouveau rapport annuel, l’observatoire inter-associatif des expulsions collectives de lieux de vie informels a recensé 1 079 expulsions du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2020, en France métropolitaine.

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