Masques: une entreprise de textile française regrette que l’État commande à l’étranger

Par Léonard Plantain
21 mai 2020
Mis à jour: 21 mai 2020

À Tourcoing, une entreprise de textile qui s’est lancée dans la confection de masques pour faire face à la demande a constater que les commandes ne suivaient plus. La raison ? L’État commande à l’étranger, car la main d’oeuvre y est beaucoup moins chère.

Thibault Nollet, directeur de Teuf confection à Tourcoing, fabriquait au départ des coussins pour les musées. Mais avec la crise du coronavirus en France, l’idée de fabriquer des masques avec son personnel présent s’est vite imposée. « Il y avait de la demande, beaucoup de demandes », explique Thibault Nollet à France3 Régions.

De plus, son initiative avait été saluée par Gérald Darmanin, adjoint au maire de Tourcoing et ministre. « On a donc acheté avec un confrère un rouleau en polyamide non tissé d’une valeur de 10 000 euros pour faire 40 000 masques. On en a produit chacun 2 000 et puis on s’est aperçus que les commandes ne suivaient plus », décrit-il.

Ne comprenant pas pourquoi l’État ne donnait pas la priorité aux masques français, Thibault Nollet enquête et s’aperçoit qu’il est en concurrence avec des pays où la main d’oeuvre est cinq fois moins chère, et avec le même tissu validé et normé par la DGA (Direction générale des armées), qui est chargée du contrôle-certification.

Un triste constat qu’il ne comprend pas vraiment. De plus, cela pose la question suivante : comment le gouvernement français compte-t-il relancer l’économie de la France si l’État lui-même ne commande pas en France ?

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Contacté par La Voix du Nord, Thibault Nollet a déclaré : « Désormais, les masques c’est un secteur hyper-concurrentiel : un appel d’offres, et c’est 60 entreprises qui répondent. Moi je n’ai jamais voulu me battre contre les producteurs chinois ou tunisiens. On ne peut pas lutter. Un masque certifié, dix lavages, je le vends dans les 3 €. On en voit à 1,15 € ! En Tunisie, la confection, c’est 8 centimes de la minute quand en France, c’est 50 ! »

Dorénavant, Thibault Nollet a décidé avec ses 15 salariés de reprendre leur travail à destination des clients habituels pour le tissu d’ameublement. Déçu, sa porte reste malgré tout ouverte concernant la confection de masques : « Si les commandes des pouvoirs publics me sont passées, je recrute », conclut-il.

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