Crimes contre l’humanité : le génocide des Ouïghours et des pratiquants du Falun Gong en Chine

Par Daksha Devnani
23 février 2021
Mis à jour: 26 février 2021

Le monde vit en plein milieu de deux tragédies modernes : le génocide des musulmans ouïghours et celui des pratiquants de Falun Gong en Chine.

Des enquêtes et des recherches indépendantes ont confirmé que le Parti communiste chinois (PCC) a mené un double « crime contre l’humanité » durant ces 20 dernières années. Progressivement, le monde prend conscience de la gravité de ces violations des droits de l’homme, qui ne peuvent plus être ignorées plus longtemps.

Selon la Cour pénale internationale : « Le crime de génocide est caractérisé par l’intention spécifique de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en […] causant des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; [ou] en infligeant délibérément au groupe des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. »

Des Tibétains, des Ouïghours, des Kazakhs, des Hongkongais, des Mongols du Sud, des Taïwanais et des militants chinois pour la démocratie se sont réunis pour faire appel aux gouvernements afin qu’ils s’opposent à la suppression de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme par le Parti communiste chinois, devant le siège des Nations unies à New York, le 1er octobre 2020. (Samira Bouaou/The Epoch Times)

Depuis 2017, le régime communiste chinois a considérablement agrandi ses installations de détention dans la région de Xinjiang (Chine). Sur la base d’images satellites, les chercheurs de l’Institut australien de politique stratégique (ASPI) ont identifié et cartographié plus de 380 sites de réseau de détention dans le Xinjiang.

Selon le Council on Foreign Relations (CFR), le régime communiste a incarcéré plus d’un million de Ouïghours depuis 2017 et a soumis d’innombrables autres membres de cette minorité ethnique à une surveillance stricte et à des stérilisations forcées.

Le CFR a communiqué que malgré les détails sur les atrocités se déroulant dans les camps de détention et de rééducation de Xinjian soient limités, ce que les personnes qui ont échappé à la Chine communiste ont révélé est bouleversant.

Des détenus qui ont réussi à fuir la Chine ont subi des tortures inhumaines pratiquées derrière les murs barbelés et fermés du réseau de détention du Xinjiang.

Les hommes et les femmes ouïghours détenus sont contraints de renoncer à leur foi en l’islam et de promettre leur loyauté envers le Parti communiste chinois. Outre les graves persécutions physiques et mentales, ils sont également soumis à une stérilisation forcée. Les femmes ouïgoures ont également fait état d’abus sexuels et d’avortements forcés.

Dans un passé récent, les atrocités commises à l’encontre des Ouïghours ont été largement rapportées dans les médias internationaux, ce qui a permis de créer une dynamique mondiale susceptible de mettre un frein aux violations flagrantes des droits de l’homme commises par le PCC.

Le 8 février, un groupe d’avocats londoniens a conclu dans son avis juridique de 105 pages (pdf) qu’il existe un « cas très crédible » selon lequel les actes commis par le PCC contre le peuple ouïgour dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang « constituent des crimes contre l’humanité et un crime de génocide ».

Des femmes ouïgoures protestent lors d’une manifestation à Urumqi, dans la province du Xinjiang, à l’extrême-ouest de la Chine, le 7 juillet 2009. (Peter Parks/AFP via Getty Images)

La communauté juive qui a survécu à l’holocauste il y a des années n’a pas hésité à apporter son soutien à la minorité ethnique ouïghoure persécutée en Chine. Lors de la journée de commémoration de l’Holocauste en ligne organisée par le Doughty Street Chambers le 27 janvier, le rabbin Jonathan Wittenberg – un écrivain et maître à penser né dans une famille d’origine juive allemande – a rappelé comment sa mère attendait avec peur que le facteur arrive avec les cendres des membres décédés de sa famille, a rapporté Bitter Winter.

Lors de l’événement, le rabbin s’est entretenu avec Ziba Murat, un exilé ouïgour dont la mère, médecin à la retraite, a été condamnée à 20 ans de prison par le PCC. Le rabbin Wittenberg a déclaré : « C’est ce qui nous définit en tant qu’humains, de nous élever contre cela. »

La mère de Ziba, le Dr Gulshan Abbas, a disparu en Chine en 2018, six jours après que sa sœur Rushan Abbas, fondatrice et présidente de la Campagne pour les Ouïghours à Herndon, en Virginie, s’est exprimée à l’Institut Hudson de Washington. Cependant, ce n’est qu’en décembre 2020 que la famille a appris de sources anonymes que le Dr Abbas avait été condamnée à 20 ans de prison en mars 2019.

Rushan croit fermement que sa sœur a été incarcérée par le régime pour tenter d’avertir les autres des conséquences catastrophiques s’ils « osent s’exprimer contre le PCC », a rapporté Bitter Winter.

« [Gulshan] et ma tante ont été enlevées, bien qu’elles vivent à 1 400 km l’une de l’autre », a déclaré Rushan. « Ce n’est pas une coïncidence. Ma soeur n’a commis aucune faute, et elle est détenue arbitrairement comme prisonnière […] Une prisonnière sans crime. Ma liberté d’expression ici aux États-Unis a coûté la liberté de ma sœur.« 

Exhortant la communauté internationale à prendre position contre le PCC, Rushan a déclaré : « Si un pays peut emprisonner des membres de la famille de citoyens étrangers, est-ce vraiment le pays avec lequel vous choisirez de faire des affaires ? »

« Aux dirigeants de l’Union européenne qui se sentent à l’aise de faire confiance à un tel régime, je vous tiens responsables du fait de leur donner les moyens de commettre ces crimes génocidaires. Ils dirigent des camps de concentration, normalisent l’esclavage et punissent ma sœur parce que j’ai exercé mes droits de citoyenne étrangère. C’est barbare et brutal au-delà des mots », a-t-elle déclaré dans une vidéo de la Campagne pour les Ouïghours.

