Méfiez-vous du socialisme et du communisme, avertit un expert

Par Shane Miller
15 janvier 2020
Mis à jour: 16 janvier 2020

Une admiration accrue pour le communisme parmi les milléniaux (les personnes âgées de 23 à 38 ans) est bien préoccupante étant donné qu’ils ne comprennent pas vraiment en quoi consiste cette idéologie ou ce qu’elle implique, met en garde le politologue et auteur canadien Mark Milke.

« Les gens confondent l’État-providence (ou les premières formes de gouvernement) avec le socialisme et le communisme », a-t-il expliqué lors de l’interview qu’il a accordée à Epoch Times et qu’il a également publiée sur son site Internet.

M. Milke faisait référence à l’enquête annuelle de 2019 menée par Victims of Communism Memorial Foundation (VOC). Selon cette enquête, 70 % des milléniaux américains ont déclaré qu’il était « bien probable » qu’ils voteraient pour un candidat socialiste. De plus, 20 % ont déclaré que cela était « extrêmement probable » – un chiffre qui a doublé par rapport à 2018.

L’enquête a également révélé que seulement 57 % des milléniaux croient aujourd’hui que la Déclaration d’indépendance des États-Unis « assure mieux la liberté et l’égalité » que le Manifeste du parti communiste de Marx, comparativement à 94 % de ceux qui appartiennent à la génération silencieuse – les personnes nées avant ou au milieu des années 1940. De plus, l’enquête a révélé que 36 % des milléniaux perçoivent le communisme favorablement, une nette augmentation par rapport à 2018, tandis que les opinions favorables au capitalisme ont connu une « forte baisse » entre 2018 et 2019.

« Si nous n’éduquons pas nos plus jeunes générations au sujet de la vérité historique des 100 millions de victimes assassinées par des régimes communistes au cours du siècle dernier, nous ne devrions pas être surpris de leur volonté d’adopter les idées marxistes », a déclaré Marion Smith, la directrice de VOC, dans son évaluation de cette enquête. « Nous devons redoubler d’efforts pour rééduquer la jeunesse américaine sur l’histoire des régimes communistes et les dangers du socialisme d’aujourd’hui », a-t-elle poursuivi.

Bien que l’enquête ait été menée aux États-Unis, ses résultats ont une certaine parité avec le Canada et d’autres pays occidentaux. En août 2019, Forum Research a mené un sondage auprès de 1.733 électeurs canadiens qui a donné des résultats similaires, soit 58 % ont dit avoir une opinion positive du socialisme, tandis que 18 % ont déclaré qu’ils avaient une « opinion très positive ».

Mark Milke, dont la grand-mère a fui l’Ukraine soviétique avant les années 1930 tandis que son grand-père a quitté la Pologne pour le Canada en 1929, pense que ceux qui sont attirés par ces idéologies fondent leur opinion sur de fausses hypothèses. Il a souvent entendu dire, par exemple, que l’augmentation du financement public des routes ou des bibliothèques, qui permettrait leur gratuité, est une idée socialiste.

« Construire plus de routes ou une bibliothèque à partir des impôts n’est ni du socialisme ni du communisme. C’est simplement la continuation de la pratique prévoyant que les gens payent collectivement pour certains biens livrés par le gouvernement », a-t-il expliqué.

« Le socialisme et le communisme, si on les comprend bien, prévoient que le gouvernement doit prendre les rênes de l’économie – des mines, des fermes, des usines, des chemins de fer, des compagnies aériennes – et également contrôler une grande partie d’autres activités économiques. Selon la théorie marxiste, cela est à la fois efficace (il n’y a pas de profit) et juste. »

Cependant, dans la pratique, une telle approche amène toujours à la « tyrannie » en raison de la concentration du pouvoir, a précisé Mark Milke.

« Lorsque le gouvernement, qui a déjà le monopole de l’usage de la force et a des institutions appropriées, ajoute à cela le pouvoir économique en tant qu’un autre pilier de contrôle, la société civile et les individus sont écartés de tout rôle réel. »

M. Milke conteste également l’idée du « socialisme démocratique » qui vise à réhabiliter le marxisme. Les exemples cités par de nombreuses personnes, comme le cas de la Suède, ne sont pas des cas « entièrement socialistes », car ils se fondent sur l’économie du marché accompagnée de quelques entreprises publiques et d’un État-providence fort.

« S’il était entièrement socialiste, l’État suédois posséderait toutes les grandes entreprises à la manière de l’Union soviétique en 1950. Mais ce n’est pas le cas de la Suède. C’est une combinaison de capitalisme, de socialisme et d’un État-providence plus important que, disons, dans le cas des États-Unis », a-t-il poursuivi.

En prenant l’exemple de l’ancien dirigeant vénézuélien Hugo Chavez, M. Milke montre que même si l’on arrive au pouvoir par des moyens légitimement démocratiques, on peut toujours facilement corrompre une société autrefois libre, et ce, en usurpant un contrôle trop important sur l’économie et d’autres institutions.

« [Chavez] a continuellement accordé plus de pouvoir à l’État en partie par une nationalisation de plus en plus poussée », a-t-il rappelé. « Cela a conduit à une plus grande érosion de la libre entreprise et a également restreint d’autres libertés, car de plus en plus de pouvoir était concentré entre les mains des politiciens. »

De nombreuses personnes considèrent le socialisme et le communisme comme étant séparés. Cependant, selon la théorie marxiste-léniniste, le socialisme n’est simplement que la phase initiale du communisme.

La série spéciale d’Epoch Times intitulée Comment le spectre du communisme dirige le monde montre que les régimes communistes forcent la population à obéir en tuant leurs victimes « ouvertement et délibérément ».

« En à peine un siècle depuis l’arrivée au pouvoir du premier régime communiste en Russie, le spectre maléfique du communisme a tué un nombre considérable de personnes dans ces pays, plus important que les deux guerres mondiales réunies », souligne cette série.

Selon le Livre noir du communisme, les régimes communistes sont responsables de près de 100 millions de morts.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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