Une idéologie que la Chine aurait dû éviter: le communisme

Alors que Pékin célèbre le 70e anniversaire de la fondation de la Chine communiste, le Parti a été incroyablement tragique et cruel envers son peuple
Par James Gorrie
4 octobre 2019 Mis à jour: 20 octobre 2019

Cette semaine marque le 70e anniversaire de la prise du pouvoir par le Parti communiste en Chine. Comme il se doit, le Parti communiste chinois (PCC) observe ce jalon d’une manière qui est dépourvue d’humanité et ne reflétant que la grossièreté de la foule du Parti communiste. La richesse de la culture chinoise n’est nulle part visible, ou seulement dans les brumes de sa mémoire.

Un défilé d’auto flatterie et d’illusions

Cependant, la célébration fut remarquable par son défilé militaire bien planifié, coordonné par les membres du Parti et destiné à flatter le PCC, en particulier les hauts dirigeants. Avec un défilé composé de 15 000 hommes, de 160 avions militaires ou plus et de près de 600 systèmes d’armes provenant de 59 unités militaires, ainsi que de ses systèmes de missiles nucléaires stratégiques et du très dangereux missile balistique intercontinental DF-41, cette exhibition du matériel militaire du PCC aura en fait permis au monde de voir d’un peu plus en détail l’un des régimes totalitaires les plus odieux du XXe siècle.

Mais ce 70e anniversaire, qui commémore l’établissement du « socialisme à caractère chinois » sur ses 1,4 milliard de sujets, vaut-il vraiment la peine d’être célébré ?

Une Chine dépouillée de son patrimoine culturel

Malgré l’affirmation du PCC selon laquelle son système communiste comporte des « caractéristiques chinoises », la réalité est bien différente. Le régime communiste chinois présente plus de similitudes avec les systèmes totalitaires de la Russie soviétique et de l’Allemagne nazie qu’avec la Chine traditionnelle. Même jusqu’à la personnalisation de l’État en un personnage politique sectaire, la Chine ressemble au totalitarisme européen, voire à une dictature théocratique, plus qu’à toute autre forme de gouvernement chinois traditionnel.

Malheureusement, depuis la Révolution culturelle, la société chinoise a vu ses racines et son héritage culturels lui être arrachés, décennie après décennie. Dans sa guerre contre les nationalistes et, plus tard, contre son propre peuple, Mao a choisi le communisme comme idéologie directrice et n’a épargné aucune atrocité pour détruire ceux qui lui résistaient.

En fait, la veste Mao grise et terne que Xi Jinping portait symboliquement lorsqu’il regardait passer son défilé était vraiment la seule « caractéristique chinoise » qui différenciait la Chine d’aujourd’hui des régimes tyranniques du XXe siècle. Évidemment, l’ancienne sagesse libertaire du philosophe chinois Lao-Tseu, qui conseillait sagement de « gouverner un grand pays comme on ferait cuire un petit poisson » (en d’autres termes, n’en faites pas trop), n’existe plus chez les dirigeants du PCC.

L’espoir perdu de Sun Yat-sen

Rappelons que c’est le nationaliste chinois et allié américain Sun Yat-sen qui a cherché à moderniser le pays non pas en se débarrassant de la richesse culturelle chinoise comme Mao et les communistes ont fini par le faire, mais en la faisant revivre et en la restaurant. Dans cet esprit et dans son respect pour la société ancienne de sa nation, Sun Yat-sen souhaitait faire avancer toute la Chine, sans sacrifier son âme culturelle.

Malheureusement, la Chine n’a vécu que tragédie après tragédie et atrocité après atrocité au cours des décennies suivantes : de la Révolution culturelle à la politique de l’enfant unique en passant par la dislocation massive de la population et l’institution du travail forcé. Tout au long de son existence, le PCC a mis à profit les idéologies occidentales les plus destructrices et les plus inhumaines pour régner d’une main de fer et éliminer les normes et traditions culturelles de la société chinoise.