Rahima Mahmut, directrice du Congrès mondial ouïghour à Londres, a également pris la parole lors de l’événement Doughty Street Chambers. Elle a établi des parallèles saisissants entre l’holocauste nazi allemand et le génocide mené par le Parti communiste chinois, selon Bitter Winter.

« Le but du génocide, où qu’il se produise, est d’éradiquer la mémoire d’un peuple de la surface de la terre », a déclaré Rahima Mahmut, ajoutant que les Ouïghours ont malheureusement « le terrible honneur » d’être les victimes de la campagne de meurtres de masse soutenue par la technologie chinoise.

« Nous ne parlons pas seulement d’un nombre de personnes. L’Holocauste nazi ne s’est pas limité au meurtre de 6 millions de Juifs. Il s’agissait d’un meurtre, 6 millions de fois. »

Les pratiquants de Falun Gong participent à une grande marche appelant à la fin de la persécution du Falun Gong en Chine, à Washington le 20 juin 2018. (Edward Dye/The Epoch Times)

Après deux décennies d’efforts mondiaux de sensibilisation, la communauté internationale s’est finalement manifestée pour dénoncer un autre génocide en cours sur la terre communiste de Chine : la persécution du Falun Gong.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est un système de cultivation de l’esprit et du corps basé sur les principes universels d’Authenticité, de Bienveillance et de Tolérance. Cette discipline de méditation pacifique est librement pratiquée dans le monde entier, mais elle est violemment persécutée en Chine depuis juillet 1999 après que le Parti communiste chinois l’a diffamée en la désignant comme une « secte » dangereuse.

Selon les estimations de l’État, environ 70 à 100 millions de personnes pratiquaient les exercices doux de méditation du Falun Gong en Chine à la fin des années 1990. L’ancien dirigeant du PCC, Jiang Zemin, a perçu la présence morale du Falun Gong comme une menace pour le régime communiste du Parti et a lancé une campagne de persécution sans précédent pour l’éradiquer.

Depuis lors, des millions de pratiquants du Falun Gong ont été détenus à tort, ont subi un lavage de cerveau, ont été torturés, violés et même tués pour leurs organes vitaux dans le cadre d’une campagne de prélèvements forcés et systématiques d’organes géré par l’État chinois, qui représente plusieurs milliards de dollars.

Récemment, un document « top secret » ayant fait l’objet d’une fuite a été obtenu par Epoch Times auprès d’une source fiable. Le document, qui a été publié il y a 20 ans, le 30 novembre 2000, confirme que le PCC « a abusé du système judiciaire et manipulé l’appareil de sécurité du pays pour commettre un génocide contre les pratiquants du Falun Gong ».

Le document indique clairement que « les départements politiques et juridiques à tous les niveaux doivent résolument mettre en œuvre » les « instructions importantes de Jiang Zemin pour éradiquer le Falun Gong ».

L’avocat chinois Liu Ping (alias), qui a défendu de nombreux pratiquants du Falun Gong en Chine, a déclaré à Epoch Times dans une précédente interview : « C’est une guerre lancée par le PCC contre la communauté du Falun Gong en utilisant le pouvoir judiciaire de l’État ! »

« Les documents de nature juridique doivent être annoncés publiquement avant de pouvoir entrer en vigueur. Le PCC conçoit une ‘loi’ secrète, alors comment les gens seraient-ils tenus de respecter cette loi ? Par conséquent, ce type de ‘loi’ est un moyen de persécution douteux et prouve son illégitimité », a déclaré M. Liu.

Selon les données compilées par le site Minghui.org, plus de 4 500 pratiquants de Falun Gong sont morts à cause de la persécution du PCC entre 1999 et 2020 ; cependant, comme le régime communiste maintient un contrôle étroit et un secret total sur les détails de la persécution, des dizaines de milliers de morts restent non confirmées.

« La persécution du Falun Gong s’étend à presque tous les coins du pays, avec des décès confirmés dans presque toutes les provinces, régions autonomes et municipalités de Chine », déclare Minghui.org.

Le rapport indique que plus de 100 000 pratiquants du Falun Gong ont été condamnés à des camps de travaux forcés. Plusieurs milliers de « pratiquants en bonne santé mentale ont été enfermés dans des hôpitaux psychiatriques, brutalement battus et drogués à l’aide de médicaments antipsychotiques ». D’innombrables personnes ont été forcées à subir des séances de lavage de cerveau pour les contraindre à renoncer à leurs croyances. Des dizaines de milliers de personnes ont été détenues et emprisonnées.

En 2006, deux enquêteurs canadiens indépendants – David Matas, un avocat international spécialisé dans les droits de l’homme, et David Kilgour, un ancien secrétaire des Affaires étrangères canadien (d’Asie-Pacifique) et défenseur des droits de l’homme – ont publié un rapport de 46 pages, accompagné de 14 annexes, montrant que les prisonniers de conscience du Falun Gong en Chine sont assassinés pour leurs organes vitaux.

En mars 2020, le China Tribunal, un tribunal indépendant basé à Londres, a publié un rapport indiquant que le PCC continue de tuer et de vendre des personnes pour obtenir des organes. Ce document comprend également des centaines de pages de témoignages et de soumissions. Le tribunal, présidé par Sir Geoffrey Nice QC, a réaffirmé les conclusions précédentes qui ont été faites le 17 juin 2019.

« Le prélèvement forcé d’organes est pratiqué depuis des années dans toute la Chine sur une grande échelle et les pratiquants de Falun Gong ont été une source unique et probablement la principale source d’approvisionnement en organes », a déclaré le tribunal.

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