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Le nouveau nationalisme chinois

Prenons l’évaluation que fait le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, de la Chine et de sa position actuelle. Dans la publication du Parti communiste au People’s Daily, M. Wang a déclaré que les relations de la Chine avec le monde avaient connu des changements historiques au cours des 70 dernières années, que sa position mondiale avait atteint un nouveau sommet et que son activisme diplomatique était largement reconnu.

Tel est le langage du nouveau nationalisme chinois, un nationalisme fort. Aujourd’hui, la Chine est une nation hyper-nationaliste aux ambitions mondiales, bien qu’elle ne se considère pas comme l’avant-garde du prolétariat : la foi fervente et intolérante dans le communisme international – qui était autrefois une grande affaire parmi les élites intellectuelles du monde – est morte depuis longtemps, bien avant la chute de l’Union soviétique en 1991.

Ce zèle religieux pour le communisme international ne serait pas mort, selon le diplomate chinois Yang Jiechi, le plus haut gradé, car il précise que les ambitions de la Chine sont aussi militaristes que possible :

« Notre détermination est aussi ferme que le fer quand il s’agit de défendre nos intérêts nationaux et notre dignité sur les questions concernant Taiwan, les affaires maritimes, le Xinjiang, le Tibet, Hong Kong ainsi que les différends commerciaux. Personne ne devrait s’attendre à ce que la Chine avale le fruit amer qui nuirait à nos propres intérêts. »

De quels intérêts Yang Jiechi parle-t-il exactement ? Ceux du PCC ou de la Chine ? Les deux sont presque mutuellement exclusifs et l’ont toujours été. Dans les années 1950, 1960 et 1970, environ 50 millions de Chinois ont perdu la vie à cause du « Grand Bond en avant » de Mao, de sa Révolution culturelle et des famines et de la violence qui ont suivi.

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Le nombre réel de vies détruites par le PCC est probablement encore plus élevé. Le point, cependant, ne pourrait pas être plus clair : ce qui profite au PCC ne profite généralement pas au peuple chinois.

Bref, la Chine célèbre le 70e anniversaire de l’adoption de la pire idée absolue de l’Occident et l’appelle ensuite une idée chinoise. C’est comme si le PCC ne pouvait pas admettre que le communisme est une idée occidentale parce qu’il désire encore condamner l’Occident pour avoir humilié la Chine au XIXe siècle et l’avoir menacée au XXIe.

Bien sûr, cette affirmation scandaleuse est démentie par les centaines de milliards d’euros d’investissements directs que l’Occident, y compris les États-Unis, a investis en Chine au cours des 40 dernières années. Ce n’est pas l’Occident qui nuit à la Chine aujourd’hui, c’est le PCC.

Car quelle puissance occidentale, ou association de ces puissances, aurait pu faire de la Chine l’État totalitaire, génocidaire et abrutissant qu’elle est devenue ?

Quel ennemi étranger aurait pu réussir à dévaloriser si complètement l’environnement très pur du pays, au point qu’une grande partie de ce pays a été réduite à une terre désolée et toxique, vide de vie, voire dangereuse pour la vie ?

Non, la réalité la plus exacte et la plus désespérément triste est qu’octobre 2019 marque le 102e anniversaire d’une contagion idéologique d’origine occidentale qui a commencé en Russie en 1917 et qui a, jusqu’à présent, fait plus de 100 millions de morts en Chine et causé la misère de milliards de personnes dans le monde.

En termes de coûts humains et de destruction de sa culture et de son environnement, les injustices du colonialisme occidental en Chine sont faibles au regard de ce que le PCC a fait et continue de faire. On ne peut que souhaiter que la fin du PCC arrive bientôt, très, très bientôt.

James Gorrie est un écrivain et conférencier basé en Californie du Sud. Il est l’auteur de La Crise chinoise.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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